MARCEL PROUST - A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

Du côté de chez Swann - A l'ombre des jeunes filles en fleurs - Le côté de Guermantes
Sodome et Gomorrhe - La prisonnière - Albertine disparue - Le temps retrouvé

I - DU COTE DE CHEZ SWANN

COMBRAY :

0001 Longtemps, je me suis couché de bonne heure

0002 Quelquefois, comme Eve naquit d’une côte d’Adam

0003 Ces évocations tournoyantes et confuses

0004 A Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi

0005 Après le dîner, hélas, j’étais bientôt obligé de quitter maman

0006 Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser

0007 Pendant bien des années, où pourtant, surtout avant son mariage, M. Swann

0008 Un jour qu’il était venu nous voir à Paris après dîner en s’excusant d’être en habit

0009 Mais le seul d’entre nous pour qui la venue de Swann devint l’objet d’une préoccupation douloureuse

0010 Je ne quittais pas ma mère des yeux

0011 L’angoisse que je venais d’éprouver

0012 J’entendis les pas de mes parents qui accompagnaient Swann

0013 Maman passa cette nuit-là dans ma chambre

0014 Maman s’assit à côté de mon lit; elle avait pris François le Champi

0015 C’est ainsi que, pendant longtemps, quand, réveillé la nuit, je me ressouvenais de Combray

0016 Combray de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer

0017 Dans la chambre voisine, j’entendais ma tante qui causait toute seule

0018 Françoise, en effet, qui était depuis des années a son service

0019 Pendant que ma tante devisait ainsi avec Françoise, j’accompagnais mes parents à la messe

0020 En rentrant de la messe, nous rencontrions souvent M. Legrandin

0021 Quand, à notre retour, ma tante nous faisait demander si Mme Goupil

0022 Enfin ma mère me disait: «Voyons, ne reste pas ici indéfiniment

0023 Aussi je n’entrais plus dans le cabinet de repos maintenant fermé, de mon oncle Adolphe

0024 Pendant que la fille de cuisine,—faisant briller involontairement la supériorité de Françoise

0025 Quelquefois j’étais tiré de ma lecture, dès le milieu de l’après-midi par la fille du jardinier

0026 Sauf ces jours-là, je pouvais d’habitude, au contraire, lire tranquille

0027 Mais au sujet de Bergotte il avait dit vrai

0028 Tandis que je lisais au jardin

0029 Ainsi passait la vie pour ma tante Léonie, toujours identique

0030 Le samedi avait encore ceci de particulier que ce jour-là

0031 Si la journée du samedi, qui commençait une heure plus tôt

0032 Un dimanche, où ma tante avait eu la visite simultanée du curé et d’Eulalie

0033 Hélas! nous devions définitivement changer d’opinion sur Legrandin

0034 Nous rentrions toujours de bonne heure de nos promenades

0035 Quand on voulait aller du côté de Méséglise

0036 Le départ de Mlle Swann qui,—en m’ôtant la chance terrible de la voir apparaître dans une allée, d’être connu et méprisé

0037 Léonie, dit mon grand-père en rentrant, j’aurais voulu t’avoir avec nous tantôt

0038 Cette année-là, quand, un peu plus tôt que d’habitude, mes parents eurent fixé le jour de rentrer

0039 C’est du côté de Méséglise, à Montjouvain

0040 Comme la promenade du côté de Méséglise était la moins longue des deux

0041 C’est peut-être d’une impression ressentie aussi auprès de Montjouvain

0042 S’il était assez simple d’aller du côté de Méséglise, c’était une autre affaire d’aller du côté de Guermantes

0043 Le plus grand charme du côté de Guermantes

0044 Mais plus loin le courant se ralentit, il traverse une propriété

0045 Un jour ma mère me dit: «Puisque tu parles toujours de Mme de Guermantes

0046 Combien depuis ce jour, dans mes promenades du côté de Guermantes

0047 Pendant toute la journée, dans ces promenades, j’avais pu rêver au plaisir

0048 C’est ainsi que je restais souvent jusqu’au matin à songer au temps de Combray

UN AMOUR DE SWANN :

0049 Pour faire partie du «petit noyau», du «petit groupe», du «petit clan» des Verdurin

0050 Certes le «petit noyau» n’avait aucun rapport avec la société où fréquentait Swann

0051 Quelquefois tel couple ami de mes grands-parents et qui jusque-là s’était plaint de ne jamais voir Swann

0052 Mais tandis que chacune de ces liaisons, ou chacun de ces flirts

0053 Odette de Crécy retourna voir Swann

0054 Mon grand-père avait précisément connu, ce qu’on n’aurait pu dire d’aucun de leurs amis actuels, la famille de ces Verdurin

0055 En disant aux Verdurin que Swann était très «smart», Odette leur avait fait craindre un «ennuyeux»

0056 Cependant, M. Verdurin, après avoir demandé à Swann la permission d’allumer sa pipe

0057 Or quand le pianiste eut joué, Swann fut plus aimable encore avec lui

0058 Vous savez que votre ami nous plaît beaucoup, dit Mme Verdurin à Odette

0059 Mais Swann se disait que s’il montrait à Odette

0060 Mais il n’entrait jamais chez elle. Deux fois seulement

0061 Une seconde visite qu’il lui fit eut plus d’importance peut-être

0062 Et cependant ce n’était pas seulement la lassitude d’Odette qu’il s’ingéniait à prévenir

0063 Mais une fois qu’ayant songé avec maussaderie à cet inévitable retour ensemble

0064 De tous les modes de production de l’amour, de tous les agents de dissémination du mal sacré

0065 Maintenant, tous les soirs, quand il l’avait ramenée chez elle, il fallait qu’il entrât

0066 Il n’allait chez elle que le soir, et il ne savait rien de l’emploi de son temps pendant le jour

0067 Sauf en lui demandant la petite phrase de Vinteuil au lieu de la Valse des Roses

0068 Sentant que souvent il ne pouvait pas réaliser ce qu’elle rêvait, il cherchait du moins à ce qu’elle se plût avec lui

0069 Comme tout ce qui environnait Odette et n’était en quelque sorte que le mode selon lequel il pouvait la voir

0070 Il aurait pourtant pu se dire qu’il y avait des anciens amis de ses parents aussi simples que les Verdurin

0071 Swann ignorait encore la disgrâce dont il était menacé chez les Verdurin

0072 Un jour que des réflexions de ce genre le ramenaient encore au souvenir du temps

0073 Le soir, quand il ne restait pas chez lui à attendre l’heure de retrouver Odette chez les Verdurin

0074 Un soir où Swann avait accepté de dîner avec les Verdurin

0075 Un jour que Swann était sorti au milieu de l’après-midi

0076 Quand il voulut dire adieu à Odette pour rentrer

0077 Un mois après le jour où il avait lu la lettre adressée par Odette à Forcheville

0078 En somme la vie qu’on menait chez les Verdurin

0079 Alors ce salon qui avait réuni Swann et Odette devint un obstacle à leurs rendez-vous

0080 D’autres fois il lui disait que ce qui plus que tout ferait qu’il cesserait de l’aimer

0081 Bien qu’elle ne lui permît pas en général de la rejoindre dans des lieux publics

0083 Pourtant il se doutait bien que ce qu’il regrettait ainsi

0084 Mais, à d’autres moments, sa douleur le reprenait, il s’imaginait qu’Odette était la maîtresse

0085 Maintenant qu’après cette oscillation, Odette était naturellement revenue à la place d’où la jalousie

0086 Ainsi, par le chimisme même de son mal, après qu’il avait fait de la jalousie avec son amour

0087 Certes l’étendue de cet amour, Swann n’en avait pas une conscience directe

0088 S’il était obligé de donner des excuses aux gens du monde

0089 Mon oncle conseilla à Swann de rester un peu sans voir Odette qui ne l’en aimerait que plus

0090 Même quand il ne pouvait savoir où elle était allée

0091 Comme Odette ne lui donnait aucun renseignement

0092 Il arrivait encore parfois, quand, ayant rencontré Swann

0093 Ces nouvelles façons indifférentes, distraites, irritables

0094 Mais sa si précautionneuse prudence fut déjouée

0095 Swann retrouva rapidement le sentiment de la laideur masculine

0096 Swann s’était avancé, sur l’insistance de Mme de Saint-Euverte

0097 Or, la princesse des Laumes qu’on ne se serait pas attendu à voir

0098 Le pianiste qui avait à jouer deux morceaux de Chopin

0099 Cependant le pianiste redoublant de vitesse

0100 Swann aimait beaucoup la princesse des Laumes

0101 Swann voulait partir, mais au moment où il allait enfin s’échapper

0102 Mais le concert recommença et Swann comprit

0103 A partir de cette soirée, Swann comprit que le sentiment qu’Odette

0104 Quelquefois il espérait qu’elle mourrait sans souffrances dans un accident

0105 Un jour il reçut une lettre anonyme, qui lui disait qu’Odette avait été la maîtresse

0106 Un jour, étant dans la période de calme la plus longue

0107 Swann avait envisagé toutes les possibilités

0108 Ma chérie, lui dit-il, c’est fini, était-ce avec une personne que je connais

0109 Mais elle vit que ses yeux restaient fixés sur les choses qu’il ne savait pas

0110 Mais souvent les choses qu’il ne connaissait pas

0111 D’ailleurs ses aveux même, quand elle lui en faisait

0112 Certains soirs elle redevenait tout d’un coup avec lui d’une gentilless

0113 Quelquefois il allait dans des maisons de rendezvous, espérant apprendre quelque chose d’elle

0114 Le peintre ayant été malade, le docteur Cottard lui conseilla un voyage en mer

0115 Jadis ayant souvent pensé avec terreur qu’un jour il cesserait d’être épris d’Odette

NOMS DE PAYS : LE NOM :

0116 Parmi les chambres dont j’évoquais le plus souvent l’image

0117 J’aurais voulu prendre dès le lendemain le beau train généreux

0118 Mais si ces noms absorbèrent à tout jamais l’image que j’avais de ces villes

0119 Si ma santé s’affermissait

0120 Un jour, comme je m’ennuyais à notre place familière, à côté des chevaux de bois

0121 Retournerait-elle seulement aux Champs-Élysées

0122 Le premier de ces jours—auxquels la neige, image des puissances

0123 Ce jour que j’avais tant redouté fut au contraire

0124 Mais quand j’arrivais aux Champs-Élysées

0125 Une autre fois, toujours préoccupé du désir d’entendre la Berma

0126 Mais au moment même, je ne pouvais apprécier la valeur de ces plaisirs nouveaux

0127 J’emmenais Françoise au-devant de Gilberte

0128 Un de ces jours de soleil qui n’avait pas réalisé mes espérances

0129 En attendant je relisais une page que ne m’avait pas écrite Gilberte

0130 J’avais toujours à portée de ma main un plan de Paris

0131 Quant à Swann, pour tâcher de lui ressembler

0132 Les jours où Gilberte m’avait annoncé qu’elle ne devait pas venir

0133 Mais le plus souvent,—quand je ne devais pas voir Gilbert

0134 J’assignais la première place à la simplicité

0135 Cette complexité du bois de Boulogne qui en fait un lieu factice

II - A L'OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS :

AUTOUR DE Mme SWANN:

0136 Ma mère, quand il fut question d’avoir pour la première fois M. de Norpois

0137 Quant au Professeur Cottard, on le reverra, longuement

0138 Disons pour finir qui était le marquis de Norpois

0139 Quant à ma mère, peut-être l’Ambassadeur

0140 Le premier dîner que M. de Norpois fit à la maison

0141 Le bonheur que j’aurais à ne pas être séparé de Gilberte

0142 Le médecin qui me soignait — celui qui m’avait défendu tout voyage

0143 Hélas! cette première matinée fut une grande déception

0144 Enfin éclata mon premier sentiment d’admiration

0145 Il ne m’offrit absolument rien pour la Revue des Deux-Mondes

0146 Ma tante Léonie m’avait fait héritier

0147 Mon père avait pour mon genre d’intelligence un mépris

0148 Hé bien, as-tu été content de ta matinée?

0149 Le buf froid aux carottes fit son apparition

0150 J’irai peut-être avec mon fils à Balbec

0151 Je me mis à parler du comte de Paris

0152 Est-ce qu’un écrivain du nom de Bergotte

0153 Et est-ce que la fille de Mme Swann était à ce dîner

0154 Quand M. de Norpois fut parti

0155 Ma mère ne parut pas très satisfaite que mon père ne songeât plus pour moi à la carrière

0156 Quand vint le 1er janvier

0157 Je revins à la maison. Je venais de vivre le 1er janvier des hommes vieux

0158 Gilberte cependant ne revenait toujours pas aux Champs-Élysées

0159 Or, peut-être simplement Swann savait-il que la générosité

0160 Un instant après je prenais congé de la marquise

0161 En rentrant, j’aperçus, je me rappelai brusquement l’image

0162 Les névropathes sont peut-être malgré l’expression consacrée, ceux qui «s’écoutent» le moins

0163 Mes suffocations ayant persisté

0164 Un jour, à l’heure du courrier, ma mère posa sur mon lit une lettre

0165 Alors je connus cet appartement

0166 Bien plus, les goûters eux-mêmes que Gilberte offrait

0167 Si j’avais déjà commencé d’explorer avec ces tressaillements

0168 Quand Mme Swann était retournée auprès de ses visites

0169 Ce n’est pas ainsi que Swann parlait autrefois

0170 Pour Mme Cottard, mon père s’étonnait que Mme Swann

0171 Swann était du reste aveugle, en ce qui concernait Odette

0172 Swann, lui, allait souvent faire visite à quelques-unes de ses relations d’autrefois

0173 De ses visites Swann rentrait souvent assez peu de temps avant le dîner

0174 Mais éclaircir un jour les faits de la vie d’Odette auxquels il avait dû ces souffrances

0175 Ce ne fut pas seulement à ces goûters

0176 Quelquefois les Swann se décidaient à rester à la maison

0177 Au reste, le plus souvent, nous ne restions pas à la maison

0178 Pendant ces minutes où Gilberte partie se préparer

0179 Sans doute dans ces coïncidences tellement parfaites

0180 Et pourtant cet appartement, parce qu’il avait été si passionnément désiré

0181 Au Jardin d’Acclimatation, que j’étais fier quand

0182 Une fois à propos d’une matinée théâtrale, Gilberte me causa

0183 Faveur plus précieuse encore que de m’emmener avec eux

0184 Bergotte n’était pas placé loin de moi

0185 Cependant Gilberte qu’on avait déjà prié deux fois

0186 Sans doute on sait bien qu’un enfant tient de son père et de sa mère

0187 Swann était un de ces hommes qui ayant vécu longtemps dans les illusions de l’amour

0188 Mon Dieu, mais comme votre présence élève le niveau

0189 Où allons-nous? demandai-je à Gilberte

0190 Etes-vous bien soigné? me demanda Bergotte

0191 Des gens de lettres qui étaient pour moi des personnages considérables

0192 Malheureusement, cette faveur que m’avait faite Swann

0193 Ce fut vers cette époque que Bloch bouleversa ma conception du monde

0194 Toute une autre partie des meubles et surtout une magnifique argenterie ancienne

0195 Mes parents cependant auraient souhaité que l’intelligence que Bergotte

0196 D’ailleurs, me disais-je, en passant ma vie chez les Swann ne fais-je pas comme Bergotte

0197 Ainsi pas plus du côté des Swann que du côté de mes parents

0198 Plusieurs fois je sentis que Gilberte désirait éloigner mes visites

0199 Un chagrin causé par une personne qu’on aime

0200 Je venais d’écrire à Gilberte une lettre où je laissais tonner ma fureur

0201 En attendant, ce qui me rendait plus aisé de me condamner à cette séparation

0202 D’ailleurs si je m’arrangeais toujours, avant d’aller chez Mme Swann

0203 Le «jardin d’hiver» que dans ces années-là le passant apercevait

0204 Cependant Mme Bontemps qui avait dit cent fois qu’elle ne voulait pas aller chez les Verdurin

0205 Bien que les mérites spirituels d’un salon et son élégance soient généralement en rapports inverses

0206 Et moi aussi, il fallait que je rentrasse, avant d’avoir goûté à ces plaisirs de l’hiver

0207 Le 1er janvier me fut particulièrement douloureux cette année-là

0208 A cause de la violence de mes battements de coeur on me fit diminuer la caféine

0209 Seulement, quand le milieu du mois de janvier approcha

0210 D’ailleurs, j’aurais eu beau parler à Gilberte, elle ne m’aurait pas entendu

0211 Cependant, comme presque chaque fois que j’allais la voir, Mme Swann

0212 Si, au moment de quitter Mme Swann quand son «thé» finissait

0213 Ce n’était pas seulement l’ameublement du salon d’Odette

0214 Swann avait dans sa chambre, au lieu des belles photographies qu’on faisait maintenant de sa femme

0215 Sauf à ces moments d’involontaire fléchissement où Swann essayait de retrouver

0216 Quand Gilberte qui d’habitude donnait ses goûters

0217 Dans la confusion du salon, revenant de reconduire une visite

0218 D’ailleurs, ce qu’une telle cure de détachement psychique et d’isolement

0219 Ce qui m’aida à patienter tout l’espace d’une journée fut un projet que je fis

0220 Je rentrai, tenant avec désespoir les dix mille francs inespérés

0221 Je serrai les dix mille francs. Mais ils ne me servaient plus à rien

0222 Pendant ces périodes où, tout en s’affaiblissant, persiste le chagrin

0223 Mais enfin l’éloignement peut être efficace. Le désir, l’appétit de nous revoir

0224 En attendant ces réalisations après coup d’un rève auquel je ne tiendrais plus

0225 Enfin une dernière raison s’ajouta plus tard à celle-ci pour me faire cesser

0226 D’ailleurs peu à peu chaque refus de la voir me fit moins de peine

0227 Quand le printemps approcha, ramenant le froid, au temps des Saints de glace

0228 Mais c’était encore trop que celui-ci me fût rappelé. Son souvenir risquait d’entretenir

0229 Ce qui augmentait cette impression que Mme Swann se promenait dans l’avenue du Bois

NOMS DE PAYS : LE PAYS

0230 J’étais arrivé à une presque complète indifférence à l’égard de Gilberte

0231 Mais cette souffrance et ce regain d’amour pour Gilberte

0232 Ce voyage, on le ferait sans doute aujourd’hui en automobile

0233 Malheureusement ces lieux merveilleux que sont les gares

0234 Ma grand’mère concevait naturellement notre départ d’une façon un peu différente

0235 Pour la première fois je sentais qu’il était possible que ma mère vécût sans moi

0236 Pour éviter les crises de suffocation que me donnerait le voyage

0237 Il ne faut pas se laisser tromper par des particularités purement formelles qui tiennent à l’époque

0238 Quand le soir, après avoir conduit ma grand’mère

0239 Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer

0240 Certains noms de villes, Vezelay ou Chartres, Bourges ou Beauvais

0241 Dans le petit chemin de fer d’intérêt local qui devait nous conduire à Balbec-Plage

0242 C’étaient, dominant la mer lointaine du haut de leur dune

0243 Tandis que j’entendais ma grand’mère, sans se froisser qu’il l’écoutât son chapeau sur la tête

0244 Il n’est peut-être rien qui donne plus l’impression de la réalité de ce qui nous est extérieur

0245 Elle portait une robe de chambre de percale

0246 Elle entr’ouvrait les persiennes; à l’annexe en saillie de l’hôtel, le soleil était déjà installé

0247 Quand Swann m’avait dit à Paris, un jour que j’étais particulièrement souffrant

0248 Mais le lendemain matin! — après qu’un domestique fut venu m’éveiller

0249 Pour une certaine partie — ce qui, à Balbec, donnait à la population, d’ordinaire banalement riche

0250 Et sans doute tout cela était vrai, mais c’était aussi par ennui

0251 Et certes dans le sentiment qui poussait une certaine actrice

0252 Malheureusement pour ma tranquillité, j’étais bien loin d’être comme tous ces gens

0253 J’avais beau avoir appris que les jeunes gens qui montaient tous les jours à cheval

0254 Or, un hasard mit tout d’un coup entre nos mains le moyen

0255 Malheureusement, s’il y avait quelqu’un qui, plus que quiconque

0256 Elle prenait aussi ses repas dans la salle à manger

0257 M. de Stermaria n’était pas ce jour-là à Balbec

0258 Comme toujours, mais plus facilement pendant que son père s’était éloigné

0259 Mais je dus détourner mes regards de Mlle de Stermaria

0260 Si intimidants que fussent toujours pour moi les repas, dans ce vaste restaurant

0261 Ma vie dans l’hôtel était rendue non seulement triste

0262 A la fin nous aussi, nous fîmes une relation

0263 Comme un coiffeur voyant un officier qu’il sert

0264 Quand Mme de Villeparisis rencontrait Françoise

0265 On voyait souvent passer depuis quelques jours, en pompeux équipage, grande, rousse, belle

0266 Or, en sortant du concert, comme, en reprenant le chemin qui va vers l’hôtel

0267 Mais ce matin-là même en quittant la princesse de Luxembourg

0268 Ma grand’mère prit congé de Mme de Villeparisis

0269 Le médecin de Balbec appelé pour un accès de fièvre

0270 Il y en avait qui étaient d’une beauté si rare

0271 A côté des voitures, devant le porche où j’attendais

0272 Nous partions; quelque temps après avoir contourné la station du chemin de fer

0273 Avant de monter en voiture j’avais composé le tableau de mer

0274 Mme de Villeparisis voyant que j’aimais les églises

0275 Nous fûmes étonnés, ma grand’mère et moi, de voir combien elle était plus libérale

0276 C’est comme les romans de Stendhal

0277 Parfois, comme la voiture gravissait une route montante

0278 La voiture de Mme de Villeparisis allait vite

0279 Si j’avais pu descendre parler à la fille que nous croisions

0280 Cette année-là, à Balbec, au moment de ces rencontres

0281 Mais peut-être, en espérant qu’un jour, plus libre, je pourrais trouver sur d’autres routes de semblables filles

0282 Le jour que Mme de Villeparisis nous mena à Carqueville où était cette église couverte de lierre

0283 Comme je quittais l’église, je vis devant le vieux pont des filles du village

0284 Et cet être intérieur de la belle pêcheuse

0285 Nous descendîmes sur Hudimesnil; tout d’un coup je fus rempli de ce bonheur profond

0286 Il fallait songer au retour

0287 Souvent le jour était tombé avant que nous fussions de retour

0288 Nous apercevions déjà l’hôtel, ses lumières si hostiles

0289 Nous abusons de vous

0290 Après le dîner, quand j’étais remonté avec ma grand’mère

0291 Mme de Villeparisis nous prévint que bientôt

0292 Une après-midi de grande chaleur j’étais dans la salle à manger de l’hôtel

0293 Quelle déception j’éprouvai les jours suivants

0294 Cette insolence que je devinais chez M. de Saint-Loup

0295 Les premiers rites d’exorcisme une fois accomplis

0296 Ce jeune homme qui avait l’air d’un aristocrate et d’un sportsman dédaigneux

0297 Il y avait, du reste, cette chose assez triste, c’est que si M. de Marsantes

0298 Dès les premiers jours Saint-Loup fit la conquête

0299 Il fut bien vite convenu entre lui et moi que nous étions devenus de grands amis pour toujours

0300 Et pourtant elle était dans une certaine mesure leur condition

0301 Tout au plus souriais-je parfois de retrouver chez Robert les leçons des jésuites

0302 Personnellement, je ne tenais pas beaucoup à ce que Bloch vînt à l’hôtel

0303 Pour ce qui est de laïft

0304 Puis Bloch me dit des choses fort gentilles

0305 Quand Bloch me parla de la crise de snobisme que je devais traverser

0306 Ce n’était du reste pas absolument un mauvais garçon que Bloch

0307 Toutes ces diatribes confidentielles de Bloch à Saint-Loup contre moi

0308 Saint-Loup me parla de la jeunesse

0309 Le lendemain du jour où Robert m’avait ainsi parlé de son oncle

0310 Comment, allez-vous, je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes

0311 Ainsi s’apparentait et de tout près aux Guermantes

0312 Ma grand’mère fut enchantée de M. de Charlus

0313 M. de Charlus célébrait la véritable noblesse d’esprit et de coeur de ces femmes

0314 J’avais pensé qu’en nous invitant ainsi chez sa tante

0315 Puisqu’il refusait toute explication, j’essayai de m’en donner une

0316 Sans doute s’il n’avait pas eu ces yeux, le visage de M. de Charlus

0317 Tu aimes beaucoup Andromaque et Phèdre?

0318 Dans ces réflexions sur la tristesse qu’il y a à vivre loin de ce qu’on aime

0319 Il raconta qu’une demeure qui avait appartenu à sa famille, où Marie-Antoinette avait couché

0320 Cependant ma grand’mère m’avait fait signe de monter me coucher

0321 C’est Charlus. Puis-je entrer, monsieur?

AUTOUR DE Mme SWANN

0322 Une fois M. de Charlus parti, nous pûmes enfin, Robert et moi

0323 Il y avait donc enclavé en mon camarade Bloch, un père Bloch

0324 M. Bloch père qui ne connaissait Bergotte que de loin

0325 Cette importance illusoire de M. Bloch père

0326 Comment, vous êtes le fils du marquis de Marsantes

0327 Saint-Loup au casque d'airain, dit Bloch

0328 Mais les demoiselles Bloch

0329 J'allai voir Bloch à la suite de ce dîner

0330 Elle eut bientôt à l'égard de Saint-Loup qu'elle adorait une désillusion

0331 Françoise ne se trompait pas moins sur Saint-Loup

0332 Ayant un préjugé contre les gens qui le fréquentaient, il allait rarement dans le monde

0333 D'autre part, une actrice, ou soi-disant telle, comme celle qui vivait avec lui

0334 Cette période dramatique de leur liaison

0335 Il passait la plus grande partie de son temps à envoyer à sa maîtresse

0336 Quand quelques jours après le dîner chez les Bloch

0337 Ce jour-là, comme les précédents, Saint-Loup

0338 D'ailleurs, de plus en plus souffrant, j'étais tenté de surfaire les plaisirs les plus simples

0339 Une de ces inconnues poussait devant elle, de la main, sa bicyclette

0340 Au milieu de tous ces gens dont quelques-uns poursuivaient une pensée

0341 Ce n'était peut-être pas, dans la vie, le hasard seul qui, pour réunir ces amies

0342 Telles que si, du sein de leur bande qui progressait le long de la digue comme une lumineuse comète

0343 Maintenant, leurs traits charmants n'étaient plus indistincts et mêlés

0344 Individualisées maintenant

0345 Un instant, tandis que je passais à côté de la brune aux grosses joues qui poussait une bicyclette

0346 Si nous pensions que les yeux d'une telle fille

0347 J'avais tant regardé cette cycliste aux yeux brillants

0348 Et de la même façon ne pouvais-je me réjouir d'avoir vu cette brune

0349 Le bonheur de connaître ces jeunes filles

0350 Il faut qu'entre nous et le poisson

0351 Ces jeunes filles bénéficiaient aussi de ce changement des proportions sociales

0352 Mais si la promenade de la petite bande

0353 Je rentrai parce que je devais aller dîner à Rivebelle avec Robert

0354 Je me demandais si les jeunes filles que je venais de voir habitaient Balbec

0356 Bientôt les jours diminuèrent et au moment où j’entrais dans la chambre

0355 Je sortis de l’ascenseur, mais au lieu d’aller vers ma chambre

0357 Mais bien souvent ce n’était, en effet, que des images

0358 On frappa; c’était Aimé qui avait tenu à m’apporter lui-même les dernières listes d’étrangers

0359 - Les premiers temps, quand nous arrivions, le soleil venait de se coucher

0360 - A partir de ce moment-là j’étais un homme nouveau

0361 - Le restaurant n’était pas fréquenté seulement par des demi-mondaines

0362 - Je dois du reste dire que cette insignifiance où tombaient les choses les plus graves

0363 - Je ne connaissais aucune des femmes qui étaient à Rivebelle

0364 - En rentrant à Balbec, de telle de ces inconnues à qui il m’avait présenté

0365 - Puis, même ma propre vie m’était entièrement cachée par un décor nouveau

0366 - Tout à coup je me rappelai la jeune blonde à l’air triste

0367 - Ce jour-là était justement le lendemain de celui où j’avais vu défiler devant la mer le beau cortège de jeunes filles

0368 - Sans doute bien des fois, au passage de jolies jeunes filles

0369 - Bientôt le séjour de Saint-Loup toucha à sa fin. Je n’avais pas revu ces jeunes filles

0370 - Célèbre, Elstir ne l’était peut-être pas encore à cette époque

0371 - Elstir ne resta pas longtemps à causer avec nous

0372 - A partir de cet après-midi-là, moi, qui les jours précédents

0373 - C’est un grand charme ajouté à la vie dans une station balnéaire

0374 - Je prenais tous les prétextes pour aller sur la plage

0375 - Je n’en aimais aucune les aimant toutes

0376 - Je dus finir par obéir à ma grand-mère avec d’autant plus d’ennui qu’Elstir habitait

0377 - Au moment où j’entrai, le créateur était en train d’achever

0378 - Parfois à ma fenêtre, dans l’hôtel de Balbec

0379 - Bien qu’on dise avec raison qu’il n’y a pas de progrès, pas de découvertes en art

0380 - L’effort qu’Elstir faisait pour se dépouiller en présence de la réalité

0381 - Les joies intellectuelles que je goûtais dans cet atelier

0382 - Elstir et moi nous étions allés jusqu’au fond de l’atelier

0383 - Mon hésitation entre les diverses jeunes filles de la petite bande

0384 - J’allais et venais, impatient qu’il eût fini de travailler

0385 - Il venait enfin de donner un dernier coup de pinceau à ses fleurs

0386 - Le soir tombait: il fallut revenir; je ramenais Elstir vers sa villa

0387 - J’ai dit qu’Albertine ne m’était pas apparue ce jour-là, la même que les précédents

0388 - Variation d’une croyance, néant de l’amour aussi

0389 - Il fallait rejoindre Elstir. Je m’aperçus dans une glace

0390 - J’aurais beaucoup aimé, si vous en possédiez, avoir une photographie

0391 - C’est dans ces pensées silencieusement ruminées à côté d’Elstir

0392 - L’apaisement apporté par la probabilité de connaître maintenant ces jeunes filles

0393 - Soit, avait conclu Saint-Loup, je prendrai le petit tortillard

0394 - Je restais maintenant volontiers à table pendant qu’on desservait

0395 - Quand quelques jours après le départ de Saint-Loup

0396 - Quand j’arrivai chez Elstir, un peu plus tard, je crus d’abord que Mlle Simonet

0397 - Au moment où Elstir me demanda de venir pour qu’il me présentât à Albertine

0398 - Je rentrai en pensant à cette matinée

0399 - J’avais beau être assez désappointé d’avoir trouvé en Mlle Simonet une jeune fille

0400 - Nous formions ce matin-là un de ces couples qui piquent çà et là

0401 - Pensant que si je connaissais leurs amis j’aurais plus d’occasions de voir ces jeunes filles

0402 - J’avais cru il y avait quelques heures qu’Albertine

0403 - Cette fois-là nous rencontrâmes presque tout de suite la grande Andrée, celle qui avait sauté

0404 - Je pensai que ma situation vis-à-vis d’Albertine

0405 - Albertine avait beau savoir qui étaient les Ambresac

0406 - Un des matins qui suivirent celui où Andrée

0407 - Mais les paroles à moi promises par le regard de Gisèle pour le moment où Albertine

0408 - Quelques jours plus tard, malgré le peu d’empressement qu’Albertine

0409 - Comme sur un plant où les fleurs mûrissent à des époques différentes

0410 - S’il pleuvait, bien que le mauvais temps n’effrayât pas Albertine

0411 - Cette Andrée qui m’avait paru la plus froide le premier jour

0412 - Comme Andrée était extrêmement riche, Albertine pauvre et orpheline

0413 - Sauf ces jours de pluie, comme nous devions aller en bicyclette sur la falaise

0414 - Autrefois j’eusse préféré que cette promenade eût lieu par le mauvais temps

0415 - Vous pourrez peut-être bientôt, lui dit Elstir, contempler les étoffes

0416 - De sorte que si avant ces visites chez Elsti

0417 - Souvent nous rencontrions les soeurs de Bloch

0418 - Mais quelquefois au lieu d’aller dans une ferme, nous montions jusqu’au haut de la falaise

0419 - Nos provisions épuisées, nous jouions à des jeux

0420 - Ce n’était pas seulement une matinée mondaine

0421 - Je m’en rendais compte et pourtant nous causions si peu

0422 - Parfois une gentille attention de telle ou telle

0423 - C’est à croire qu’elle a copié cela

0424 - L’admiration et l’attention avaient donné si chaud à Albertine qu’elle suait à grosses gouttes

0425 - Albertine ... c’était avec elle que j’aurais mon roman

0426 - L’état caractérisé par l’ensemble des signes auxquels nous reconnaissons

0427 - Mais pour une grande part, notre étonnement vient surtout de ce que l’être

0428 - Quant à l’harmonieuse cohésion où se neutralisaient

0429 - Je rejoignis Andrée, recommençai à lui faire des éloges d’Albertine

0430 - Nous étions sortis du petit bois

0431 - Nous allâmes retrouver les autres jeunes filles

0432 - Pendant tout ce retour, l’image d’Albertine noyée dans la lumière qui émanait des autres jeunes filles

0433 - Quelques jours après la partie de furet

0434 - Dans la semaine qui suivit je ne cherchai guère à voir Albertine

0435 - Je tâchai d’obtenir d’Elstir

0436 - Puisque Andrée ne m’avait pas cru quand je lui disais que la famille d’Albertine

0437 - Environ un mois après le jour où nous avions joué au furet

0438 - J’allai dîner avec ma grand-mère

0439 - J’avais cru que l’amour que j’avais pour Albertine

0440 - Si cette sorte de vogue qu’avait obtenue Albertine

0441 - Plaisant plus qu’elle ne voulait et n’ayant pas besoin de claironner ses succès, Albertine

0442 - Elle fut certainement désolée de n’avoir pu me faire plaisir

0443 - Mes rêves se retrouvaient libres maintenant de se reporter sur telle ou telle des amies d’Albertine

0444 - N’importe, Andrée, comme Rosemonde et Gisèle

0445 - Ce n’était plus simplement l’attrait des premiers jours, c’était une véritable velléité d’aimer

0446 - Il en était d’Albertine comme de ses amies

0447 - Sans doute leurs visages à toutes avait bien changé

0448 - J’avais remplacé au fond du cerveau de ces jeunes filles le mépris de la chasteté

0449 - Pour n’importe laquelle de mes amies de la petite bande

0450 - Les géographes, les archéologues nous conduisent bien dans l’île de Calypso

0451 - Puis les concerts finirent, le mauvais temps arriva, mes amies quittèrent Balbec

0452 - Parfois pourtant la pluie trop cinglante nous retenait

0453 - En somme j’avais bien peu profité de Balbec

0454 - Il avait fallu quitter Balbec en effet

0455 - Je savais que mes amies étaient sur la digue

III - LE COTE DE GUERMANTES

0456 - Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise

0457 - A l’âge où les Noms, nous offrant l’image de l’inconnaissable

0458 - Sans doute quelque forme se découpait à mes yeux en ce nom de Guermantes

0459 - Dans les fêtes qu’elle donnait, comme je n’imaginais pour les invités aucun corps

0460 - Dans la maison que nous étions venus habite

0461 - Mais elle était interrompue par les appels du giletier de la cour

0462 - Françoise, avec la fatigue de ses yeux de femme déjà âgée

0463 - D’ailleurs, plus récent dans la maison que le valet de chambre

0464 - Malgré l’air de morgue de leur maître d’hôtel, Françoise avait pu

0465 - La vie que je supposais y être menée dérivait d’une source si différente de l’expérience

0466 - Mais si l’hôtel de Guermantes commençait pour moi à la porte de son vestibule

0467 - Un jour que M. de Guermantes avait besoin d’un renseignement

0468 - Cette villa, cette baignoire, où Mme de Guermantes transvasait sa vie

0469 - Mon père avait au ministère un ami, un certain A.J. Moreau

0470 - Au moment où, profitant du billet reçu par mon père, je montais le grand escalier de l’Opéra

0471 - Je gagnai ma place, tout en cherchant à retrouver un vers de Phèdre

0472 - D’abord il n’y eut que de vagues ténèbres

0473 - Comme une grande déesse qui préside de loin aux jeux des divinités inférieures

0474 - Notre imagination étant comme un orgue de Barbarie détraqué

0475 - Cependant mes regards furent détournés de la baignoire de la princesse de Guermantes

0476 - Je n’eus plus la même indulgence qu’autrefois pour les justes intentions

0477 - Mon impression, à vrai dire, plus agréable que celle d’autrefois

0478 - C’était précisément ce que me montrait le jeu de la Berma

0479 - Au moment où cette seconde pièce commença

0480 - Peut-être Mme de Guermantes aurait-elle le lendemain un sourire

0481 - La raison pour quoi Mme de Cambremer se trouvait là était que la princesse de Parme

0482 - Mme de Cambremer n’eût-elle pas su que la baignoire appartenait à la princesse

0483 - Maintenant tous les matins, bien avant l’heure où elle sortait

0484 - En rentrant de l’Opéra, j’avais ajouté pour le lendemain

0485 - Pourquoi tel jour, voyant s’avancer de face sous une capote mauve une douce et lisse figure aux charmes

0486 - Je n’aurais pas senti moi-même que Mme de Guermantes était excédée de me rencontrer

0487 - Pour en revenir à Françoise, je n’ai jamais dans ma vie éprouvé une humiliation

0488 - J’aimais vraiment Mme de Guermantes

0489 - L’amitié, l’admiration que Saint–Loup avait pour moi

0490 - Saint–Loup arriva, remuant dans tous les sens, laissant voler son monocle

0491 - Un officier, grand, beau, majestueux, déboucha à pas lents et solennels

0492 - Pour revenir au son, qu’on épaississe encore les boules qui ferment le conduit auditif

0493 - Je regardais la photographie de sa tante et la pensée que Saint–Loup possédant

0494 - Mais, dès le second jour, il me fallut aller coucher à l’hôtel

0495 - Avant de me coucher, je voulus sortir de ma chambre pour explorer tout mon féerique

0496 - Ce qu’on aurait fait le jour, il arrive en effet, le sommeil venant

0497 - Quand j’avais fini de dormir, attiré par le ciel ensoleillé

0498 - Mais un peu plus tard j’allai souvent voir le régiment faire du service en campagne

0499 - Les jours où il y avait repos et où Saint–Loup ne pouvait cependant pas sortir

0500 - Au sortir du quartier je faisais un tour

0501 - A sept heures je m’habillais et je ressortais pour aller dîner avec Saint–Loup

0502 - Le vent grandissait. Il était tout hérissé et grenu d’une approche de neige

0503 - Et pourtant j’étais touché de voir combien Saint–Loup se montrait autre à mon égard

0504 - Le troisième soir, un de ses amis auquel je n’avais pas eu l’occasion de parler

0505 - Je me plaisais surtout à causer avec ce jeune homme

0506 - Autant par politesse pour ses amis à qui les professions de foi dreyfusardes

0507 - Ces théories de Saint–Loup me rendaient heureux

0508 - Je ne suis pas fâché de ton approbation

0509 - Je me sentais séparé—non seulement de la grande nuit glacée

0510 - Je suis jaloux, je suis furieux, me dit Saint–Loup

0511 - Je n’arrivais pas tous les soirs au restaurant de Saint–Loup

0512 - J’appris qu’une querelle avait éclaté entre lui et sa maîtresse

0513 - On a dit que le silence était une force

0514 - Toute sa crainte était que je ne jugeasse mal sa maîtresse

0515 - En effet, au moment où on croyait que l’amie de Robert

0516 - Si le prince de Borodino ne voulait pas faire d’avances à Saint–Loup ni aux autres membres

0517 - Sans doute, fils ou petit-fils d’empereur, et qui n’avait plus qu’à commander un escadron

0518 - Un matin, Saint–Loup m’avoua

0519 - Ce jour-là, hélas, à Doncières, le miracle n’eut pas lieu

0520 - En arrivant auprès de Robert et de ses amis

0521 - Le lendemain matin, je me mis en retard

0522 - Je demandai à ces soldats que ma présence ne troublait pas

0523 - A ma demande d’aller voir les Elstirs de Mme de Guermantes

0524 - Cependant l’hiver finissait

0525 - Hélas! si pour moi rencontrer toute autre personne qu’elle

0526 - Saint–Loup vint à Paris pour quelques heures seulement

0527 - Le temps était redevenu froid. «Sortir? pourquoi?

0528 - Si, au moins, j’avais pu commencer à écrire

0529 - Saint–Loup, devant venir à Paris, m’avait promis de me mener

0530 - Ayant quitté Paris où, malgré le printemps commençant

0531 - Jamais Robert ne me parla plus tendrement de son amie

0532 - Tout à coup, Saint–Loup apparut accompagné de sa maîtresse

0533 - J’aurais aimé que nous puissions, toi et moi, attendre ensemble

0534 - En réalité, ces déjeuners «choses si gentilles» se passaient toujours fort mal

0535 - Elle parut vouloir obéir à Robert

0536 - Je cessai de prendre part à la conversation quand on parla théâtre

0537 - A ce moment on vint dire à Aimé qu’un monsieur

0538 - Bientôt on vint lui dire que Robert la faisait demander dans un cabinet particulier

0539 - Robert était seulement fâché que je ne voulusse pas briller

0540 - Un numéro du programme me fut extrêmement pénible. Une jeune femme

0541 - Mais le commencement de cette représentation m’intéressa

0542 - Quand, le rideau tombé, nous passâmes sur le plateau

0543 - Les décors encore plantés entre lesquels je passais

0544 - Robert avait cent fois raison. Mais les circonstances sont toujours si embrouillées

0545 - A ce moment, je vis Saint–Loup lever son bras

0546 - J’avais compris le matin, devant les poiriers en fleurs, l’illusion sur laquelle reposait son amour

0547 - Ces incidents, et sans doute celui auquel il pensait le plus

0548 - Puis le talent n’est pas un appendice postiche qu’on ajoute artificiellement

0549 - Sans doute, au même moment où Mme Leroi

0550 - A cette première visite qu’en quittant Saint–Loup j’allai faire à Mme de Villeparisis

0551 - Mon Dieu, les ministres, mon cher monsieu

0552 - Certes si le matin Mme de Villeparisis avait compulsé

0553 - Au bout d’un instant entra d’un pas lent et solennel une vieille dame

0554 - Monsieur, j’crois que vous voulez écrire quelque chose

0555 - Le visiteur importun entra, marchant droit vers Mme de Villeparisis

0556 - Tenez, monsieur, si vous aimez la peinture, regardez le portrait

0557 - Mme de Guermantes s’était assise

0558 - L’excellent écrivain G—— entra

0559 - Si, dans le salon de Mme de Villeparisis, tout autant que dans l’église de Combray

0560 - Je croyais trouver Basin ici, il comptait venir vous voir

0561 - Je n’avais pas songé que Bergotte pût être considéré comme spirituel

0562 - Le comte d’Argencourt, chargé d’affaires de Belgique

0563 - Chacun s’était rapproché de Mme de Villeparisis pour la voir peindre

0564 - Elle n’avait avec ses parents princiers, pas plus qu’avec M. de Norpois

0565 - J’aime beaucoup de Saint–Loup-en-Bray, dit Bloch

0566 - Dis-moi, reprit Bloch en me parlant tout bas, quelle fortune peut avoir Saint–Loup?

0567 - Le maître d’hôtel n’avait pas dû exécuter d’une façon complète la commission

0568 - Avez-vous quelque chose sur le chantier?

0569 - Avant que M. de Norpois, contraint et forcé, n’emmenât Bloch

0570 - Vous savez de qui nous parlons, Basin? dit la duchesse à son mari

0571 - Pourtant, voyez Swann, objecta M. d’Argencourt

0572 - Il savait que la verve de sa femme avait besoin d’être stimulée par la contradiction

0573 - Bloch était flatté de surnager seul dans le naufrage universel

0574 - Le duc se parait de sa femme mais ne l’aimait pas

0575 - Cependant, ayant entendu le nom de Bloch

0576 - Bloch cherchait à pousser M. de Norpois sur le colonel Picquart

0577 - Peut-être la raison pour laquelle M. de Norpois parlait ainsi à Bloch

0578 - Bloch ne put arriver à le faire parler de la question de la culpabilité de Dreyfus

0579 - Vous, monsieur, dit Bloch, en se tournant vers M. d’Argencourt

0580 - La duchesse s’arrêta net, car une dame entrait qui était la vicomtesse de Marsantes

0581 - Écoute, dit Mme de Villeparisis à la duchesse de Guermantes

0582 - Tiens, quand on parle du Saint–Loup ... dit Mme de Guermantes

0583 - Le nom du prince gardait, dans la franchise

0584 - Mais le prince de Faffenheim n’était pas un naïf

0585 - L’hiver suivant, le prince fut très malade

0586 - La présence de Mme Swann avait pour moi un intérêt particulier

0587 - M. de Charlus fut bientôt assis à côté de Mme Swann

0588 - Je regardais M. de Charlus

0589 - J’ai raconté bien auparavant ma stupéfaction qu’un ami de mon père

0590 - Mme de Marsantes, qui faisait la dame d’honneur de la marquise

0591 - Que tu as été gentil, lui dis-je, comment te remercier?

0592 - Brusquement il s’arracha d’auprès de sa mère

0593 - Je sentais bien que ma présence ne pouvait faire aucun plaisir

0594 - Dans l’escalier, j’entendis derrière moi une voix

0595 - Revenons à vous, me dit M. de Charlus, et à mes projets sur vous

0596 - La duchesse de Guermantes semble très intelligente

0597 - Pour ma part, à peine rentré à la maison

0598 - Je remontai et trouvai ma grand’mère plus souffrante

0599 - Malgré cette compétence plus particulière en matière cérébrale et nerveuse

0600 - Comme une grande partie de ce que savent les médecins

0601 - Quand, après avoir reconduit le docteur du Boulbon

0602 - Je fus frappé comme elle était congestionnée

0603 - Enfin ma grand’mère sortit

0604 - MALADIE DE MA GRAND’MÈRE

0605 - Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine

0606 - Je mis ma grand’mère dans l’ascenseur du professeur E

0607 - Le soleil déclinait; il enflammait un interminable mur

0608 - Quand, grâce aux soins parfaits de Françoise, ma grand’mère

0609 - A cause des souffrances de ma grand’mère on lui permit la morphine

0610 - La maladie de ma grand’mère donna lieu à diverses personnes

0611 - Les visites qu’il nous faisait maintenant

0613 - Nous fûmes heureusement très vite débarrassés de la fille de Françoise

0612 - Nous eûmes—discrète attention de femme

0614 - Il y eut un moment où les troubles de l’urémie se portèrent sur les yeux

0615 - A Balbec, un jour où on avait sauvé malgré elle une veuve qui s’était jetée à l’eau

0616 - Selon notre médecin c’était un symptôme que la congestion du cerveau augmentait

0617 - Quelques jours plus tard, comme je dormais, ma mère vint m’appeler au milieu de la nuit

0618 - Je viens, mon cher monsieur, d’apprendre ces nouvelles macabres

0619 - Un beau-frère de ma grand’mère, qui était religieux

0620 - A ce moment, mon père se précipita, je crus qu’il y avait du mieux ou du pire

0621 - Pour revenir maintenant à ces heures de l’agonie

0622 - CHAPITRE DEUXIÈME - Bien que ce fût simplement un dimanche d’automne, je venais de renaître

0623 - C’est de mon lit que je regardais aujourd’hui ces souvenirs

0624 - Pour revenir en arrière, j’avais été d’autant plus troublé par la lettre de Robert

0626 - Contrairement à l’ordre habituel de ses villégiatures, cette année elle venait directement de Balbec

0625 - Albertine, cette fois, rentrait à Paris plus tôt que de coutume

0627 - Or, ce plaisir, qui en accomplissant mon désir m’eût délivré de cette rêverie

0628 - La nubilité plus accentuée s’était marquée quand Albertine, parlant d’une jeune fille

0629 - Sans doute il arrive que des femmes peu cultivées, épousant un homme fort lettré

0630 - Comme elle finissait cette phrase la porte s’ouvrit, et Françoise portant une lampe entra

0632 - Quand Françoise fut sortie de la chambre et Albertine rassise sur mon lit

0631 - Mais surtout, comme les écrivains arrivent souvent à une puissance de concentration

0633 - D’autre part Albertine tenait, liées autour d’elle, toutes les impressions d’une série maritime

0634 - J’aurais bien voulu, avant de l’embrasser, pouvoir la remplir à nouveau du mystère qu’elle avait pour moi sur la plage

0635 - Les dernières applications de la photographie

0636 - Était-ce parce que nous jouions (figurée par la révolution d’un solide) la scène inverse de celle de Balbec

0637 - Elle me parla de moi, de ma famille, de mon milieu social

0638 - Du reste les notions sociales d’Albertine étaient d’une sottise extrême

0639 - Je n’osai lui dire que je voulais tout subordonner à la possibilité de voir Mme de Stermaria

0640 - Albertine m’avait tant retardé que la comédie venait de finir

0641 - Et puis ç‘avait été fini

0642 - Quoi qu’il en fût, bien que n’ayant plus à chercher une boutique pour Jupien

0643 - Au moment où elle traversait le salon où j’étais assis

0644 - Désertée dans les milieux mondains intermédiaires

0645 - Cependant je dois dire qu’une surprise d’un genre opposé allait suivre

0646 - Quel cachottier que ce Mémé, s’écria-t-elle

0647 - Je terminerai ceci en disant qu’à un certain point de vue il y avait chez Mme de Guermantes

0648 - Les jours qui précédèrent mon dîner avec Mme de Stermaria

0649 - Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria

0650 - Sans doute déjà, bien avant d’avoir reçu la lettre de Saint–Loup

0651 - Mais dans cette île, où même l’été il y avait souvent du brouillard

0652 - Je pouvais même espérer d’écouter avec la jeune femme quelque clapotis de vagues

0653 - Il est certain qu’elle avait représenté tout autre chose pour moi, à Balbec

0654 - Certes, mes désirs de Balbec avaient si bien mûri le corps d’Albertine

0655 - Albertine me parlait peu, car elle sentait que j’étais préoccupé

0656 - Le lendemain, il fit froid et beau: on sentait l’hiver

0657 - Aussi n’était-ce plus tout à fait Mme de Stermaria que j’aurais désiré voir

0658 - Ce qui ajoutait à mon désespoir de ne pas voir Mme de Stermaria

0659 - Combien y en a-t-il dans nos souvenirs, combien plus dans notre oubli, de ces visages de jeunes filles

0660 - J’ai dit (et précisément c’était, à Balbec, Robert de Saint–Loup

0661 - J’étais bien éloigné certes de vouloir demander à Saint–Loup

0662 - Si en descendant l’escalier je revivais les soirs de Doncières

0663 - Le malheur voulut pour moi que, Saint–Loup étant resté quelques minutes à s’adresser au cocher

0664 - L’un racontait que sa voiture, se croyant arrivée au pont de la Concorde

0665 - A propos du prince de Foix il convient de dire, puisque l’occasion s’en présente

0666 - Mais le prince de Foix, riche lui-même, appartenait non seulement à cette coterie élégante

0667 - En effet, il avait l’habitude de comparer toujours ce qu’il entendait

0668 - J’avais été obligé de déranger ma table

0669 - Cependant je regardais Robert et je songeais à ceci

0670 - Après être parti un instant pour veiller lui-même à la fermeture de la porte

0671 - Dis-moi pendant que j’y pense, me dit Robert, mon oncle Charlus

0672 - Il me parla d’amitié, de prédilection, de regret, bien que, comme tous les voyageurs

0673 - Ce que la familiarité d’un Guermantes—au lieu de la distinction qu’elle avait chez Robert

0674 - La duchesse ne m’ayant pas parlé de son mari

0675 - Et le duc était si mauvais mari, si brutal même

0676 - Cet éloignement imaginaire du passé est peut-être une des raisons

0677 - En quittant le vestibule, j’avais dit à M. de Guermantes

0678 - Seulement une fois en tête à tête avec les Elstir

0679 - Les gens qui détestaient ces «horreurs» s’étonnaient qu’Elstir admirât Chardin

0680 - Je fus émus de retrouver dans deux tableaux (plus réalistes, ceux-là

0681 - Pendant que je regardais les peintures d’Elstir

0682 - Le ministre espagnol (non sans que je rencontrasse, en route, le valet de pied

0683 - Tout d’abord, d’ailleurs, se produisit un double petit imbroglio

0684 - Si M. de Guermantes avait mis tant de hâte à me présenter

0685 - Son amabilité tenait à deux causes

0686 - Aussi, même dans les moments où elle ne pouvait pas faire de bien

0687 - Déjà, en effet, le duc, qui semblait pressé d’achever les présentations, m’avait entraîné vers une autre des filles fleur

0688 - C’est une très bonne femme, me dit M. de Guermantes de la princesse de Parme

0689 - Il faut ajouter qu’un des invités manquait, M. de Grouchy, dont la femme, née Guermantes

0690 - C’est timide et non majestueusement souverain qu’avait été ce signe du duc

0691 - Quand il voulait faire plaisir à quelqu’un, M. de Guermantes

0692 - L’autre raison de l’amabilité que me montra la princesse de Parme

0693 - Les Guermantes—du moins ceux qui étaient dignes du nom

0694 - Les Guermantes n’étaient pas moins spéciaux au point de vue intellectuel qu’au point de vue physique

0695 - Le même génie de la famille présentait à Mme de Guermantes

0696 - Un seul point sur lequel Guermantes et Courvoisier se rencontraient était dans l’art

0697 - Il est vrai que certaines Guermantes vous écrivaient dès les premières fois mon cher ami

0698 - Pour en revenir à l’antipathie qui animait les Courvoisier contre la duchesse de Guermantes

0699 - On peut imaginer combien cette «sortie» de Mlle de Guermantes sur Tolstoï

0700 - Aussi les faux hommes de lettres, ces demi-intellectuels que recevait Mme d’Argencourt

0701 - Authentique ou non, l’apostrophe de Mlle de Guermantes au grand-duc

0702 - Or, pour en revenir à Mme des Laumes

0703 - Beaucoup des amies de la princesse de Parme et avec qui la duchesse de Guermantes

0704 - Les jours habituels (après le dîner où elle avait toujours de très bonne heure

0705 - Une fois l’impétrante relevée et embrassée par la princesse

0706 - Chez certains (il faut d’ailleurs reconnaître que c’était l’exception)



0707 - Mais ce cas était le plus rare. Le type des hommes distingués qui formaient le fond du salon Guermantes

0708 - Encore faut-il reconnaître que la délicatesse de vie sociale, la finesse des conversations chez les Guermantes

0709 - Quant aux Guermantes selon la chair, selon le sang, si l’esprit des Guermantes

0710 - La princesse d’Épinay, qui aimait sa cousine

0711 - Comment, Oriane était ici?

0713 - Quand une femme intelligente, instruite, spirituelle, avait épousé un timide butor

0712 - Les Courvoisier n’étaient pas davantage capables de s’élever jusqu’à l’esprit d’innovation

0714 - Quant aux actions mondaines, c’était encore un autre plaisir arbitrairement théâtral

0715 - Le lecteur de bon sens garde encore une lueur de fidélité au sage ministre

0716 - Il faut d’ailleurs reconnaître que cette subtilité des hommes politiques

0717 - M. de Guermantes, à cette époque de sa vie, avait, au grand scandale des Courvoisier

0718 - Pour en revenir à ces décisions artificielles et émouvantes comme celles des politiciens

0719 - Mais c’est charmant aussi de rester au coin de son feu, répondait Mme de Guermantes

0720 - Parmi les éléments qui, absents des deux ou trois autres salons

0721 - D’ordinaire, ces belles figurantes avaient été ses maîtresses

0722 - Sans doute l’amour que M. de Guermantes avait eu successivement pour toutes

0723 - Cependant, en se mettant à table, la princesse de Parme se rappela

0724 - Le duc attacha sur sa femme

0725 - Vous parlez de correspondances, je trouve admirable celle de Gambetta

0726 - Irrité de l’interruption de sa femme, le duc la tint quelques instants sous le feu

0727 - Et tandis qu’un sourire désenchanté fronçait d’une gracieuse sinuosité sa bouche douloureuse



0728 - A tant de raisons de déployer son originalité locale, les écrivains préférés

0729 - Mais changeons de conversation, ajouta Mme de Guermantes

0730 - Malgré l’extrême fatigue qu’elle commençait à éprouver, la princesse était ravie

0731 - Je crois que vous connaissez M. Elstir, me dit la duchesse

0732 - Ce portrait ne doit pas déplaire à Mme de Gallardon, dit le duc

0733 - Je crois vous avoir vu à dîner chez elle le jour où elle a fait cette sortie à ce M. Bloch

0734 - Mais vous vous faites de ma tante l’idée qu’on s’en fait généralement

0735 - Ce que vous dites est absurde, interrompit vivement M. de Guermantes, Mémé n’a rien d’efféminé

0736 - Ils ont si peu rompu que je l’ai trouvée il y a deux jours dans la garçonnière

0737 - Cette Rachel m’a parlé de vous, elle m’a dit que le petit Saint–Loup vous adorait

0738 - Ce pauvre général, il a encore été battu aux élections

0739 - Quelle jolie fleur, je n’en avais jamais vu de pareille

0740 - Babal, vous êtes divin, vous savez tout, s’écria la duchesse

0741 - On n’est pas très bien assis dans les meubles Empire, hasarda la princesse

0742 - Il est joli garçon, je crois?

0743 - On dit qu’il est snob?

0744 - Est-ce que M. de Norpois était là, demanda le prince Von

0745 - M. de Guermantes, heureux qu’elle me parlât avec une telle compétence

0746 - Mais en ce qui concerne M. Elstir, ajouta le prince

0747 - Mais, madame la duchesse, dit le prince irrité



0748 - Le prince de Guermantes est charmant, mais il est, en effet, très attaché aux questions de naissance

0749 - Il y avait à Combray une rue de Saintrailles

0750 - Mme de Guermantes me tira de ma rêverie

0751 - Dans les familles bourgeoises on voit parfois naître des jalousies

0752 - Elle était, à cette époque, peu reçue. Elle fréquentait quelques semaines des femmes tout à fait brillantes

0753 - Parfois, plus que d’une race, c’était d’un fait particulier, d’une date

0754 - Ainsi les espaces de ma mémoire se couvraient peu à peu de noms

0755 - Ornessan est plein d’esprit, il a de qui tenir, sa mère est Montjeu

0756 - D’ailleurs, ma curiosité historique était faible en comparaison du plaisir esthétique

0757 - A plusieurs reprises déjà j’avais voulu me retirer

0758 - Au reste ces filles fleurs étaient, à un degré étrange, faciles à être contentées

0759 - Au moment où j’allais partir, la dame d’honneur de la princesse rentra

0760 - Dans le vestibule où je demandai à un valet de pied mes snow-boots

0761 - Et ayant reconduit la princesse de Parme, M. de Guermantes me dit

0762 - De même les vers de Victor Hugo qu’elle m’avait cités

0763 - A ce point de vue, si le monde n’avait pu au premier moment répondre à ce qu’attendait mon imagination

0764 - Malgré tout, bien différentes en cela de ce que j’avais pu ressentir devant des aubépines ou en goûtant à une madeleine

0765 - Non, ne vous dérangez pas, j’avais rendez-vous avec monsieur le baron

0766 - Ah! répondit-il d’un air méprisant

0767 - Je regardais M. de Charlus. Certes sa tête magnifique

0768 - Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser

0769 - Ma colère n’avait pas calmé celle du baron

0770 - Alors d’une voix douce, affectueuse, mélancolique

0771 - Je traversai avec lui le grand salon verdâtre

0772 - Mais je pourrais la faire chercher sans vous déranger

0773 - C’est vraiment très beau, monsieur, à l’hôtel de la princesse de Guermantes

0774 - Il devait être fatigué et avoir renoncé à l’idée d’aller voir le clair de lune

0775 - Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d’inconnu

0776 - Beaucoup de choses que M. de Charlus m’avait dites avaient donné un vigoureux coup de fouet

0777 - Malgré ce qui tient aux divers points de vue subjectifs

0778 - Or, parmi les traits particuliers au salon de la princesse de Guermantes

0779 - Le jour où devait avoir lieu la soirée chez la princesse de Guermantes

0780 - Tenez, vous qui aimez la peinture

0781 - Faites entrer M. Swann», dit le duc

0782 - Pour le prince de Guermantes, dis-je, il est vrai, on m’avait dit qu’il était antisémite

0783 - Le dreyfusisme avait rendu Swann d’une naïveté extraordinaire

0784 - M. de Guermantes rentra, et bientôt sa femme, toute prête, haute et superbe dans une robe de satin rouge

0785 - Mais, mon pauvre petit Basin, vous êtes un enfant qui vient de naître

0786 - Ah! il est vivant, s’écria le duc avec un soupir de soulagement

0787 - Le valet de pied rentra avec la carte de la comtesse Molé

0788 - Oui, mon petit Charles, je trouve que vous n’avez pas bonne mine du tout

0789 - Mme de Guermantes s’avança décidément vers la voiture et redit un dernier adieu à Swann

IV - SODOME ET GOMORRHE :

0790 - PREMIERE APPARITION DES HOMMES-FEMMES DESCENDANTS DE CEUX DES HABITANTS DE SODOME

0791 - J’allais me déranger de nouveau pour qu’il ne pût m’apercevoir

0792 - Cette scène n’était, du reste, pas positivement comique

0793 - Ce que je viens de dire d’ailleurs ici est ce que je ne devais comprendre

0794 - Mais quand je fus dans la boutique, évitant de faire craquer le moins du monde le plancher

0795 - Cependant il s’attardait encore sur le pas de la porte et demandait à Jupien

0796 - Si je reviens sur la question du conducteur de tramway, reprit M. de Charlus

0797 - Dès le début de cette scène, une révolution, pour mes yeux dessillés

0798 - De plus je comprenais maintenant pourquoi

0799 - Cela frappe chez ceux qui sont pauvres et venus de la province, sans relations

0800 - C’est à ces organisations professionnelles que l’esprit oppose le goût des solitaires

0801 - Cependant le voisin marié du solitaire est revenu; devant la beauté de la jeune épouse

0802 - Au reste j’exagérais beaucoup alors, devant cette révélation première

0803 - Comme je n’étais pas pressé d’arriver à cette soirée des Guermantes où je n’étais pas certain d’être invité

0804 - Il y avait quelqu’un qui, ce soir-là comme les précédents, pensait beaucoup au duc de Châtellerault

0805 - Bien que, malgré tout—à cause de l’origine maternelle de son cousin—le duc de Guermantes

0806 - Je faisais la queue derrière quelques invités arrivés plus tôt que moi

0807 - La première personne à passer avant moi était le duc de Châtellerault

0808 - L’illustre Huxley (celui dont le neveu occupe actuellement une place prépondérante

0809 - Elle m’aperçut comme j’étais à quelques pas d’elle

0810 - En tout cas fallait-il trouver quelqu’un qui me présentât

0811 - M. de Charlus m’eût sans doute pardonné mon manque de reconnaissance

0812 - C’est ainsi que le professeur E... apprit ou rapprit la mort de ma grand’mère

0813 - A cause de la façon dont était morte ma grand’mère, le sujet m’intéressait

0814 - Le bonsoir qu’il me rendit n’avait rien de celui qu’aurait eu M. de Charlus

0815 - Mais à défaut des plaisirs sacrifiés à l’ingratitude du quai d’Orsay, M. de Vaugoubert

0816 - M. de Vaugoubert comme M. de Charlus n’aimait pas dire bonjour

0817 - On disait au ministère, sans y mettre ombre de malice, que, dans le ménage, c’était le mari qui portait les jupes

0818 - Pour en revenir à des moeurs fort ignorées de l’ambassadeur dont nous venons d’évoquer la silhouette

0819 - Des traces d’opprobre, d’ennui, d’indignation, ternissaient le visage régulier de Mme de Vaugoubert

0820 - Il fallait pourtant me décider. Je reconnaissais bien sous les arbres des femmes

0821 - Celle d’une dame qui vint me dire bonjour en m’appelant par mon nom

0822 - Mme d’Arpajon fut plus lâche encore que Mme de Souvré

0823 - Je n’avais plus recours qu’auprès de M. de Charlus

0824 - Il n’était pas aussi difficile que je le croyais que M. de Charlus accédât

0825 - Alors, du fond de ces jardins où jadis le duc d’Aiguillon faisait élever les animaux rares

0826 - J’aperçus Swann, voulus lui parler, mais à ce moment je vis que le prince de Guermantes

0827 - Un de ces petits accidents, qui ne se produisaient guère qu’au moment où la brise

0828 - C’est gentil de vous voir ici

0829 - Je repris la file des visiteurs qui entraient dans l’hôteL

0830 - Tandis que la Princesse causait avec moi

0831 - Dans l’ordinaire de la vie, les yeux de la duchesse de Guermantes

0832 - Pendant que, avant même qu’elle eût quitté le vestibule

0833 - Enfin M. de Vaugoubert parla, autrement que par ses regards

0834 - Je voudrais bien vous voir. D’Annunzio vous a aperçue d’une loge

0835 - Tout en marchant à côté de moi, la duchesse de Guermantes laissait la lumière azurée

0836 - Comment, vous ne connaissez pas ces splendeurs

0837 - En réalité, Mme de Saint–Euverte était venue, ce soir, moins pour le plaisir

0838 - Une telle transmutation, opérée par Mme de Saint–Euverte

0839 - Certes, s’il n’y avait eu là qu’Oriane, Mme de Saint–Euverte

0840 - On vit passer une duchesse fort noire, que sa laideur et sa bêtise

0841 - Et qu’est-ce encore que celle-là? s’écria Mme de Guermantes

0842 - Votre soeur est partout la plus belle; elle est charmante ce soir

0843 - Rassurée sur la crainte d’avoir à causer avec Swann, Mme de Guermantes

0844 - Le pauvre M. de Vaugoubert, devenu cette fois-ci de trop lambin joueur

0845 - Je ne discuterai pas politique avec vous, Froberville, dit M. de Guermantes

0846 - A propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l’est

0847 - J’avais grande envie de savoir ce qui s’était exactement passé entre le Prince et Swann

0848 - En effet, on voyait par moments se former et passer comme une étoile filante

0849 - A ce moment, un musicien bavarois à grands cheveux

0850 - Cependant, se tournant d’un seul mouvement et comme d’une seule pièce

0851 - Les efforts que faisait M. de Froberville pour qu’on n’entendît pas son rire

0852 - Je profitai de ce que la duchesse changeait de place

0853 - Au moment d’arriver à cette salle, je fus arrêté par la marquise de Citri

0854 - Bientôt, ce qui fut ennuyeux, ce fut tout

0855 - J’eus enfin le plaisir que Swann entrât dans cette pièce

0856 - Et, de plus, combien il était changé depuis cet après-midi même

0857 - Quand l’atavisme, les ressemblances familiales seraient seules en cause

0858 - Quand M. de Charlus venait de faire des remontrances indignées à Robert

0859 - Mais es-tu sûr que M. de Charlus ait eu tant de maîtresses?

0860 - A ce moment, Mme de Surgis entra dans le salon de jeu

0861 - Tu vois que je n’exagérais pas, me dit Robert

0862 - De quoi parlions-nous? Ah! de cette grande blonde, la femme de chambre de Mme Putbus

0863 - Comme ces deux jeunes gens ont un air étrange!

0864 - Oh! comme c’est curieux», répondit non sans insolence M. de Charlus

0865 - Swann m’ayant aperçu s’approcha de Saint–Loup et de moi

0866 - Mais je vis que c’était avec Mlle d’Ambressac qu’il allait causer

0867 - Je ne pouvais me décider à quitter Swann

0868 - Malheureusement, à peine étions-nous assis dans une baie sans dégagements

0869 - Croyez-vous que cet impertinent jeune homme

0870 - J’admire toujours les gens qui font des projets, dit-elle

0871 - Je songeai que Swann devait se fatiguer à m’attendre

0872 - Si nous allions faire quelques pas dans le jardin, monsieur

0873 - Voici mot pour mot, me dit-il, quand nous fûmes assis

0874 - Nous fûmes interrompus (Swann ne tenait pas à ce qu’on entendît son récit) par la voix de M. de Charlus

0875 - Quant aux grands seigneurs ses parents, reniés jadis par elle

0876 - Il lui parle de son portrait. Moi, je lui en parlerais aussi bien que Charlus

0877 - Je levai la tête et vis le duc de Guermantes qui venait à nous

0878 - Enfin seuls, me dit-il; je ne sais plus où j’en suis

0879 - Swann trouvait maintenant indistinctement intelligents ceux qui étaient de son opinion

0880 - Swann me quitta sans me serrer la main pour ne pas être obligé de faire des adieux

0881 - Avant de laisser Swann, je lui dis un mot de sa santé

0882 - Il est vrai qu’avant cela j’avais entendu un homme du monde très méchant

0883 - D’ailleurs peu de temps après, elle commença à me parler de M. de Charlus

0884 - Pour revenir en arrière et à cette première soirée chez la princesse de Guermantes

0885 - Des deux côtés, sur les marches les plus hautes, étaient répandus des couples

0886 - J’avais mis mon pardessus, ce que M. de Guermantes, qui craignait les refroidissements

0887 - Pendant que nous descendions l’escalier

0888 - On annonça que la voiture était avancée. Mme de Guermantes prit sa jupe rouge

0889 - Pendant le retour, à cause de l’exiguïté du coupé, les souliers rouges

0890 - Hé bien! me dit la duchesse, en dehors de vos bals

0891 - Je ne tenais pas à la redoute, mais au rendez-vous avec Albertine

0892 - Moi aussi j’étais pressé de quitter M. et Mme de Guermantes

0893 - J’ai dit qu’elle était d’un petit pays qui était tout voisin de celui de sa mère

0894 - Tel était, en dehors de beaucoup d’honnêteté

0895 - Comme, chaque fois que la porte cochère s’ouvrait, la concierge

0896 - Françoise sortie de la chambre

0897 - J’étais torturé par l’incessante reprise du désir toujours plus anxieux

0898 - Mais non, répondis-je, je vous ai déjà dit que je ne serais pas libre

0899 - Le génie linguistique à l’état vivant, l’avenir et le passé du français

0900 - Je fis semblant d’être contraint d’écrire, «À qui écriviez-vous? me dit Albertine

0901 - Je demandai à Albertine si elle voulait boire

0903 - Je ne pouvais l’accuser de sécheresse

0902 - Albertine partie

0904 - Il se produisit à cette époque un phénomène

0905 - Je ne vis plus de quelque temps Albertine

0906 - Certes ces causes d’erreur étaient loin d’être les seules

0907 - Odette, malgré ses brillantes amies, n’écouta pas moins la pièce

0908 - Gilberte servait aussi à la situation de sa mère, car un oncle de Swann venait de laisser près de quatre-vingts millions

0909 - Elle ne s’en rendait pas compte

0910 - LES INTERMITTENCES DU COEUR - Ma seconde arrivée à Balbec

0911 - Il m’apprit avec beaucoup de tristesse la mort du bâtonnier de Cherbourg

0912 - Ceux qui m’avaient fait partir pour Balbec

0913 - Aussitôt que la recommandation de Robert leur était parvenue

0914 - Sans doute rien ne rattachait d’une façon essentielle la femme de chambre de Mme Putbus

0915 - Je fus tiré de ma rêverie par la voix du directeur

0916 - Bouleversement de toute ma personne

0917 - Au lieu des plaisirs que j’avais eus depuis quelque temps

0918 - Mais jamais je ne pourrais plus effacer cette contraction de sa figure

0919 - Il me remit un petit mot d’Albertine. Elle n’avait pas dû venir à Balbec

0920 - Et pourtant, la veille, à l’arrivée, je m’étais senti repris par le charme indolent

0921 - J’avais ressenti du plaisir même à ce que l’ennuyeux premier président

0922 - Malgré les promesses du directeur

0923 - Sur la carte qu’on me remit, Mme de Cambremer avait griffonné

0924 - Quant à un chagrin aussi profond que celui de ma mère

0925 - Elle eut la mauvaise chance, dans un de ces pèlerinages

0926 - Pendant que maman lisait sur la plage je restais seul dans ma chambre

0927 - Je remontais directement à ma chambre

0928 - Certes, je souffris toute la journée en restant devant la photographie de ma grand’mère

0929 - Le lendemain j’allai, à la demande de maman, m’étendre un peu sur le sable

0930 - Quelques jours plus tard la photographie qu’avait faite Saint–Loup

0931 - Puis un jour, je me décidai à faire dire à Albertine que je la recevrais

0932 - Les mystères d’Albertine

0933 - Incapable comme je l’étais encore d’éprouver à nouveau un désir physique, Albertine

0934 - M’écartant de l’éblouissante maison de plaisir

0935 - Quand je rentrai, le concierge de l’hôtel me remit une lettre de deuil

0936 - Je crois que je mentirais en disant que commença déjà la douloureuse et perpétuelle méfiance que devait m’inspirer Albert

0937 - Je remontais dans ma chambre, mais je n’y étais pas seul

0938 - Albertine m’avait fait prendre en note les dates où elle devait s’absenter

0939 - J’avais, pour reprendre le fil du récit, inscrit les noms et les adresses des jeunes filles

0940 - Ce ne fut pas ce soir-là encore, d’ailleurs, que commença à prendre consistance ma cruelle méfiance

0941 - Une des jeunes filles que je ne connaissais pas se mit au piano, et Andrée demanda à Albertine de valser

0942 - Le mal que m’avaient fait ses paroles concernant Albertine et Andrée

0943 - Le lendemain, quand Albertine m’écrivit

0944 - J’avais mal compris, dans mon premier séjour à Balbec

0945 - Quelques jours après, à Balbec

0946 - A partir du jour où Cottard fut entré avec moi dans le petit casino d’Incarville

0947 - Un jour, devant le Grand-Hôtel où nous étions réunis sur la digue

0948 - Pour revenir à des sujets plus intéressants, reprit la soeur de Legrandin

0949 - Du reste, continua Mme de Cambremer, j’ai horreur des couchers de soleil

0950 - Me contentant de ce qui était un commencement de rétractation

0951 - Quel chef-d’oeuvre que Pelléas! s’écria Mme de Cambremer

0952 - Comme à la Bourse, quand un mouvement de hausse se produit

0953 - Mon Dieu, me dit Mme de Cambremer–Legrandin

0954 - Nos parents ne sont pas la principale cause de l’écourtement de notre visite

0955 - Sur un signe de sa belle-fille, Mme de Cambremer

0956 - Elle vous a invité à déjeuner, me dit sévèrement le premier président

0957 - Quand j’eus dit au revoir à Rosemonde et à Gisèle, elles virent avec étonnement Albertine arrêtée

0958 - Mais la douleur anxieuse du lift ne fit que grandir

0959 - On ne peut pourtant pas dire qu’à l’hôtel de Balbec, le lift

0960 - Aussitôt seuls et engagés dans le corridor, Albertine me dit

0961 - Comme si Albertine avait dû avoir de la peine à croire ce que je lui disais de mon impossibilité de l’aimer

0962 - Cet aveu fait à Albertine d’un sentiment imaginaire pour Andrée

0963 - J’aurais dû partir ce soir-là sans jamais la revoir

0964 - Tranquillisé par mon explication avec Albertine

0965 - Ces jours-là n’étaient pas très fréquents d’ailleurs. Nous allions goûter comme autrefois «en bande», Albertine, ses amie

0966 - Il y avait encore peu de monde à Balbec, peu de jeunes filles

0967 - Non seulement les jeunes filles étaient peu nombreuses

0968 - Il faut dire que plusieurs étaient ou des jeunes filles

0969 - Mais bientôt la saison battit son plein

0970 - Vers cette époque se produisit au Grand-Hôtel de Balbec un scandale

0971 - Depuis ce jour-là, M. Nissim Bernard

0972 - A vrai dire, cette erreur des parents de M. Nissim Bernard

0973 - Il aimait d’ailleurs tout le labyrinthe de couloirs, de cabinets secrets, de salons

0974 - Malgré la difficulté qu’il y avait pour un client à aller dans des chambres

0975 - Anéanti par ce portrait si peu véridique, je me taisais; Céleste voyait là

0976 - Françoise n’aimait pas du tout que celles qu’elle appelait les deux enjôleuses

0977 - La famille de Bloch avait beau n’avoir jamais soupçonné la raison

0978 - Un autre incident fixa davantage encore mes préoccupations du côté de Gomorrhe

0979 - Une fois je vis l’inconnue qu’Albertine avait eu l’air de ne pas reconnaître

0980 - Quant à Albertine, je ne peux pas dire que nulle part, au Casino, sur la plage

0981 - Au reste, ma jalousie causée par les femmes qu’aimait peut-être Albertine

0982 - Les amies d’Albertine étaient parties pour quelque temps

0983 - Le petit chemin de fer n’était pas encore là

0984 - Nous nous hâtâmes pour gagner un wagon vide où je pusse embrasser Albertine

0985 - Il nous laissa à la gare

0986 - Votre attitude n’effaçait rien du tout, dis-je à Albertine quand Saint–Loup

0987 - Le train de Paris est signalé, Monsieur

0988 - Le train de Paris (que le baron ne prit pas) partit

0989 - Le lendemain, le fameux mercredi, dans ce même petit chemin de fer

0990 - Après l’aveu qu’avait fait Mme Verdurin de l’intelligence de la princesse

0991 - Son absence de relations avait permis à la princesse Sherbatoff

0992 - A leurs yeux, la princesse, trop supérieure à son milieu d’origine

0993 - Cottard disait beaucoup plus souvent: Je le verrai mercredi chez les Verdurin

0994 - La belle fille à la cigarette - A Saint–Pierre-des-Ifs monta une splendide jeune fille

0995 - On doit être toujours sans nouvelles du violoniste, dit Cottard

0996 - Ah! nous verrons la marquise de Cambremer? dit Cottard

0997 - Oubliant qu’elle tenait à son «coin», Mme Sherbatoff

0998 - Le cocher, bien que tout jeune, était le premier cocher des Verdurin

0999 - De la hauteur où nous étions déjà, la mer n’apparaissait plus, ainsi que de Balbec

1000 - De l’octroi, la voiture s’étant arrêtée pour un instant

1001 - Cottard, docile, avait dit à la Patronne

1002 - Le sculpteur fut très étonné d’apprendre que les Verdurin consentaient à recevoir M. de Charlus

1003 - Le prince d’Agrigente passait pour un «rasta» aux yeux d’un chasseur de cercle

1004 - Un grand éditeur de Paris venu en visite

1005 - J’entends la voiture qui revient

1006 - Ah! oui, les voici, s’écria M. Verdurin avec soulagement

1007 - Bien que d’autres raisons présidassent à cette transformation de M. de Charlus

1008 - Je venais de transmettre à Mme Verdurin le message dont m’avait chargé Morel

1009 - La convenance de vêtements sombres que portait toujours

1010 - Mme Verdurin demanda à l’oreille de son mari

1011 - Peut-être le mieux serait-il d’attendre un peu, de commencer par voir Albertine

1012 - Mon cher — collègue, dit-il à Brichot

1013 - Mme Verdurin vint à moi pour me montrer les fleurs d’Elstir

1014 - Le morceau fini, je me permis de réclamer du Franck

1015 - Saniette, appelé pour faire le mort, déclara qu’il ne savait pas jouer au whist

1016 - Maintenant Mme Cottard dormait tout à fait

1017 - Vous vous moquez de moi, dit en riant elle-même Mme Cottard

1018 - Du sermon que m’avait adressé Brichot

1019 - On distinguait à peine la mer par les fenêtres de droite

1020 - Je tombais de sommeil. Je fus monté en ascenseur

1021 - Peut-être chaque soir acceptons-nous le risque de vivre, en dormant

1022 - L’attelage du sommeil, semblable à celui du soleil

1023 - Du moins, dans ces réveils tels que je viens de les décrire

1024 - Certes on peut prétendre qu’il n’y a qu’un temps

1025 - J’ai toujours dit—et expérimenté—que le plus puissant des hypnotiques est le sommeil

1026 - Les moments d’oubli qui suivent, le lendemain, l’ingestion de certains narcotiques

1027 - Le valet de chambre entrait

1028 - J’aurais bien étonné ma mère, qui ne pouvait comprendre l’assiduité de M. de Charlus chez les Verdurin

1029 - D’ailleurs, s’il avait écrit au valet de pied de Mme de Chevregny

1030 - Car depuis quelque temps Aimé aimait à causer

1031 - Moi qui croyais qu’il saurait aisément que le nouveau dîneur était M. de Charlus

1032 - Aimé n’avait pas même lu cette lettre jusqu’au bout

1033 - Tous les jours, je sortais avec Albertine

1034 - Arrivée au bas de la route de la Corniche, l’auto monta

1035 - Ce que malheureusement j’ignorais à ce moment-là

1036 - Je n’ai jamais entendu jouer Chopin, dit le baron

1037 - Quand Albertine trouvait plus sage de rester à Saint–Jean de la Haise pour peindre

1038 - Je descendais de voiture à Quetteholme

1039 - Bien entendu, la règle que j’avais imposée à Saint–Loup

1040 - Les jours qui suivaient ceux où j’avais reçu

1041 - Ainsi se succédaient quotidiennement ces promenades en automobile

1042 - Pour revenir au mécanicien, il demanda non seulement à Morel

1043 - Ce qui me surprit beaucoup quand on partit en promenade

1044 - Je fus naturellement bien étonné d’apprendre que le cocher

1045 - Bientôt même, l’été finissant, quand on descendait du train à Douville

1046 - Certes il est légitime que l’homme qui rédige des rapports

1047 - Au nombre des habitués de Mme Verdurin, et le plus fidèle de tous

1048 - Pour quitter le terrain religieux, disons que le docteur

1049 - Car M. de Charlus était momentanément devenu, pour Mme Verdurin

1050 - Pour ma part, j’étais d’autant plus heureux que M. de Charlus

1051 - Un grand musicien, membre de l’Institut, haut dignitaire officiel

1052 - Quand M. de Charlus ne parlait pas de son admiration pour la beauté de Morel

1053 - Parfois, à la station qui suivait Saint–Martin-du-Chêne, des jeunes gens

1054 - A l’air mélancolique qu’avait pris, en parlant de la princesse de Cadignan

1055 - Morel me sentant sans méchanceté pour lui, sincèrement attaché à M. de Charlus

1056 - En attendant, et comme s’il eût eu affaire à un homme du monde, M. de Charlus

1057 - Si M. de Charlus, en jetant sur le papier cette lettre, avait paru en proie au démon

1058 - Mais si M. de Charlus s’enchantait à la pensée d’un combat

1059 - Au bout d’un instant on se dispersa et alors M. de Charlus dit à Morel

1060 - Cette réconciliation ne mit fin que pour un temps aux tourments de M. de Charlus

1061 - La station suivante du petit train, Maineville, me rappelle justement un incident relatif à Morel et à M. de Charlus

1062 - Le souvenir relatif à Morel se rapporte à un incident

1063 - Cependant le soir où Morel devait être absent était arrivé

1064 - L’histoire, au reste, ne finit pas mieux pour le prince de Guermantes

1065 - A Grattevast, où habitait sa soeur

1066 - Comme j’étais pour Aimé un client préféré

1067 - La tristesse de la vie de M. de Crécy

1068 - A Hermenonville montait quelquefois M. de Chevrigny

1069 - Dès après le premier dîner que j’avais fait à la Raspelière

1070 - Malgré cette brouille avec la Patronne, les Cambremer

1071 - Pendant ces retours (comme à l’aller), je disais à Albertine de se vêtir

1072 - Si Bloch, tout en me désolant en ne pouvant comprendre la raison

1073 - Brusque revirement vers Albertine - Je n’attendais qu’une occasion pour la rupture définitive

1074 - Deux ou trois fois, pendant un instant, j’eus l’idée que le monde

1075 - Comme la vue est un sens trompeur, un corps humain, même aimé, comme était celui d’Albertine

1076 - Ces mots, j’avais cessé de les entendre un instant pendant qu’Albertine

V - LA PRISONNIERE

1077 - Vie en commun avec Albertine - Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur

1078 - D’autres fois, je restais couché, rêvant aussi longtemps que je le voulais

1079 - Je sonnais Françoise. J’ouvrais le Figaro

1080 - Françoise n’eut pas de mérite à faire respecter mon sommeil par Albertine

1081 - Cependant, j’entendais les pas de mon amie qui sortait de sa chambre

1082 - Albertine, même dans l’ordre des choses bêtes

1083 - Physiquement, elle avait changé aussi

1084 - Je lui demandais où elle comptait aller

1085 - Ce n’est pas certes, je le savais, que j’aimasse Albertine le moins du monde

1086 - Sans me sentir le moins du monde amoureux d’Albertine

1087 - Dans quelque ville que ce fût, elle n’avait pas besoin de chercher, car le mal

1088 - Je l’interrogeais à brûle-pourpoint : « Ah ! à propos, Albertine

1089 - Quant à la raison de ce désir de ne pas sortir, cela m’eût été désagréable de la dire à Albertine

1090 - Je prenais ma part des plaisirs de la journée commençante

1091 - Si je n’étais pas allé accompagner Albertine

1092 - Françoise venait allumer le feu

1093 - D’Albertine, en revanche, je n’avais plus rien à apprendre

1094 - D’ailleurs, la jalousie est de ces maladies intermittentes

1095 - La décroissance du jour me replongeant par le souvenir

1096 - Mais le plus souvent, à cette heure-là, je savais trouver la duchesse chez elle

1097 - Quand j’avais dit à Albertine, à notre arrivée de Balbec

1098 - De toutes les robes ou robes de chambre que portait Mme de Guermantes

1099 - Toute la sève locale qu’il y a dans les vieilles familles aristocratiques

1100 - Une fois que je demandais à Mme de Guermantes qui était un jeune homme exquis

1101 - Malheureusement, je n’avais pas le temps de prolonger indéfiniment ces visites

1102 - Ce qui est extraordinaire, c’est que de cette soirée

1103 - Chose assez particulière, on n’avait jamais entendu le duc de Guermantes se servir de l’expression assez banale : bel et

1104 - Je sentais que cela allait se gâter et je me remis précipitamment à parler robes

1105 - Comme je tâchais, autant que possible, de quitter la duchesse avant qu’Albertine fût revenue

1106 - Quand un fonctionnaire s’est vu infliger de tels reproches par son chef

1107 - Il est certain que Morel, usant du pouvoir que ses charmes lui donnaient sur la jeune fille

1108 - Mon opinion personnelle est que « payer le thé » venait de Morel

1109 - Il viendra peut-être un jour où les couturières

1110 - Rien ne plaisait mieux que l’idée de ce mariage au baron

1111 - D’ailleurs, la jeune fille était délicieuse

1112 - Parmi les raisons qui rendaient M. de Charlus heureux du mariage des deux jeunes gens

1113 - On se souvient peut-être que Morel avait jadis dit au baron que son désir, c’était de séduire une jeune fille

1114 - Ce n’était pas, d’ailleurs, très souvent qu’il m’arrivait de rencontrer M. de Charlus et Morel

1115 - Je dis adieu à Andrée. Dès mon premier coup Albertine vint m’ouvrir

1116 - Les jours où je ne descendais pas chez Mme de Guermantes

1117 - Bientôt on me prévenait qu’elle venait de rentrer

1118 - Tout en écoutant les pas d’Albertine, avec le plaisir

1119 - Dès que la jalousie est découverte, elle est considérée

1120 - Puis arrivait l’heure de partir, elle me quittait. Albertine revenait

1121 - Certes, une femme élégante, Albertine peu à peu en devenait une

1122 - On sait qu’elle avait parlé semblablement de mon influence sur Andrée

1123 - On vous vante la douceur, la pureté d’une vierge

1124 - Sans doute, dans les premiers jours de Balbec, Albertine

1125 - Entre les deux décors, si différents l’un de l’autre, de Balbec

1126 - Étendue de la tête aux pieds sur mon lit

1127 - J’ai passé de charmants soirs à causer, à jouer avec Albertine

1128 - Je mesurais des yeux Albertine étendue à mes pieds

1129 - Moi qui connaissais plusieurs Albertine en une seule

1130 - On comprend, à la rigueur, que les lettres que vous écrit quelqu’un

1131 - Peut-être faut-il que les êtres soient capables de vous faire beaucoup souffrir

1132 - Mais ce plaisir de la voir dormir, et qui était aussi doux que la sentir vivre

1133 - Pas plus que mon déplacement dans le temps, pas plus que le fait de regarder une jeune fille

1134 - Quelquefois j’éteignais la lumière avant qu’elle entrât

1135 - J’avais beau, avant qu’Albertine fût rentrée, avoir douté d’elle

1136 - C’était le tour d’Albertine de me dire bonsoir en m’embrassant de chaque côté du cou

1137 - Avant qu’Albertine m’eût obéi et m’eût laissé enlever ses souliers

1138 - Instants doux, gais, innocents en apparence

1139 - Je ne m’étonnais plus qu’Albertine fût là

1140 - J’avais promis à Albertine que, si je ne sortais pas avec elle

1141 - La vie a pris en effet soudain, à ses yeux, une valeur plus grande

1142 - C’était par de tels temps qu’au début de mon second séjour à Balbec

1143 - On arrive, sous la forme de soupçons, à absorber journellement, à doses énormes

1144 - Pourtant, quand, le lendemain, Bloch m’eut envoyé la photographie de sa cousine Esther

1145 - Ce soir-là, le projet qu’Albertine avait formé

1146 - Souvent je l’avais vue, à Balbec, attacher sur des jeunes filles

1147 - Pour en revenir aux jeunes passantes, jamais Albertine

1148 - Parfois l’écriture où je déchiffrais les mensonges d’Albertine

1149 - Je me mis à suggérer à Albertine d’autres buts de promenade

1150 - Le plus souvent l’amour n’a pas pour objet un corps

1151 - J’ai dit : Comment n’avais-je pas deviné ?

1152 - Sans doute mon amour pour Albertine

1153 - D’ailleurs, Albertine m’effrayait en me disant que j’avais raison

1154 - Si je n’aimais pas Albertine

1155 - Albertine allait ôter ses affaires

1156 - Mais j’étais obligé d’interrompre un instant et de faire des gestes menaçants

1157 - Quand Albertine revint dans ma chambre, elle avait une robe de satin noir

1158 - La souffrance dans l’amour cesse par instants, mais pour reprendre d’une façon différente

1159 - La jalousie est aussi un démon qui ne peut être exorcisé

1160 - Laisser Albertine aller seule dans un grand magasin

1161 - J’étais maintenant libre de faire, aussi souvent que je voulais, des promenades avec Albertine

1162 - Si vous ne voulez pas venir chez les Verdurin

1163 - D’autre part, l’accouplement des éléments contraires est la loi de la vie

1164 - Je crois que vraiment, ce jour-là, j’allais décider notre séparation et partir pour Venise

1165 - Certes, j’avais quelques remords d’être aussi irritant à l’égard d’Albertine

1166 - Ce n’était plus l’apaisement du baiser de ma mère à Combray, que j’éprouvais auprès d’Albertine

1167 - Chaque minute me rapprochait du bonsoir d’Albertine

1168 - Aussi parfois, certains soirs, j’eus recours à une ruse qui me donnait le baiser d’Albertine

1169 - Je pouvais prendre sa tête, la renverser, la poser contre mes lèvres, entourer mon cou de ses bras

1170 - Le lendemain de cette soirée où Albertine m’avait dit

1171 - Certes, la fantaisie, l’esprit de chaque marchand ou marchande

1172 - Françoise m’apporta le Figaro

1173 - Ainsi échangeâmes-nous des paroles menteuses

1174 - De ce que le monde du rêve n’est pas le monde de la veille

1175 - La résurrection ne vient pas tout de suite

1176 - Puis une tristesse m’envahissait

1177 - En plus du plaisir de savoir le goût qu’Albertine avait pour eux

1178 - Une fois Albertine sortie, je sentis quelle fatigue était pour moi cette présence perpétuelle

1179 - J’étais, en tous cas, bien content qu’Andrée accompagnât Albertine au Trocadéro

1180 - Laissant ces pensées, maintenant qu’Albertine était sortie

1181 - De blanchisseuse, un dimanche, il ne fallait pas penser qu’il en vînt

1183 - Hélas ! une fois auprès de moi, la blonde crémière

1182 - Je me mis à lire la lettre de maman

1184 - Sans doute je n’en étais qu’à la première de ces affirmations pour Léa

1185 - Je m’aperçus que la petite laitière était toujours là

1186 - D’ailleurs, qui sait si elle ne connaissait pas Léa et n’irait pas la voir dans sa loge ?

1187 - Je recommandai à Françoise, quand elle aurait fait sortir Albertine

1188 - J’étais prêt, Françoise n’avait pas encore téléphoné

1189 - Les robes même que je lui achetais, le yacht dont je lui avais parlé, les peignoirs de Fortuny, tout cela ayant dans cett

1190 - La musique, bien différente en cela de la société d’Albertine

1191 - Mais malgré la richesse de ces œuvres où la contemplation de la nature

1192 - Je ne sais pourquoi le cours de mes rêveries

1193 - Ce fut malheureusement un des éclats de cette nervosité méchante

1194 - Peu à peu mon agitation se calma, Albertine allait rentrer

1195 - J’avais à peine le temps d’apercevoir, aussi séparé d’elles derrière la vitre

1196 - Comme on fait à la veille d’une mort prématurée, je dressais le compte des plaisirs

1197 - Si ma vie avec Albertine devait m’empêcher d’aller à Venise

1198 - La vie de ces jolies filles

1199 - Plus loin une autre fillette était agenouillée près de sa bicyclette

1200 - Parfois, dans les heures où elle m’était le plus indifférente

1201 - Je dois ajouter qu’Albertine admirait beaucoup chez moi un grand bronze

1202 - Certes, si elle avait les goûts que je lui avais crus

1203 - Pour lui faire paraître sa chaîne plus légère

1204 - Tout être aimé, même dans une certaine mesure, tout être est pour nous comme Janus

1205 - J’appris que ce jour-là avait eu lieu une mort qui me fit beaucoup de peine, celle de Bergotte

1206 - Il y avait des années que Bergotte ne sortait plus de chez lui

1207 - Dans les mois qui précédèrent sa mort, Bergotte souffrait d’insomnies

1208 - Il consulta les médecins qui, flattés d’être appelés par lui, virent dans ses vertus de grand travailleur

1209 - Il se répétait : Petit pan de mur jaune avec un auvent

1210 - J’appris, ai-je dit, ce jour-là que Bergotte était mort

1211 - Le témoignage des sens est lui aussi une opération de l’esprit

1212 - Pour revenir à Albertine, je n’ai jamais connu de femmes douées plus qu’elle d’heureuse aptitude au mensonge

1213 - Après le dîner, je dis à Albertine que j’avais envie de profiter

1214 - Je dis à Albertine, peu en train, m’avait-elle dit, pour m’accompagner chez les Guermantes

1215 - Bien que la conduite qu’il avait eue avec la nièce de Jupien

1216 - J’avais en moi deux produits de ma journée

1217 - La mort de Swann m’avait à l’époque bouleversé. La mort de Swann

1218 - Pour revenir à des réalités plus générales, c’est de cette mort prédite et pourtant imprévue de Swann

1219 - Les grosses plaisanteries de Brichot

1220 - C’est comme ça, Brichot, que vous vous promenez la nuit avec un beau jeune homme

1221 - Il y a longtemps que vous l’avez vu ? demandai-je à M. de Charlus

1222 - Il est possible que le baron fût sincère quand il parlait de Morel comme d’un bon petit camarade

1223 - M. de Charlus n’avait jamais été, dans la vie, qu’un amateur

1224 - Et qu’est devenu, ajouta-t-il en se tournant vers moi, votre jeune ami hébreu

1225 - Quant aux autres jeunes gens, M. de Charlus trouvait qu’à son goût pour eux l’existence de Morel

1226 - M. de Charlus, qui l’avait connu depuis longtemps par Swann

1227 - Au moment où nous allions sonner à la porte de l’hôtel, nous fûmes rattrapés par Saniette

1228 - M. de Charlus était en train de donner son pardessus avec des recommandations d’habitué

1229 - A ce moment M. Verdurin vint à notre rencontre

1230 - Mme Verdurin était furieuse et décidée à « éclairer » Morel sur le rôle ridicule et odieux que lui faisait jouer M. de Ch

1231 - Pour en revenir à M. de Charlus, Mme Verdurin n’eût pas trop souffert s’il n’avait mis à l’index que la comtesse Molé

1232 - M. de Charlus s’éloigna avec Morel

1233 - Ce qui perdit M. de Charlus ce soir-là fut la mauvaise éducation

1234 - M. de Charlus avait, à Balbec, finement critiqué devant moi Mme de Vaugoubert

1235 - Il faut rendre pourtant cette justice à M. de Charlus

1236 - En voyant se ranger sur la petite estrade non pas seulement Morel et un pianiste

1237 - Je regardai la Patronne, dont l’immobilité farouche

1238 - Mais bien vite, le motif triomphant des cloches ayant été chassé

1239 - Cette patrie perdue, les musiciens ne se la rappellent pas

1240 - Comme dans les illisibles carnets où un chimiste de génie

1241 - Ce qu’elle avait permis, grâce à son labeur, qu’on connût de Vinteuil, c’était à vrai dire toute l’œuvre de Vinteuil

1242 - Au reste, le contraste apparent, cette union profonde entre le génie (le talent aussi et même la vertu) et la gaine de vi

1243 - M. de Charlus recommença, au moment où, la musique finie

1244 - Les autres invitées de M. de Charlus s’en allèrent assez rapidement

1245 - Rien qu’en parlant avec cette faconde, M. de Charlus irritait Mme Verdurin

1246 - Cependant Ski s’était assis au piano

1247 - Je dis à M. de Charlus mon regret que M. Brichot se fût dérangé

1248 - Je retire ce que j’ai dit, dit Charlus d’une voix aiguë et maniérée, vous êtes un puits de science

1249 - Lâche comme je l’étais déjà dans mon enfance à Combray

1250 - Déjà, dans l’esprit rusé de Morel, avait germé une combinaison

1251 - Mais nous avons trop anticipé, car tout ceci ne se passa qu’après la soirée Verdurin

1252 - L’ambassadeur disgracié, le chef de bureau mis brusquement à la retraite

1253 - Tandis que M. de Charlus, assommé sur le coup par les paroles que venait de prononcer Morel et l’attitude de la Patronne

1254 - Pour revenir en arrière, à la soirée Verdurin

1255 - Disparition d’Albertine - Voyant l’heure, et craignant qu’Albertine ne s’ennuyât

1256 - Nous étions arrivés devant la porte

1257 - Nos fiançailles avaient pris une allure de procès et donnaient à Albertine

1258 - Comment, c’était la même Albertine d’aujourd’hui

1259 - Albertine ne m’avait jamais dit qu’elle me soupçonnât d’être jaloux d’elle

1260 - Je dois dire que ce qui m’avait paru le plus grave et m’avait le plus frappé comme symptôme

1261 - Je ne savais que dire, ne voulant pas paraître étonné, et écrasé par tant de mensonges

1262 - Cette fois-ci encore, je n’avais pas le temps de garder un trop long silence

1263 - Cette peur qu’Albertine allât peut-être me dire

1264 - En analysant d’après cela, d’après le système invariable de ripostes

1265 - Mon esclavage, encore perçu par moi

1266 - Je me souvins avec horreur d’un soir

1267 - Mais Léa a été, tout le temps de ce voyage, parfaitement convenable avec moi, me dit Albertine

1268 - Ce soir-là je pensai que, parmi les autres causes

1269 - J’avais les larmes aux yeux

1270 - Ma petite Albertine, répondis-je, vous êtes bien gentille

1271 - J’aurais eu tort d’être heureux de la petite comédie

1272 - Venez dans ma chambre dans cinq minutes pour que je puisse vous voir un peu, mon petit chéri

1273 - Laquelle des deux hypothèses était la vraie ?

1274 - Ce matin-là, pendant qu’Albertine dormait et que j’essayais de deviner ce qui était caché en elle

1275 - Albertine ne me dit pas plus, à partir de cette soirée

1276 - Si le but d’Albertine était de me rendre du calme

1277 - Il faudra que nous nous occupions bientôt de vos robes de Fortuny, dis-je un soir à Albertine

1278 - Alors, pour changer le cours de mes pensées, plutôt que de commencer avec Albertine une partie

1279 - Je m’étais si bien rendu compte qu’il serait absurde d’être jaloux de Mlle Vinteuil et de son amie, puisqu’Albertine

1280 - Sans pousser plus loin cette comparaison, je sentais que les rumeurs

1281 - Les phrases de Vinteuil me firent penser à la petite phrase et je dis à Albertine

1282 - Mais je peux au moins croire que Baudelaire n’est pas sincère. Tandis que Dostoïevski

1283 - Ce n’était pas, du reste, que de la musique de lui que me jouait Albertine

1284 - Et peut-être, pourtant, entièrement fidèle je n’eusse pas souffert d’infidélités

1285 - Quelquefois il faisait un si beau clair de lune, qu’une heure après qu’Albertine était couchée

1286 - L’hiver cependant finissait ; la belle saison revint

1287 - Bientôt les nuits raccourcirent davantage

1288 - Dans la journée, Françoise avait laissé échapper devant moi qu’Albertine

1289 - Quand je vis que d’elle-même elle ne m’embrassait pas

1290 - Ce jour-là et le lendemain nous sortîmes ensemble, puisque Albertine ne voulait plus sortir avec Andrée

1291 - Au fond, nous n’avons faim ni l’un ni l’autre, on aurait pu passer chez les Verdurin, me dit Albertine

1292 - Nous revînmes très tard, dans une nuit où, çà et là, au bord du chemin, un pantalon rouge à côté d’un jupon révélaient de

1293 - Quand ainsi le départ d’Albertine n’aurait plus d’inconvénients

VI - ALBERTINE DISPARUE (LA FUGITIVE)

1294 - Le chagrin et l’oubli - Mademoiselle Albertine est partie! Comme la souffrance va plus loin en psychologie

1295 - Le plus pressé était de lire la lettre d’Albertine

1296 - Tout cela ne signifie rien, me dis-je, c’est même meilleur que je ne pensais

1297 - Ce malheur était le plus grand de toute ma vie

1298 - En me promettant à moi-même qu’Albertine serait ici ce soir

1299 - La souffrance, prolongement d’un choc moral imposé, aspire à changer de forme

1300 - L’esprit dans lequel Albertine était partie

1301 - Quant aux moyens de ramener Albertine

1302 - On se souvient que quand je résolus de vivre avec Albertine et même de l’épouser

1303 - Saint-Loup que je savais à Paris avait été mandé par moi

1304 - Tu es sûr, me dit Robert, que je peux offrir comme cela à cette femme

1305 - Quand il put y avoir un télégramme de Saint-Loup

1306 - Bientôt, le silence de Saint-Loup se prolongeant, une anxiété

1307 - Puisque Manon revenait à Des Grieux

1308 - J’écrivis à Albertine

1309 - Sans doute, de même que j’avais dit autrefois à Albertine : Je ne vous aime pas

1310 - Le résultat de cette lettre me paraissant certain, je regrettai de l’avoir envoyée

1311 - Le temps passe, et peu à peu tout ce qu’on disait par mensonge devient vrai

1312 - J’ai dit que l’oubli commençait à faire son œuvre

1313 - En faisant la chambre d’Albertine, Françoise, curieuse

1314 - Du reste si, du matin au soir, je ne cessais de souffrir du départ d’Albertine

1315 - Pourquoi eussé-je cru qu’Albertine n’aimait pas les femmes ?

1316 - Mon ami, merci de toutes les bonnes choses

1317 - La lettre d’Albertine n’avançait en rien les choses

1318 - Et cependant, comme j’aurais menti maintenant si je lui avais écrit

1319 - Je laissai toute fierté vis-à-vis d’Albertine, je lui envoyai un télégramme

1320 - Pour que la mort d’Albertine

1321 - Alors ma vie fut entièrement changée

1322 - Je demandai l’heure à Françoise

1323 - Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l’été

1324 - Bientôt les bruits de la rue allaient commencer

1325 - Sans doute ces nuits si courtes durent peu

1326 - De sorte que ces quelques années n’imposaient pas seulement au souvenir d’Albertine

1327 - Comment m’avait-elle paru morte

1328 - Si j’avais peine à penser qu’Albertine, si vivante en moi

1329 - Les changements de l’atmosphère

1330 - Tout d’un coup c’était un souvenir que je n’avais pas revu depuis bien longtemps

1331 - Parfois je me heurtais dans les rues obscures du sommeil

1332 - Sans doute, puisque j’avais des doutes sur la vie, sur la mort d’Albertine

1333 - Ce qui remplissait mon cœur maintenant était, au lieu de haineux soupçons

1334 - Cette chambre où nous dînions ne m’avait jamais paru jolie

1335 - Un matin je crus voir la forme oblongue d’une colline

1336 - D’ailleurs notre tort n’est pas de priser l’intelligence, la gentillesse d’une femme

1337 - Tous ces instants si doux que rien ne me rendrait jamais

1338 - Et, à vrai dire, je ne l’avais jamais possédé

1339 - Comme elle accourait vite me voir, à Balbec

1340 - Et pourtant ces douloureuses, ces inéluctables vérités

1341 - Du moins j’étais heureux qu’avant de mourir elle m’eût écrit cette lettre

1342 - Pourquoi ne m’avait-elle pas dit : J’ai ces goûts

1343 - Mes curiosités jalouses de ce qu’avait pu faire Albertine

1344 - Si elle avait pu savoir ce qui allait arriver, elle serait restée

1345 - Je n’avais pas encore reçu de nouvelles d’Aimé

1346 - Albertine avait beau n’exister dans ma mémoire

1347 - Monsieur voudra bien me pardonner

1348 - Pour comprendre à quelle profondeur ces mots entraient en moi

1349 - Enfin je voyais devant moi, dans cette arrivée d’Albertine à la douche

1350 - Sans doute c’est parce que dans cette arrivée silencieuse et délibérée d’Albertine

1351 - Je me voyais perdu dans la vie comme sur une plage illimitée où j’étais seul

1352 - Les instants que j’avais vécus auprès de cette Albertine-là

1353 - Maintenant Albertine, lâchée de nouveau, avait repris son vol

1354 - D’autres fois mon chagrin prenait tant de formes

1355 - Il y a, dans certaines affections, des accidents secondaires que le malade

1356 - Si encore ce retrait en moi des différents souvenirs d’Albertine

1357 - D’ailleurs ces reprises de mon amour pour Albertine morte

1358 - D’ailleurs un mot n’avait même pas besoin, comme Chaumont

1359 - Toute la journée, je continuais à causer avec Albertine

1360 - J’essayais parfois de prendre les journaux

1361 - Sans doute, un fait comme celui des Buttes-Chaumont

1362 - Pour la première fois elle me semblait belle

1363 - Du vivant d’Albertine, je n’eusse pas osé demander à Andrée des confidences

1364 - Les romanciers prétendent souvent, dans une introduction, qu’en voyageant dans un pays

1365 - Associées maintenant au souvenir de mon amour, les particularités physiques

1366 - Je ramenais avec moi les filles qui m’eussent le moins plu, je lissais des bandeaux à la vierge

1367 - Mademoiselle de Forcheville - Ce n’était pas que je n’aimasse encore Albertine

1368 - La première de ces étapes commença au début de l’hiver

1369 - D’ailleurs, à Balbec, quand j’avais désiré connaître Albertine la première fois

1370 - Un peu plus loin je vis un groupe de trois jeunes filles un peu plus âgées, peut-être des jeunes femmes

1371 - Dès lors je ne pouvais plus croire à une homonymie

1372 - Un instant avant que Françoise m’apportât la dépêche

1373 - J’ouvris le Figaro. Quel ennui! Justement le premier article

1374 - Je voyais Bloch, M. de Guermantes, Legrandin, tirer

1375 - Après le déjeuner, quand j’allai chez Mme de Guermantes, ce fut moins pour Mlle d’Éporcheville

1376 - En entrant dans le salon, je vis la jeune fille blonde que j’avais crue

1377 - À toutes les raisons, tirées de la façon Guermantes de comprendre la vie mondaine

1378 - Cependant, quand Swann fut mort, il arriva que la décision de ne pas recevoir sa fille

1379 - Quant à Gilberte, toutes les personnes qui l’aimaient et avaient un peu d’amour-propre pour elle

1380 - Un mois après, la petite Swann, qui ne s’appelait pas encore Forcheville

1381 - Quant à Gilberte, elle fut d’autant plus heureuse de voir tomber la conversation

1382 - Justement je venais de remarquer dans le salon deux dessins d’Elstir

1383 - On apporta des cartes qu’un valet de pied venait de déposer

1384 - Sans doute, Gilberte n’allait pas toujours aussi loin

1385 - Malgré cela, dans son snobisme il y avait de l’intelligente curiosité de Swann

1386 - Elle aimait aussi parler du prince d’Agrigente et de M. de Bréauté

1387 - Quand M. de Guermantes eut terminé la lecture de mon article

1388 - Quant à Mlle de Forcheville

1389 - Et ce n’est pas seulement à l’égard de Swann que Gilberte

1390 - Par une autre réaction (bien que ce fût la distraction – le désir de Mlle d’Éporcheville

1391 - Peut-être alors la fatigue et la tristesse que je ressentais

1392 - Une autre personne chez qui l’œuvre de l’oubli en ce qui concernait Albertine

1393 - Le souvenir d’Albertine était devenu chez moi si fragmentaire

1394 - Comme certains bonheurs, il y a certains malheurs qui viennent trop tard

1395 - Il n’y a pas une idée qui ne porte en elle sa réfutation possible

1396 - Quand Andrée fut partie, l’heure du dîner était arrivée

1397 - Sans être précisément de ceux-là j’allais peut-être, maintenant qu’Albertine était morte

1398 - Séjour à Venise - Ma mère m’avait emmené passer quelques semaines à Venise

1399 - Et pour aller chercher maman qui avait quitté la fenêtre

1400 - Le soleil était encore haut dans le ciel quand j’allais retrouver ma mère

1401 - Alors M. de Villeparisis

1402 - Le prince, pour mettre le marquis à l’aise

1403 - Pourtant M. de Norpois avait à sa dévotion un très ancien journal français

1404 - Parfois, au crépuscule, en rentrant à l’hôtel je sentais que l’Albertine d’autrefois, invisible

1405 - J’aurais été incapable de ressusciter Albertine

1406 - Mais alors je songeai: je tenais à Albertine plus qu’à moi-même

1407 - Le lendemain je partais à la recherche de ma belle place nocturne

1408 - La veille de notre départ, nous voulûmes pousser jusqu’à Padoue où se trouvaient ces Vices et ces Vertus

1409 - Quand j’appris, le jour même où nous allions rentrer à Paris, que Mme Putbus, et par conséquent sa femme de chambre

1410 - Nouvel aspect de Robert de Saint-Loup - Oh! c’est inouï, me dit ma mère

1411 - Le train entrait en gare de Paris

1412 - Ce que je devais apprendre par la suite

1413 - D’autres amies de ma mère, qui avaient vu Saint-Loup

1414 - Les gens du monde qui n’avaient fait aucune attention à Gilberte

1415 - Ces deux mariages dont nous parlions déjà avec ma mère

1416 - La personne qui profita le moins de ces deux unions fut la jeune Mademoiselle d’Oloron

1417 - Je compris qu’une séparation avait failli se produire entre Robert et sa femme

1418 - Ce n’était pas seulement la méchanceté, la rancune de l’ancien pauvre contre le maître

1419 - Je n’aurais d’ailleurs pas à m’arrêter sur ce séjour que je fis du côté de Combray

1420 - Ce qu’il y avait eu de réel sous l’apparence d’alors

VII - LE TEMPS RETROUVE

1421 - Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville

1422 - Une fois que j'avais quitté Gilberte assez tôt

1423 - Françoise qui avait déjà vu tout ce que M. de Charlus avait fait pour Jupien

1424 - Saint-Loup insistait pour que je restasse à Tansonville

1425 - Il est possible que Morel, étant excessivement noir, fut nécessaire à Saint-Loup

1426 - Un autre jour je revins à la charge et demandai encore à Gilberte si Albertine aimait les femmes

1427 - J'étais triste ce dernier soir en remontant dans ma chambre

1428 - Avant-hier tombe ici, pour m'emmener dîner chez lui, Verdurin

1429 - Vous ne pouvez pas comprendre cela, vous autres Occidentaux

1430 - Là-dessus, l'été suivant, ils revenaient, logeant toute une colonie d'artistes

1431 - Je m'arrêtai là, car je partais le lendemain

1432 - Je résolus de laisser provisoirement de côté les objections

1433 - Tout à l'autre extrémité de l'expérience

1434 - Dans l'éveil de l'amour, de la beauté, chez l'artiste

1435 - Ces idées tendant, les unes à diminuer, les autres à accroître mon regret de ne pas avoir de dons pour la littérature

1436 - M. de Charlus pendant la guerre - Un des premiers soirs dès mon nouveau retour à Paris en 1916

1437 - Le Louvre, tous les musées étaient fermés

1438 - M. Bontemps ne voulait pas entendre parler de paix avant que l'Allemagne eût été réduite

1439 - Je dois du reste dire que la connaissance du mari d'Andrée

1440 - D'ailleurs les Verdurin, par le progrès fatal de l'esthétisme qui finit par se manger la queue

1441 - Les choses étaient tellement les mêmes, tout en paraissant différentes

1442 - Tous ces téléphonages de Mme Verdurin

1443 - Avant l'heure où les thés d'après-midi finissaient

1444 - Je songeais que je n'avais revu depuis bien longtemps

1445 - Elle ne dormait plus, ne mangeait plus, se faisait lire les communiqués

1446 - Quand Saint-Loup était entré dans ma chambre

1447 - Je crus comprendre que Robert avait trouvé aux armées des ressources

1448 - Je demandai à Saint-Loup si cette guerre avait confirmé ce que nous disions des guerres passées

1449 - Il faut dire pourtant que si la guerre n'avait pas modifié le caractère de Saint-Loup

1450 - Tout en me rappelant la visite de Saint-Loup j'avais marché

1451 - Morel qui était au bureau de la presse

1452 - Mais si M. de Charlus et Mme Verdurin ne se fréquentaient plus

1453 - Quant au changement qui avait affecté les plaisirs de M. de Charlus

1454 - Mais les coups qu'elles échangeaient étaient réglés par cette boxe

1455 - M. de Charlus allait plus loin que ne pas souhaiter passionnément la victoire de la France

1456 - Mais enfin, je ne peux que supposer ce que j'aurais fait si je n'avais pas été acteur

1457 - La guerre se prolongeait indéfiniment

1458 - C'est du reste une étrange chose ajouta M. de Charlus

1459 - M. de Charlus qui pouvait être si agréable devenait odieux

1460 - Que cette parenthèse sur Mme de Forcheville m'autorise

1461 - Après le raid de l'avant-veille, où le ciel avait été plus mouvementé que la terre

1462 - La nuit était aussi belle qu'en 1914, comme Paris était aussi menacé

1463 - Malheureusement, dès le lendemain, disons-le tout de suite, M. de Charlus

1464 - Mais il faut revenir en arrière. Je descends les boulevards à côté de M. de Charlus

1465 - Il faisait une nuit transparente et sans un souffle

1466 - Quelque chose pourtant me frappa qui n'était pas sa figure

1467 - Le baron en voulait même légèrement à Jupien

1468 - Je descendis et rentrai dans la petite antichambre où Maurice

1469 - Le patron, pour en revenir à la scène de l'hôtel

1470 - La mauvaise impression du baron fut d'ailleurs accrue

1471 - Comme il est simple, jamais on ne dirait un prince

1472 - Il paraît qu’il a un million à manger par jour

1473 - Dans une même salle de la maison de Jupien beaucoup d'hommes

1474 - Dès le début de l'alerte, j'avais quitté la maison de Jupien

1475 - Certains des habitués plus que de retrouver leur liberté morale

1476 - Tout en me rapprochant de ma demeure

1477 - Or, les aberrations sont comme des amours où la tare maladive

1478 - Enfin la berloque sonna comme j'arrivais à la maison

1479 - Mon départ de Paris se trouva retardé par une nouvelle qui par le chagrin

1480 - Robert m'avait souvent dit avec tristesse, bien avant la guerre

1481 - Il avait dû être bien beau en ces dernières heures

1482 - Saint-Loup causa, sinon par sa mort

1483 - Matinée chez la princesse de Guermantes - La nouvelle maison de santé dans laquelle je me retirai

1484 - Ma longue absence de Paris n'avait pas empêché d'anciens amis

1485 - Maman allant justement à un petit thé chez Mme Sazerat

1486 - La duchesse de Létourville, qui n'allait pas à la matinée de la princesse de Guermantes

1487 - M. de Charlus demanda à s'asseoir sur un fauteuil pour se reposer pendant que Jupien

1488 - On m'a raconté qu'à cette époque-là

1489 - Je descendis de nouveau de voiture un peu avant d'arriver chez la princesse de Guermantes

1490 - Quant aux "joies de l'intelligence", pouvais-je ainsi appeler ces froides constatations

1491 - En roulant les tristes pensées que je disais il y a un instant j'étais entré dans la cour de l'hôtel de Guermantes

1492 - Et peut-être, si tout à l'heure je trouvais que Bergotte

1493 - Rien qu'un moment du passé? Beaucoup plus, peut-être

1494 - De sorte que ce que l'être par trois et quatre fois ressuscité en moi venait de goûter

1495 - Le livre intérieur de ces signes inconnus

1496 - Ainsi j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'œuvre d'art

1497 - Oui, en ce sens-là, en ce sens-là seulement

1498 - Bien plus, une chose que nous vîmes à une certaine époque

1499 - L'idée d'un art populaire comme d'un art patriotique

1500 - Une image offerte par la vie, nous apporte en réalité à ce moment-là des sensations multiples

1501 - Or si quand il s'agit du langage inexact de l'amour propre

1502 - Même dans les joies artistiques qu'on recherche

1503 - Comment la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque

1504 - Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière

1505 - Il me fallait donc rendre leurs sens aux moindres signes qui m'entouraient (Guermantes, Albertine, Gilberte, Saint-Loup,

1506 - Quant aux vérités que l'intelligence - même des plus hauts esprits

1507 - Il n'est pas certain que pour créer une œuvre littéraire, l'imagination et la sensibilité

1508 - D'ailleurs, même quand elle ne fournit pas en nous la découvrant, la matière de notre œuvre

1509 - De ma vie passée, je compris encore que les moindres épisodes

1510 - Si je m'étais toujours tant intéressé aux rêves que l'on a pendant le sommeil

1511 - Je m'étais rendu compte que seule la perception grossière et erronée place tout dans l'objet

1512 - L'intelligence n'a point de peine alors à baser sur cette différence une théorie

1513 - Le prince d'Agrigente avait-il fini par épouser Mlle X.?

1514 - La jalousie est un bon recruteur qui, quand il y a un creux dans notre tableau, va nous chercher dans la rue la belle fil

1515 - A ce moment le maître d'hôtel vint me dire que le premier morceau étant terminé

1516 - Si M. d'Argencourt venait faire cet extraordinaire numéro

1517 - En d'autres êtres d'ailleurs, ces changements, ces véritables aliénations

1518 - Par tous ces côtés, une matinée comme celle où je me trouvais

1519 - Une jeune femme que j'avais connue autrefois, maintenant blanche et tassée en petite vieille maléfique

1520 - Presque aussitôt après quelqu'un parla de Bloch

1521 - En entendant la duchesse de Guermantes dire : Comment, si j'ai connu le maréchal?

1522 - Chez certains êtres le remplacement successif

1523 - Une jeune femme me dit: "Voulez-vous que nous allions dîner

1524 - Or, à tous ces idées, la cruelle découverte que je venais de faire relativement au Temps

1525 - Si certaines femmes avouaient leur vieillesse en se fardant

1526 - Chez d'autres invités dont le visage était intact, l'âge se marquait autrement

1527 - Et pourtant en complet contraste avec ceux-ci

1528 - A un visage, linéairement le même, il suffisait pour qu'il semblât autre

1529 - Il y avait des hommes que je savais parents d'autres

1530 - Les femmes tâchaient à rester en contact

1531 - Tous ces gens avaient mis tant de temps à revêtir leur déguisement

1532 - Chose curieuse, le phénomène de la vieillesse

1533 - Sans doute certaines femmes étaient encore très reconnaissables

1534 - Une grosse dame me dit un bonjour

1535 - D'ailleurs même chez les hommes qui n'avaient subi qu'un léger changement

1536 - On part de l'idée que les gens sont restés les mêmes et on les trouve vieux

1537 - L'aspect de Mme de Forcheville était si miraculeux

1538 - Bloch m'ayant demandé de le présenter au maître de maison

1539 - Certes, même ce changement extérieur dans les figures

1540 - Les personnes qui n'auraient pas dû, selon l'ancien code social

1541 - Dès que j'eus fini de parler au Prince de Guermantes, Bloch

1542 - L'amie de Bloch et de la duchesse de Guermantes

1543 - Des changements produits dans la société

1544 - La bonté, simple maturation qui a fini par sucrer des natures plus primitivement acides

1545 - Plus d'une des personnes que cette matinée réunissait

1546 - Et combien de fois ces personnes étaient revenues devant moi

1547 - Ce n'était pas que l'aspect de ces personnes

1548 - Une chose me frappa plus encore chez tous ces êtres

1549 - Sans doute la vie, en mettant à plusieurs reprises ces personnes sur mon chemin

1550 - Que devient la marquise d'Arpajon? demanda Mme de Cambremer

1551 - Mais si elle n'est pas morte

1552 - Une dame sortit, car elle avait d'autres matinées

1553 - Je m'étais assis à côté de Gilberte de Saint-Loup

1554 - Dans toute cette conversation, Gilberte m'avait parlé de Robert

1555 - Ainsi peut-être la vue d'Andrée rappelait à Gilberte le roman de jeunesse

1556 - Mais comment venez-vous dans des matinées si nombreuses?

1557 - La duchesse hésitait encore par peur d'une scène de M. de Guermantes

1558 - Il faut ajouter qu'une vive antipathie qu'avait depuis peu pour Gilberte la versatile duchesse

1559 - Or, pendant ce temps, avait lieu à l'autre bout de Paris un spectacle bien différent

1560 - La conversation que nous tenions Gilberte et moi fut interrompue par la voix de Rachel

1561 - C'était bien beau, dit-il à Rachel

1562 - Mais un des amis de Bloch étant arrivé en retard

1563 - Je me rendais compte que le temps qui passe n'amène pas forcément le progrès dans les arts

1564 - Il ne faut pas s'étonner que l'ancienne maîtresse de Saint-Loup débinât la Berma

1565 - On peut dire ce qu'on veut, c'est admirable, cela a de la ligne, du caractère

1566 - Je dis à Mme de Guermantes que j'avais rencontré M. de Charlus

1567 - Le passé s'était tellement transformé dans l'esprit de la duchesse

1568 - Si les jugements que la duchesse porta ensuite sur Rachel

1569 - A ce moment se produisit un incident inattendu. Un valet de pied vint dire à Rachel que la fille de la Berma

1570 - La vie de la duchesse ne laissait pas d'ailleurs d'être très malheureuse

1571 - Le vieux duc ne sortait plus, car il passait ses journées et ses soirées chez Odette

1572 - Ainsi, dans le faubourg St-Germain, ces positions en apparence imprenables du duc et de la duchesse de Guermantes

1573 - M. de Guermantes ne gardait ses foudres que pour la duchesse sur les libres fréquentations

1574 - Est-ce que vous ne croyez pas, dis-je à la duchesse

1575 - L'étonnement que me causèrent les paroles de Gilberte et le plaisir

1576 - Nous ne pourrions pas raconter nos rapports avec un être

1577 - Je vis Gilberte s'avancer. Moi, pour qui le mariage de Saint-Loup

1578 - Enfin cette idée de temps, avait un dernier prix pour moi, elle était un aiguillon

1579 - A force de coller les uns aux autres ces papiers que Françoise appelait mes paperoles

1580 - Une condition de mon œuvre telle que je l'avais conçue tout à l'heure dans la bibliothèque

1581 - Je n'avais plus mon indifférence des retours de Rivebelle

1582 - Si l'idée de la mort dans ce temps-là m'avait, ainsi, assombri l'amour

1583 - L'accident cérébral n'était même pas nécessaire. Des symptômes

1584 - Cette idée de la mort s'installa définitivement en moi comme fait un amour

1585 - Moi, c'était autre chose que les adieux d'un mourant à sa femme, que j'avais à écrire

1586 - En tous cas, si j'avais encore la force d'accomplir mon oeuvre

1587 - Je me disais aussi: Non seulement est-il encore temps

1588 - La date à laquelle j'entendais le bruit de la sonnette du jardin de Combray