Du côté de chez Swann -
A l'ombre des jeunes filles en fleurs -
Le côté de Guermantes
Sodome et Gomorrhe -
La prisonnière -
Albertine disparue -
Le temps retrouvé
III - LE COTE DE GUERMANTES
0456 - Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise 0457 - A l’âge où les Noms, nous offrant l’image de l’inconnaissable 0458 - Sans doute quelque forme se découpait à mes yeux en ce nom de Guermantes 0459 - Dans les fêtes qu’elle donnait, comme je n’imaginais pour les invités aucun corps 0460 - Dans la maison que nous étions venus habite 0461 - Mais elle était interrompue par les appels du giletier de la cour 0462 - Françoise, avec la fatigue de ses yeux de femme déjà âgée 0463 - D’ailleurs, plus récent dans la maison que le valet de chambre 0464 - Malgré l’air de morgue de leur maître d’hôtel, Françoise avait pu 0465 - La vie que je supposais y être menée dérivait d’une source si différente de l’expérience 0466 - Mais si l’hôtel de Guermantes commençait pour moi à la porte de son vestibule 0467 - Un jour que M. de Guermantes avait besoin d’un renseignement 0468 - Cette villa, cette baignoire, où Mme de Guermantes transvasait sa vie 0469 - Mon père avait au ministère un ami, un certain A.J. Moreau 0470 - Au moment où, profitant du billet reçu par mon père, je montais le grand escalier de l’Opéra 0471 - Je gagnai ma place, tout en cherchant à retrouver un vers de Phèdre 0472 - D’abord il n’y eut que de vagues ténèbres 0473 - Comme une grande déesse qui préside de loin aux jeux des divinités inférieures 0474 - Notre imagination étant comme un orgue de Barbarie détraqué 0475 - Cependant mes regards furent détournés de la baignoire de la princesse de Guermantes 0476 - Je n’eus plus la même indulgence qu’autrefois pour les justes intentions 0477 - Mon impression, à vrai dire, plus agréable que celle d’autrefois 0478 - C’était précisément ce que me montrait le jeu de la Berma 0479 - Au moment où cette seconde pièce commença 0480 - Peut-être Mme de Guermantes aurait-elle le lendemain un sourire 0481 - La raison pour quoi Mme de Cambremer se trouvait là était que la princesse de Parme 0482 - Mme de Cambremer n’eût-elle pas su que la baignoire appartenait à la princesse 0483 - Maintenant tous les matins, bien avant l’heure où elle sortait 0484 - En rentrant de l’Opéra, j’avais ajouté pour le lendemain 0485 - Pourquoi tel jour, voyant s’avancer de face sous une capote mauve une douce et lisse figure aux charmes 0486 - Je n’aurais pas senti moi-même que Mme de Guermantes était excédée de me rencontrer 0487 - Pour en revenir à Françoise, je n’ai jamais dans ma vie éprouvé une humiliation 0488 - J’aimais vraiment Mme de Guermantes 0489 - L’amitié, l’admiration que Saint–Loup avait pour moi 0490 - Saint–Loup arriva, remuant dans tous les sens, laissant voler son monocle 0491 - Un officier, grand, beau, majestueux, déboucha à pas lents et solennels 0492 - Pour revenir au son, qu’on épaississe encore les boules qui ferment le conduit auditif 0493 - Je regardais la photographie de sa tante et la pensée que Saint–Loup possédant 0494 - Mais, dès le second jour, il me fallut aller coucher à l’hôtel0495 - Avant de me coucher, je voulus sortir de ma chambre pour explorer tout mon féerique 0496 - Ce qu’on aurait fait le jour, il arrive en effet, le sommeil venant 0497 - Quand j’avais fini de dormir, attiré par le ciel ensoleillé 0498 - Mais un peu plus tard j’allai souvent voir le régiment faire du service en campagne 0499 - Les jours où il y avait repos et où Saint–Loup ne pouvait cependant pas sortir 0500 - Au sortir du quartier je faisais un tour 0501 - A sept heures je m’habillais et je ressortais pour aller dîner avec Saint–Loup 0502 - Le vent grandissait. Il était tout hérissé et grenu d’une approche de neige 0503 - Et pourtant j’étais touché de voir combien Saint–Loup se montrait autre à mon égard 0504 - Le troisième soir, un de ses amis auquel je n’avais pas eu l’occasion de parler 0505 - Je me plaisais surtout à causer avec ce jeune homme 0506 - Autant par politesse pour ses amis à qui les professions de foi dreyfusardes 0507 - Ces théories de Saint–Loup me rendaient heureux 0508 - Je ne suis pas fâché de ton approbation 0509 - Je me sentais séparé—non seulement de la grande nuit glacée 0510 - Je suis jaloux, je suis furieux, me dit Saint–Loup 0511 - Je n’arrivais pas tous les soirs au restaurant de Saint–Loup 0512 - J’appris qu’une querelle avait éclaté entre lui et sa maîtresse 0513 - On a dit que le silence était une force 0514 - Toute sa crainte était que je ne jugeasse mal sa maîtresse 0515 - En effet, au moment où on croyait que l’amie de Robert 0516 - Si le prince de Borodino ne voulait pas faire d’avances à Saint–Loup ni aux autres membres 0517 - Sans doute, fils ou petit-fils d’empereur, et qui n’avait plus qu’à commander un escadron 0518 - Un matin, Saint–Loup m’avoua 0519 - Ce jour-là, hélas, à Doncières, le miracle n’eut pas lieu 0520 - En arrivant auprès de Robert et de ses amis 0521 - Le lendemain matin, je me mis en retard 0522 - Je demandai à ces soldats que ma présence ne troublait pas 0523 - A ma demande d’aller voir les Elstirs de Mme de Guermantes 0524 - Cependant l’hiver finissait 0525 - Hélas! si pour moi rencontrer toute autre personne qu’elle 0526 - Saint–Loup vint à Paris pour quelques heures seulement 0527 - Le temps était redevenu froid. «Sortir? pourquoi? 0528 - Si, au moins, j’avais pu commencer à écrire 0529 - Saint–Loup, devant venir à Paris, m’avait promis de me mener 0530 - Ayant quitté Paris où, malgré le printemps commençant 0531 - Jamais Robert ne me parla plus tendrement de son amie 0532 - Tout à coup, Saint–Loup apparut accompagné de sa maîtresse 0533 - J’aurais aimé que nous puissions, toi et moi, attendre ensemble 0534 - En réalité, ces déjeuners «choses si gentilles» se passaient toujours fort mal 0535 - Elle parut vouloir obéir à Robert 0536 - Je cessai de prendre part à la conversation quand on parla théâtre 0537 - A ce moment on vint dire à Aimé qu’un monsieur 0538 - Bientôt on vint lui dire que Robert la faisait demander dans un cabinet particulier 0539 - Robert était seulement fâché que je ne voulusse pas briller 0540 - Un numéro du programme me fut extrêmement pénible. Une jeune femme 0541 - Mais le commencement de cette représentation m’intéressa 0542 - Quand, le rideau tombé, nous passâmes sur le plateau 0543 - Les décors encore plantés entre lesquels je passais 0544 - Robert avait cent fois raison. Mais les circonstances sont toujours si embrouillées 0545 - A ce moment, je vis Saint–Loup lever son bras 0546 - J’avais compris le matin, devant les poiriers en fleurs, l’illusion sur laquelle reposait son amour 0547 - Ces incidents, et sans doute celui auquel il pensait le plus 0548 - Puis le talent n’est pas un appendice postiche qu’on ajoute artificiellement 0549 - Sans doute, au même moment où Mme Leroi 0550 - A cette première visite qu’en quittant Saint–Loup j’allai faire à Mme de Villeparisis 0551 - Mon Dieu, les ministres, mon cher monsieu 0552 - Certes si le matin Mme de Villeparisis avait compulsé 0553 - Au bout d’un instant entra d’un pas lent et solennel une vieille dame 0554 - Monsieur, j’crois que vous voulez écrire quelque chose
0555 - Le visiteur importun entra, marchant droit vers Mme de Villeparisis 0556 - Tenez, monsieur, si vous aimez la peinture, regardez le portrait 0557 - Mme de Guermantes s’était assise 0558 - L’excellent écrivain G—— entra 0559 - Si, dans le salon de Mme de Villeparisis, tout autant que dans l’église de Combray 0560 - Je croyais trouver Basin ici, il comptait venir vous voir 0561 - Je n’avais pas songé que Bergotte pût être considéré comme spirituel 0562 - Le comte d’Argencourt, chargé d’affaires de Belgique 0563 - Chacun s’était rapproché de Mme de Villeparisis pour la voir peindre 0564 - Elle n’avait avec ses parents princiers, pas plus qu’avec M. de Norpois 0565 - J’aime beaucoup de Saint–Loup-en-Bray, dit Bloch 0566 - Dis-moi, reprit Bloch en me parlant tout bas, quelle fortune peut avoir Saint–Loup? 0567 - Le maître d’hôtel n’avait pas dû exécuter d’une façon complète la commission 0568 - Avez-vous quelque chose sur le chantier? 0569 - Avant que M. de Norpois, contraint et forcé, n’emmenât Bloch 0570 - Vous savez de qui nous parlons, Basin? dit la duchesse à son mari 0571 - Pourtant, voyez Swann, objecta M. d’Argencourt 0572 - Il savait que la verve de sa femme avait besoin d’être stimulée par la contradiction 0573 - Bloch était flatté de surnager seul dans le naufrage universel 0574 - Le duc se parait de sa femme mais ne l’aimait pas 0575 - Cependant, ayant entendu le nom de Bloch 0576 - Bloch cherchait à pousser M. de Norpois sur le colonel Picquart 0577 - Peut-être la raison pour laquelle M. de Norpois parlait ainsi à Bloch 0578 - Bloch ne put arriver à le faire parler de la question de la culpabilité de Dreyfus 0579 - Vous, monsieur, dit Bloch, en se tournant vers M. d’Argencourt 0580 - La duchesse s’arrêta net, car une dame entrait qui était la vicomtesse de Marsantes 0581 - Écoute, dit Mme de Villeparisis à la duchesse de Guermantes 0582 - Tiens, quand on parle du Saint–Loup ... dit Mme de Guermantes 0583 - Le nom du prince gardait, dans la franchise 0584 - Mais le prince de Faffenheim n’était pas un naïf 0585 - L’hiver suivant, le prince fut très malade 0586 - La présence de Mme Swann avait pour moi un intérêt particulier 0587 - M. de Charlus fut bientôt assis à côté de Mme Swann 0588 - Je regardais M. de Charlus 0589 - J’ai raconté bien auparavant ma stupéfaction qu’un ami de mon père 0590 - Mme de Marsantes, qui faisait la dame d’honneur de la marquise 0591 - Que tu as été gentil, lui dis-je, comment te remercier? 0592 - Brusquement il s’arracha d’auprès de sa mère 0593 - Je sentais bien que ma présence ne pouvait faire aucun plaisir 0594 - Dans l’escalier, j’entendis derrière moi une voix 0595 - Revenons à vous, me dit M. de Charlus, et à mes projets sur vous 0596 - La duchesse de Guermantes semble très intelligente 0597 - Pour ma part, à peine rentré à la maison 0598 - Je remontai et trouvai ma grand’mère plus souffrante 0599 - Malgré cette compétence plus particulière en matière cérébrale et nerveuse 0600 - Comme une grande partie de ce que savent les médecins 0601 - Quand, après avoir reconduit le docteur du Boulbon 0602 - Je fus frappé comme elle était congestionnée 0603 - Enfin ma grand’mère sortit
0604 - MALADIE DE MA GRAND’MÈRE 0605 - Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine 0606 - Je mis ma grand’mère dans l’ascenseur du professeur E 0607 - Le soleil déclinait; il enflammait un interminable mur 0608 - Quand, grâce aux soins parfaits de Françoise, ma grand’mère 0609 - A cause des souffrances de ma grand’mère on lui permit la morphine 0610 - La maladie de ma grand’mère donna lieu à diverses personnes 0611 - Les visites qu’il nous faisait maintenant 0613 - Nous fûmes heureusement très vite débarrassés de la fille de Françoise 0612 - Nous eûmes—discrète attention de femme 0614 - Il y eut un moment où les troubles de l’urémie se portèrent sur les yeux 0615 - A Balbec, un jour où on avait sauvé malgré elle une veuve qui s’était jetée à l’eau 0616 - Selon notre médecin c’était un symptôme que la congestion du cerveau augmentait 0617 - Quelques jours plus tard, comme je dormais, ma mère vint m’appeler au milieu de la nuit 0618 - Je viens, mon cher monsieur, d’apprendre ces nouvelles macabres 0619 - Un beau-frère de ma grand’mère, qui était religieux 0620 - A ce moment, mon père se précipita, je crus qu’il y avait du mieux ou du pire 0621 - Pour revenir maintenant à ces heures de l’agonie 0622 - CHAPITRE DEUXIÈME - Bien que ce fût simplement un dimanche d’automne, je venais de renaître 0623 - C’est de mon lit que je regardais aujourd’hui ces souvenirs 0624 - Pour revenir en arrière, j’avais été d’autant plus troublé par la lettre de Robert 0626 - Contrairement à l’ordre habituel de ses villégiatures, cette année elle venait directement de Balbec 0625 - Albertine, cette fois, rentrait à Paris plus tôt que de coutume 0627 - Or, ce plaisir, qui en accomplissant mon désir m’eût délivré de cette rêverie 0628 - La nubilité plus accentuée s’était marquée quand Albertine, parlant d’une jeune fille 0629 - Sans doute il arrive que des femmes peu cultivées, épousant un homme fort lettré 0630 - Comme elle finissait cette phrase la porte s’ouvrit, et Françoise portant une lampe entra 0632 - Quand Françoise fut sortie de la chambre et Albertine rassise sur mon lit 0631 - Mais surtout, comme les écrivains arrivent souvent à une puissance de concentration 0633 - D’autre part Albertine tenait, liées autour d’elle, toutes les impressions d’une série maritime 0634 - J’aurais bien voulu, avant de l’embrasser, pouvoir la remplir à nouveau du mystère qu’elle avait pour moi sur la plage 0635 - Les dernières applications de la photographie 0636 - Était-ce parce que nous jouions (figurée par la révolution d’un solide) la scène inverse de celle de Balbec 0637 - Elle me parla de moi, de ma famille, de mon milieu social 0638 - Du reste les notions sociales d’Albertine étaient d’une sottise extrême 0639 - Je n’osai lui dire que je voulais tout subordonner à la possibilité de voir Mme de Stermaria 0640 - Albertine m’avait tant retardé que la comédie venait de finir 0641 - Et puis ç‘avait été fini 0642 - Quoi qu’il en fût, bien que n’ayant plus à chercher une boutique pour Jupien
0643 - Au moment où elle traversait le salon où j’étais assis
0644 - Désertée dans les milieux mondains intermédiaires
0645 - Cependant je dois dire qu’une surprise d’un genre opposé allait suivre
0646 - Quel cachottier que ce Mémé, s’écria-t-elle
0647 - Je terminerai ceci en disant qu’à un certain point de vue il y avait chez Mme de Guermantes
0648 - Les jours qui précédèrent mon dîner avec Mme de Stermaria
0649 - Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria
0650 - Sans doute déjà, bien avant d’avoir reçu la lettre de Saint–Loup
0651 - Mais dans cette île, où même l’été il y avait souvent du brouillard
0652 - Je pouvais même espérer d’écouter avec la jeune femme quelque clapotis de vagues
0653 - Il est certain qu’elle avait représenté tout autre chose pour moi, à Balbec
0654 - Certes, mes désirs de Balbec avaient si bien mûri le corps d’Albertine
0655 - Albertine me parlait peu, car elle sentait que j’étais préoccupé
0656 - Le lendemain, il fit froid et beau: on sentait l’hiver
0657 - Aussi n’était-ce plus tout à fait Mme de Stermaria que j’aurais désiré voir
0658 - Ce qui ajoutait à mon désespoir de ne pas voir Mme de Stermaria
0659 - Combien y en a-t-il dans nos souvenirs, combien plus dans notre oubli, de ces visages de jeunes filles
0660 - J’ai dit (et précisément c’était, à Balbec, Robert de Saint–Loup
0661 - J’étais bien éloigné certes de vouloir demander à Saint–Loup
0662 - Si en descendant l’escalier je revivais les soirs de Doncières
0663 - Le malheur voulut pour moi que, Saint–Loup étant resté quelques minutes à s’adresser au cocher
0664 - L’un racontait que sa voiture, se croyant arrivée au pont de la Concorde
0665 - A propos du prince de Foix il convient de dire, puisque l’occasion s’en présente
0666 - Mais le prince de Foix, riche lui-même, appartenait non seulement à cette coterie élégante
0667 - En effet, il avait l’habitude de comparer toujours ce qu’il entendait
0668 - J’avais été obligé de déranger ma table
0669 - Cependant je regardais Robert et je songeais à ceci
0670 - Après être parti un instant pour veiller lui-même à la fermeture de la porte
0671 - Dis-moi pendant que j’y pense, me dit Robert, mon oncle Charlus
0672 - Il me parla d’amitié, de prédilection, de regret, bien que, comme tous les voyageurs
0673 - Ce que la familiarité d’un Guermantes—au lieu de la distinction qu’elle avait chez Robert
0674 - La duchesse ne m’ayant pas parlé de son mari
0675 - Et le duc était si mauvais mari, si brutal même
0676 - Cet éloignement imaginaire du passé est peut-être une des raisons
0677 - En quittant le vestibule, j’avais dit à M. de Guermantes
0678 - Seulement une fois en tête à tête avec les Elstir
0679 - Les gens qui détestaient ces «horreurs» s’étonnaient qu’Elstir admirât Chardin
0680 - Je fus émus de retrouver dans deux tableaux (plus réalistes, ceux-là
0681 - Pendant que je regardais les peintures d’Elstir
0682 - Le ministre espagnol (non sans que je rencontrasse, en route, le valet de pied
0683 - Tout d’abord, d’ailleurs, se produisit un double petit imbroglio
0684 - Si M. de Guermantes avait mis tant de hâte à me présenter
0685 - Son amabilité tenait à deux causes
0686 - Aussi, même dans les moments où elle ne pouvait pas faire de bien
0687 - Déjà, en effet, le duc, qui semblait pressé d’achever les présentations, m’avait entraîné vers une autre des filles fleur
0688 - C’est une très bonne femme, me dit M. de Guermantes de la princesse de Parme
0689 - Il faut ajouter qu’un des invités manquait, M. de Grouchy, dont la femme, née Guermantes
0690 - C’est timide et non majestueusement souverain qu’avait été ce signe du duc
0691 - Quand il voulait faire plaisir à quelqu’un, M. de Guermantes
0692 - L’autre raison de l’amabilité que me montra la princesse de Parme
0693 - Les Guermantes—du moins ceux qui étaient dignes du nom
0694 - Les Guermantes n’étaient pas moins spéciaux au point de vue intellectuel qu’au point de vue physique
0695 - Le même génie de la famille présentait à Mme de Guermantes
0696 - Un seul point sur lequel Guermantes et Courvoisier se rencontraient était dans l’art
0697 - Il est vrai que certaines Guermantes vous écrivaient dès les premières fois mon cher ami
0698 - Pour en revenir à l’antipathie qui animait les Courvoisier contre la duchesse de Guermantes
0699 - On peut imaginer combien cette «sortie» de Mlle de Guermantes sur Tolstoï
0700 - Aussi les faux hommes de lettres, ces demi-intellectuels que recevait Mme d’Argencourt
0701 - Authentique ou non, l’apostrophe de Mlle de Guermantes au grand-duc
0702 - Or, pour en revenir à Mme des Laumes
0703 - Beaucoup des amies de la princesse de Parme et avec qui la duchesse de Guermantes
0704 - Les jours habituels (après le dîner où elle avait toujours de très bonne heure
0705 - Une fois l’impétrante relevée et embrassée par la princesse
0706 - Chez certains (il faut d’ailleurs reconnaître que c’était l’exception)
0707 - Mais ce cas était le plus rare. Le type des hommes distingués qui formaient le fond du salon Guermantes
0708 - Encore faut-il reconnaître que la délicatesse de vie sociale, la finesse des conversations chez les Guermantes
0709 - Quant aux Guermantes selon la chair, selon le sang, si l’esprit des Guermantes
0710 - La princesse d’Épinay, qui aimait sa cousine
0711 - Comment, Oriane était ici?
0713 - Quand une femme intelligente, instruite, spirituelle, avait épousé un timide butor
0712 - Les Courvoisier n’étaient pas davantage capables de s’élever jusqu’à l’esprit d’innovation
0714 - Quant aux actions mondaines, c’était encore un autre plaisir arbitrairement théâtral
0715 - Le lecteur de bon sens garde encore une lueur de fidélité au sage ministre
0716 - Il faut d’ailleurs reconnaître que cette subtilité des hommes politiques
0717 - M. de Guermantes, à cette époque de sa vie, avait, au grand scandale des Courvoisier
0718 - Pour en revenir à ces décisions artificielles et émouvantes comme celles des politiciens
0719 - Mais c’est charmant aussi de rester au coin de son feu, répondait Mme de Guermantes
0720 - Parmi les éléments qui, absents des deux ou trois autres salons
0721 - D’ordinaire, ces belles figurantes avaient été ses maîtresses
0722 - Sans doute l’amour que M. de Guermantes avait eu successivement pour toutes
0723 - Cependant, en se mettant à table, la princesse de Parme se rappela
0724 - Le duc attacha sur sa femme
0725 - Vous parlez de correspondances, je trouve admirable celle de Gambetta
0726 - Irrité de l’interruption de sa femme, le duc la tint quelques instants sous le feu
0727 - Et tandis qu’un sourire désenchanté fronçait d’une gracieuse sinuosité sa bouche douloureuse
0728 - A tant de raisons de déployer son originalité locale, les écrivains préférés
0729 - Mais changeons de conversation, ajouta Mme de Guermantes
0730 - Malgré l’extrême fatigue qu’elle commençait à éprouver, la princesse était ravie
0731 - Je crois que vous connaissez M. Elstir, me dit la duchesse
0732 - Ce portrait ne doit pas déplaire à Mme de Gallardon, dit le duc
0733 - Je crois vous avoir vu à dîner chez elle le jour où elle a fait cette sortie à ce M. Bloch
0734 - Mais vous vous faites de ma tante l’idée qu’on s’en fait généralement
0735 - Ce que vous dites est absurde, interrompit vivement M. de Guermantes, Mémé n’a rien d’efféminé
0736 - Ils ont si peu rompu que je l’ai trouvée il y a deux jours dans la garçonnière
0737 - Cette Rachel m’a parlé de vous, elle m’a dit que le petit Saint–Loup vous adorait
0738 - Ce pauvre général, il a encore été battu aux élections
0739 - Quelle jolie fleur, je n’en avais jamais vu de pareille
0740 - Babal, vous êtes divin, vous savez tout, s’écria la duchesse
0741 - On n’est pas très bien assis dans les meubles Empire, hasarda la princesse
0742 - Il est joli garçon, je crois?
0743 - On dit qu’il est snob?
0744 - Est-ce que M. de Norpois était là, demanda le prince Von
0745 - M. de Guermantes, heureux qu’elle me parlât avec une telle compétence
0746 - Mais en ce qui concerne M. Elstir, ajouta le prince
0747 - Mais, madame la duchesse, dit le prince irrité
0748 - Le prince de Guermantes est charmant, mais il est, en effet, très attaché aux questions de naissance
0749 - Il y avait à Combray une rue de Saintrailles
0750 - Mme de Guermantes me tira de ma rêverie
0751 - Dans les familles bourgeoises on voit parfois naître des jalousies
0752 - Elle était, à cette époque, peu reçue. Elle fréquentait quelques semaines des femmes tout à fait brillantes
0753 - Parfois, plus que d’une race, c’était d’un fait particulier, d’une date
0754 - Ainsi les espaces de ma mémoire se couvraient peu à peu de noms
0755 - Ornessan est plein d’esprit, il a de qui tenir, sa mère est Montjeu
0756 - D’ailleurs, ma curiosité historique était faible en comparaison du plaisir esthétique
0757 - A plusieurs reprises déjà j’avais voulu me retirer
0758 - Au reste ces filles fleurs étaient, à un degré étrange, faciles à être contentées
0759 - Au moment où j’allais partir, la dame d’honneur de la princesse rentra
0760 - Dans le vestibule où je demandai à un valet de pied mes snow-boots
0761 - Et ayant reconduit la princesse de Parme, M. de Guermantes me dit
0762 - De même les vers de Victor Hugo qu’elle m’avait cités
0763 - A ce point de vue, si le monde n’avait pu au premier moment répondre à ce qu’attendait mon imagination
0764 - Malgré tout, bien différentes en cela de ce que j’avais pu ressentir devant des aubépines ou en goûtant à une madeleine
0765 - Non, ne vous dérangez pas, j’avais rendez-vous avec monsieur le baron
0766 - Ah! répondit-il d’un air méprisant
0767 - Je regardais M. de Charlus. Certes sa tête magnifique
0768 - Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser
0769 - Ma colère n’avait pas calmé celle du baron
0770 - Alors d’une voix douce, affectueuse, mélancolique
0771 - Je traversai avec lui le grand salon verdâtre
0772 - Mais je pourrais la faire chercher sans vous déranger
0773 - C’est vraiment très beau, monsieur, à l’hôtel de la princesse de Guermantes
0774 - Il devait être fatigué et avoir renoncé à l’idée d’aller voir le clair de lune
0775 - Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d’inconnu
0776 - Beaucoup de choses que M. de Charlus m’avait dites avaient donné un vigoureux coup de fouet
0777 - Malgré ce qui tient aux divers points de vue subjectifs
0778 - Or, parmi les traits particuliers au salon de la princesse de Guermantes
0779 - Le jour où devait avoir lieu la soirée chez la princesse de Guermantes
0780 - Tenez, vous qui aimez la peinture
0781 - Faites entrer M. Swann», dit le duc
0782 - Pour le prince de Guermantes, dis-je, il est vrai, on m’avait dit qu’il était antisémite
0783 - Le dreyfusisme avait rendu Swann d’une naïveté extraordinaire
0784 - M. de Guermantes rentra, et bientôt sa femme, toute prête, haute et superbe dans une robe de satin rouge
0785 - Mais, mon pauvre petit Basin, vous êtes un enfant qui vient de naître
0786 - Ah! il est vivant, s’écria le duc avec un soupir de soulagement
0787 - Le valet de pied rentra avec la carte de la comtesse Molé
0788 - Oui, mon petit Charles, je trouve que vous n’avez pas bonne mine du tout
0789 - Mme de Guermantes s’avança décidément vers la voiture et redit un dernier adieu à Swann