0495 - Avant de me coucher, je voulus sortir de ma chambre pour explorer tout mon féerique 0496 - Ce qu’on aurait fait le jour, il arrive en effet, le sommeil venant 0497 - Quand j’avais fini de dormir, attiré par le ciel ensoleillé 0498 - Mais un peu plus tard j’allai souvent voir le régiment faire du service en campagne 0499 - Les jours où il y avait repos et où Saint–Loup ne pouvait cependant pas sortir 0500 - Au sortir du quartier je faisais un tour 0501 - A sept heures je m’habillais et je ressortais pour aller dîner avec Saint–Loup 0502 - Le vent grandissait. Il était tout hérissé et grenu d’une approche de neige 0503 - Et pourtant j’étais touché de voir combien Saint–Loup se montrait autre à mon égard 0504 - Le troisième soir, un de ses amis auquel je n’avais pas eu l’occasion de parler 0505 - Je me plaisais surtout à causer avec ce jeune homme 0506 - Autant par politesse pour ses amis à qui les professions de foi dreyfusardes 0507 - Ces théories de Saint–Loup me rendaient heureux 0508 - Je ne suis pas fâché de ton approbation 0509 - Je me sentais séparé—non seulement de la grande nuit glacée 0510 - Je suis jaloux, je suis furieux, me dit Saint–Loup 0511 - Je n’arrivais pas tous les soirs au restaurant de Saint–Loup 0512 - J’appris qu’une querelle avait éclaté entre lui et sa maîtresse 0513 - On a dit que le silence était une force 0514 - Toute sa crainte était que je ne jugeasse mal sa maîtresse 0515 - En effet, au moment où on croyait que l’amie de Robert 0516 - Si le prince de Borodino ne voulait pas faire d’avances à Saint–Loup ni aux autres membres 0517 - Sans doute, fils ou petit-fils d’empereur, et qui n’avait plus qu’à commander un escadron 0518 - Un matin, Saint–Loup m’avoua 0519 - Ce jour-là, hélas, à Doncières, le miracle n’eut pas lieu 0520 - En arrivant auprès de Robert et de ses amis 0521 - Le lendemain matin, je me mis en retard 0522 - Je demandai à ces soldats que ma présence ne troublait pas 0523 - A ma demande d’aller voir les Elstirs de Mme de Guermantes 0524 - Cependant l’hiver finissait 0525 - Hélas! si pour moi rencontrer toute autre personne qu’elle 0526 - Saint–Loup vint à Paris pour quelques heures seulement 0527 - Le temps était redevenu froid. «Sortir? pourquoi? 0528 - Si, au moins, j’avais pu commencer à écrire 0529 - Saint–Loup, devant venir à Paris, m’avait promis de me mener 0530 - Ayant quitté Paris où, malgré le printemps commençant 0531 - Jamais Robert ne me parla plus tendrement de son amie 0532 - Tout à coup, Saint–Loup apparut accompagné de sa maîtresse 0533 - J’aurais aimé que nous puissions, toi et moi, attendre ensemble 0534 - En réalité, ces déjeuners «choses si gentilles» se passaient toujours fort mal 0535 - Elle parut vouloir obéir à Robert 0536 - Je cessai de prendre part à la conversation quand on parla théâtre 0537 - A ce moment on vint dire à Aimé qu’un monsieur 0538 - Bientôt on vint lui dire que Robert la faisait demander dans un cabinet particulier 0539 - Robert était seulement fâché que je ne voulusse pas briller 0540 - Un numéro du programme me fut extrêmement pénible. Une jeune femme 0541 - Mais le commencement de cette représentation m’intéressa 0542 - Quand, le rideau tombé, nous passâmes sur le plateau 0543 - Les décors encore plantés entre lesquels je passais 0544 - Robert avait cent fois raison. Mais les circonstances sont toujours si embrouillées 0545 - A ce moment, je vis Saint–Loup lever son bras 0546 - J’avais compris le matin, devant les poiriers en fleurs, l’illusion sur laquelle reposait son amour 0547 - Ces incidents, et sans doute celui auquel il pensait le plus 0548 - Puis le talent n’est pas un appendice postiche qu’on ajoute artificiellement 0549 - Sans doute, au même moment où Mme Leroi 0550 - A cette première visite qu’en quittant Saint–Loup j’allai faire à Mme de Villeparisis 0551 - Mon Dieu, les ministres, mon cher monsieu 0552 - Certes si le matin Mme de Villeparisis avait compulsé 0553 - Au bout d’un instant entra d’un pas lent et solennel une vieille dame 0554 - Monsieur, j’crois que vous voulez écrire quelque chose
0555 - Le visiteur importun entra, marchant droit vers Mme de Villeparisis 0556 - Tenez, monsieur, si vous aimez la peinture, regardez le portrait 0557 - Mme de Guermantes s’était assise 0558 - L’excellent écrivain G—— entra 0559 - Si, dans le salon de Mme de Villeparisis, tout autant que dans l’église de Combray 0560 - Je croyais trouver Basin ici, il comptait venir vous voir 0561 - Je n’avais pas songé que Bergotte pût être considéré comme spirituel 0562 - Le comte d’Argencourt, chargé d’affaires de Belgique 0563 - Chacun s’était rapproché de Mme de Villeparisis pour la voir peindre 0564 - Elle n’avait avec ses parents princiers, pas plus qu’avec M. de Norpois 0565 - J’aime beaucoup de Saint–Loup-en-Bray, dit Bloch 0566 - Dis-moi, reprit Bloch en me parlant tout bas, quelle fortune peut avoir Saint–Loup? 0567 - Le maître d’hôtel n’avait pas dû exécuter d’une façon complète la commission 0568 - Avez-vous quelque chose sur le chantier? 0569 - Avant que M. de Norpois, contraint et forcé, n’emmenât Bloch 0570 - Vous savez de qui nous parlons, Basin? dit la duchesse à son mari 0571 - Pourtant, voyez Swann, objecta M. d’Argencourt 0572 - Il savait que la verve de sa femme avait besoin d’être stimulée par la contradiction 0573 - Bloch était flatté de surnager seul dans le naufrage universel 0574 - Le duc se parait de sa femme mais ne l’aimait pas 0575 - Cependant, ayant entendu le nom de Bloch 0576 - Bloch cherchait à pousser M. de Norpois sur le colonel Picquart 0577 - Peut-être la raison pour laquelle M. de Norpois parlait ainsi à Bloch 0578 - Bloch ne put arriver à le faire parler de la question de la culpabilité de Dreyfus 0579 - Vous, monsieur, dit Bloch, en se tournant vers M. d’Argencourt 0580 - La duchesse s’arrêta net, car une dame entrait qui était la vicomtesse de Marsantes 0581 - Écoute, dit Mme de Villeparisis à la duchesse de Guermantes 0582 - Tiens, quand on parle du Saint–Loup ... dit Mme de Guermantes 0583 - Le nom du prince gardait, dans la franchise 0584 - Mais le prince de Faffenheim n’était pas un naïf 0585 - L’hiver suivant, le prince fut très malade 0586 - La présence de Mme Swann avait pour moi un intérêt particulier 0587 - M. de Charlus fut bientôt assis à côté de Mme Swann 0588 - Je regardais M. de Charlus 0589 - J’ai raconté bien auparavant ma stupéfaction qu’un ami de mon père 0590 - Mme de Marsantes, qui faisait la dame d’honneur de la marquise 0591 - Que tu as été gentil, lui dis-je, comment te remercier? 0592 - Brusquement il s’arracha d’auprès de sa mère 0593 - Je sentais bien que ma présence ne pouvait faire aucun plaisir 0594 - Dans l’escalier, j’entendis derrière moi une voix 0595 - Revenons à vous, me dit M. de Charlus, et à mes projets sur vous 0596 - La duchesse de Guermantes semble très intelligente 0597 - Pour ma part, à peine rentré à la maison 0598 - Je remontai et trouvai ma grand’mère plus souffrante 0599 - Malgré cette compétence plus particulière en matière cérébrale et nerveuse 0600 - Comme une grande partie de ce que savent les médecins 0601 - Quand, après avoir reconduit le docteur du Boulbon 0602 - Je fus frappé comme elle était congestionnée 0603 - Enfin ma grand’mère sortit
0604 - MALADIE DE MA GRAND’MÈRE 0605 - Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine 0606 - Je mis ma grand’mère dans l’ascenseur du professeur E 0607 - Le soleil déclinait; il enflammait un interminable mur 0608 - Quand, grâce aux soins parfaits de Françoise, ma grand’mère 0609 - A cause des souffrances de ma grand’mère on lui permit la morphine 0610 - La maladie de ma grand’mère donna lieu à diverses personnes 0611 - Les visites qu’il nous faisait maintenant 0613 - Nous fûmes heureusement très vite débarrassés de la fille de Françoise 0612 - Nous eûmes—discrète attention de femme 0614 - Il y eut un moment où les troubles de l’urémie se portèrent sur les yeux 0615 - A Balbec, un jour où on avait sauvé malgré elle une veuve qui s’était jetée à l’eau 0616 - Selon notre médecin c’était un symptôme que la congestion du cerveau augmentait 0617 - Quelques jours plus tard, comme je dormais, ma mère vint m’appeler au milieu de la nuit 0618 - Je viens, mon cher monsieur, d’apprendre ces nouvelles macabres 0619 - Un beau-frère de ma grand’mère, qui était religieux 0620 - A ce moment, mon père se précipita, je crus qu’il y avait du mieux ou du pire 0621 - Pour revenir maintenant à ces heures de l’agonie 0622 - CHAPITRE DEUXIÈME - Bien que ce fût simplement un dimanche d’automne, je venais de renaître 0623 - C’est de mon lit que je regardais aujourd’hui ces souvenirs 0624 - Pour revenir en arrière, j’avais été d’autant plus troublé par la lettre de Robert 0626 - Contrairement à l’ordre habituel de ses villégiatures, cette année elle venait directement de Balbec 0625 - Albertine, cette fois, rentrait à Paris plus tôt que de coutume 0627 - Or, ce plaisir, qui en accomplissant mon désir m’eût délivré de cette rêverie 0628 - La nubilité plus accentuée s’était marquée quand Albertine, parlant d’une jeune fille 0629 - Sans doute il arrive que des femmes peu cultivées, épousant un homme fort lettré 0630 - Comme elle finissait cette phrase la porte s’ouvrit, et Françoise portant une lampe entra 0632 - Quand Françoise fut sortie de la chambre et Albertine rassise sur mon lit 0631 - Mais surtout, comme les écrivains arrivent souvent à une puissance de concentration 0633 - D’autre part Albertine tenait, liées autour d’elle, toutes les impressions d’une série maritime 0634 - J’aurais bien voulu, avant de l’embrasser, pouvoir la remplir à nouveau du mystère qu’elle avait pour moi sur la plage 0635 - Les dernières applications de la photographie 0636 - Était-ce parce que nous jouions (figurée par la révolution d’un solide) la scène inverse de celle de Balbec 0637 - Elle me parla de moi, de ma famille, de mon milieu social 0638 - Du reste les notions sociales d’Albertine étaient d’une sottise extrême 0639 - Je n’osai lui dire que je voulais tout subordonner à la possibilité de voir Mme de Stermaria 0640 - Albertine m’avait tant retardé que la comédie venait de finir 0641 - Et puis ç‘avait été fini 0642 - Quoi qu’il en fût, bien que n’ayant plus à chercher une boutique pour Jupien
0643 - Au moment où elle traversait le salon où j’étais assis
0644 - Désertée dans les milieux mondains intermédiaires
0645 - Cependant je dois dire qu’une surprise d’un genre opposé allait suivre
0646 - Quel cachottier que ce Mémé, s’écria-t-elle
0647 - Je terminerai ceci en disant qu’à un certain point de vue il y avait chez Mme de Guermantes
0648 - Les jours qui précédèrent mon dîner avec Mme de Stermaria
0649 - Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria
0650 - Sans doute déjà, bien avant d’avoir reçu la lettre de Saint–Loup
0651 - Mais dans cette île, où même l’été il y avait souvent du brouillard
0652 - Je pouvais même espérer d’écouter avec la jeune femme quelque clapotis de vagues
0653 - Il est certain qu’elle avait représenté tout autre chose pour moi, à Balbec
0654 - Certes, mes désirs de Balbec avaient si bien mûri le corps d’Albertine
0655 - Albertine me parlait peu, car elle sentait que j’étais préoccupé
0656 - Le lendemain, il fit froid et beau: on sentait l’hiver
0657 - Aussi n’était-ce plus tout à fait Mme de Stermaria que j’aurais désiré voir
0658 - Ce qui ajoutait à mon désespoir de ne pas voir Mme de Stermaria
0659 - Combien y en a-t-il dans nos souvenirs, combien plus dans notre oubli, de ces visages de jeunes filles
0660 - J’ai dit (et précisément c’était, à Balbec, Robert de Saint–Loup
0661 - J’étais bien éloigné certes de vouloir demander à Saint–Loup
0662 - Si en descendant l’escalier je revivais les soirs de Doncières
0663 - Le malheur voulut pour moi que, Saint–Loup étant resté quelques minutes à s’adresser au cocher
0664 - L’un racontait que sa voiture, se croyant arrivée au pont de la Concorde
0665 - A propos du prince de Foix il convient de dire, puisque l’occasion s’en présente
0666 - Mais le prince de Foix, riche lui-même, appartenait non seulement à cette coterie élégante
0667 - En effet, il avait l’habitude de comparer toujours ce qu’il entendait
0668 - J’avais été obligé de déranger ma table
0669 - Cependant je regardais Robert et je songeais à ceci
0670 - Après être parti un instant pour veiller lui-même à la fermeture de la porte
0671 - Dis-moi pendant que j’y pense, me dit Robert, mon oncle Charlus
0672 - Il me parla d’amitié, de prédilection, de regret, bien que, comme tous les voyageurs
0673 - Ce que la familiarité d’un Guermantes—au lieu de la distinction qu’elle avait chez Robert
0674 - La duchesse ne m’ayant pas parlé de son mari
0675 - Et le duc était si mauvais mari, si brutal même
0676 - Cet éloignement imaginaire du passé est peut-être une des raisons
0677 - En quittant le vestibule, j’avais dit à M. de Guermantes
0678 - Seulement une fois en tête à tête avec les Elstir
0679 - Les gens qui détestaient ces «horreurs» s’étonnaient qu’Elstir admirât Chardin
0680 - Je fus émus de retrouver dans deux tableaux (plus réalistes, ceux-là
0681 - Pendant que je regardais les peintures d’Elstir
0682 - Le ministre espagnol (non sans que je rencontrasse, en route, le valet de pied
0683 - Tout d’abord, d’ailleurs, se produisit un double petit imbroglio
0684 - Si M. de Guermantes avait mis tant de hâte à me présenter
0685 - Son amabilité tenait à deux causes
0686 - Aussi, même dans les moments où elle ne pouvait pas faire de bien
0687 - Déjà, en effet, le duc, qui semblait pressé d’achever les présentations, m’avait entraîné vers une autre des filles fleur
0688 - C’est une très bonne femme, me dit M. de Guermantes de la princesse de Parme
0689 - Il faut ajouter qu’un des invités manquait, M. de Grouchy, dont la femme, née Guermantes
0690 - C’est timide et non majestueusement souverain qu’avait été ce signe du duc
0691 - Quand il voulait faire plaisir à quelqu’un, M. de Guermantes
0692 - L’autre raison de l’amabilité que me montra la princesse de Parme
0693 - Les Guermantes—du moins ceux qui étaient dignes du nom
0694 - Les Guermantes n’étaient pas moins spéciaux au point de vue intellectuel qu’au point de vue physique
0695 - Le même génie de la famille présentait à Mme de Guermantes
0696 - Un seul point sur lequel Guermantes et Courvoisier se rencontraient était dans l’art
0697 - Il est vrai que certaines Guermantes vous écrivaient dès les premières fois mon cher ami
0698 - Pour en revenir à l’antipathie qui animait les Courvoisier contre la duchesse de Guermantes
0699 - On peut imaginer combien cette «sortie» de Mlle de Guermantes sur Tolstoï
0700 - Aussi les faux hommes de lettres, ces demi-intellectuels que recevait Mme d’Argencourt
0701 - Authentique ou non, l’apostrophe de Mlle de Guermantes au grand-duc
0702 - Or, pour en revenir à Mme des Laumes
0703 - Beaucoup des amies de la princesse de Parme et avec qui la duchesse de Guermantes
0704 - Les jours habituels (après le dîner où elle avait toujours de très bonne heure
0705 - Une fois l’impétrante relevée et embrassée par la princesse
0706 - Chez certains (il faut d’ailleurs reconnaître que c’était l’exception)
0707 - Mais ce cas était le plus rare. Le type des hommes distingués qui formaient le fond du salon Guermantes
0708 - Encore faut-il reconnaître que la délicatesse de vie sociale, la finesse des conversations chez les Guermantes
0709 - Quant aux Guermantes selon la chair, selon le sang, si l’esprit des Guermantes
0710 - La princesse d’Épinay, qui aimait sa cousine
0711 - Comment, Oriane était ici?
0713 - Quand une femme intelligente, instruite, spirituelle, avait épousé un timide butor
0712 - Les Courvoisier n’étaient pas davantage capables de s’élever jusqu’à l’esprit d’innovation
0714 - Quant aux actions mondaines, c’était encore un autre plaisir arbitrairement théâtral
0715 - Le lecteur de bon sens garde encore une lueur de fidélité au sage ministre
0716 - Il faut d’ailleurs reconnaître que cette subtilité des hommes politiques
0717 - M. de Guermantes, à cette époque de sa vie, avait, au grand scandale des Courvoisier
0718 - Pour en revenir à ces décisions artificielles et émouvantes comme celles des politiciens
0719 - Mais c’est charmant aussi de rester au coin de son feu, répondait Mme de Guermantes
0720 - Parmi les éléments qui, absents des deux ou trois autres salons
0721 - D’ordinaire, ces belles figurantes avaient été ses maîtresses
0722 - Sans doute l’amour que M. de Guermantes avait eu successivement pour toutes
0723 - Cependant, en se mettant à table, la princesse de Parme se rappela
0724 - Le duc attacha sur sa femme
0725 - Vous parlez de correspondances, je trouve admirable celle de Gambetta
0726 - Irrité de l’interruption de sa femme, le duc la tint quelques instants sous le feu
0727 - Et tandis qu’un sourire désenchanté fronçait d’une gracieuse sinuosité sa bouche douloureuse
0728 - A tant de raisons de déployer son originalité locale, les écrivains préférés
0729 - Mais changeons de conversation, ajouta Mme de Guermantes
0730 - Malgré l’extrême fatigue qu’elle commençait à éprouver, la princesse était ravie
0731 - Je crois que vous connaissez M. Elstir, me dit la duchesse
0732 - Ce portrait ne doit pas déplaire à Mme de Gallardon, dit le duc
0733 - Je crois vous avoir vu à dîner chez elle le jour où elle a fait cette sortie à ce M. Bloch
0734 - Mais vous vous faites de ma tante l’idée qu’on s’en fait généralement
0735 - Ce que vous dites est absurde, interrompit vivement M. de Guermantes, Mémé n’a rien d’efféminé
0736 - Ils ont si peu rompu que je l’ai trouvée il y a deux jours dans la garçonnière
0737 - Cette Rachel m’a parlé de vous, elle m’a dit que le petit Saint–Loup vous adorait
0738 - Ce pauvre général, il a encore été battu aux élections
0739 - Quelle jolie fleur, je n’en avais jamais vu de pareille
0740 - Babal, vous êtes divin, vous savez tout, s’écria la duchesse
0741 - On n’est pas très bien assis dans les meubles Empire, hasarda la princesse
0742 - Il est joli garçon, je crois?
0743 - On dit qu’il est snob?
0744 - Est-ce que M. de Norpois était là, demanda le prince Von
0745 - M. de Guermantes, heureux qu’elle me parlât avec une telle compétence
0746 - Mais en ce qui concerne M. Elstir, ajouta le prince
0747 - Mais, madame la duchesse, dit le prince irrité
0748 - Le prince de Guermantes est charmant, mais il est, en effet, très attaché aux questions de naissance
0749 - Il y avait à Combray une rue de Saintrailles
0750 - Mme de Guermantes me tira de ma rêverie
0751 - Dans les familles bourgeoises on voit parfois naître des jalousies
0752 - Elle était, à cette époque, peu reçue. Elle fréquentait quelques semaines des femmes tout à fait brillantes
0753 - Parfois, plus que d’une race, c’était d’un fait particulier, d’une date
0754 - Ainsi les espaces de ma mémoire se couvraient peu à peu de noms
0755 - Ornessan est plein d’esprit, il a de qui tenir, sa mère est Montjeu
0756 - D’ailleurs, ma curiosité historique était faible en comparaison du plaisir esthétique
0757 - A plusieurs reprises déjà j’avais voulu me retirer
0758 - Au reste ces filles fleurs étaient, à un degré étrange, faciles à être contentées
0759 - Au moment où j’allais partir, la dame d’honneur de la princesse rentra
0760 - Dans le vestibule où je demandai à un valet de pied mes snow-boots
0761 - Et ayant reconduit la princesse de Parme, M. de Guermantes me dit
0762 - De même les vers de Victor Hugo qu’elle m’avait cités
0763 - A ce point de vue, si le monde n’avait pu au premier moment répondre à ce qu’attendait mon imagination
0764 - Malgré tout, bien différentes en cela de ce que j’avais pu ressentir devant des aubépines ou en goûtant à une madeleine
0765 - Non, ne vous dérangez pas, j’avais rendez-vous avec monsieur le baron
0766 - Ah! répondit-il d’un air méprisant
0767 - Je regardais M. de Charlus. Certes sa tête magnifique
0768 - Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser
0769 - Ma colère n’avait pas calmé celle du baron
0770 - Alors d’une voix douce, affectueuse, mélancolique
0771 - Je traversai avec lui le grand salon verdâtre
0772 - Mais je pourrais la faire chercher sans vous déranger
0773 - C’est vraiment très beau, monsieur, à l’hôtel de la princesse de Guermantes
0774 - Il devait être fatigué et avoir renoncé à l’idée d’aller voir le clair de lune
0775 - Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d’inconnu
0776 - Beaucoup de choses que M. de Charlus m’avait dites avaient donné un vigoureux coup de fouet
0777 - Malgré ce qui tient aux divers points de vue subjectifs
0778 - Or, parmi les traits particuliers au salon de la princesse de Guermantes
0779 - Le jour où devait avoir lieu la soirée chez la princesse de Guermantes
0780 - Tenez, vous qui aimez la peinture
0781 - Faites entrer M. Swann», dit le duc
0782 - Pour le prince de Guermantes, dis-je, il est vrai, on m’avait dit qu’il était antisémite
0783 - Le dreyfusisme avait rendu Swann d’une naïveté extraordinaire
0784 - M. de Guermantes rentra, et bientôt sa femme, toute prête, haute et superbe dans une robe de satin rouge
0785 - Mais, mon pauvre petit Basin, vous êtes un enfant qui vient de naître
0786 - Ah! il est vivant, s’écria le duc avec un soupir de soulagement
0787 - Le valet de pied rentra avec la carte de la comtesse Molé
0788 - Oui, mon petit Charles, je trouve que vous n’avez pas bonne mine du tout
0789 - Mme de Guermantes s’avança décidément vers la voiture et redit un dernier adieu à Swann
IV - SODOME ET GOMORRHE :
0790 - PREMIERE APPARITION DES HOMMES-FEMMES DESCENDANTS DE CEUX DES HABITANTS DE SODOME 0791 - J’allais me déranger de nouveau pour qu’il ne pût m’apercevoir 0792 - Cette scène n’était, du reste, pas positivement comique 0793 - Ce que je viens de dire d’ailleurs ici est ce que je ne devais comprendre 0794 - Mais quand je fus dans la boutique, évitant de faire craquer le moins du monde le plancher 0795 - Cependant il s’attardait encore sur le pas de la porte et demandait à Jupien 0796 - Si je reviens sur la question du conducteur de tramway, reprit M. de Charlus 0797 - Dès le début de cette scène, une révolution, pour mes yeux dessillés 0798 - De plus je comprenais maintenant pourquoi0799 - Cela frappe chez ceux qui sont pauvres et venus de la province, sans relations 0800 - C’est à ces organisations professionnelles que l’esprit oppose le goût des solitaires 0801 - Cependant le voisin marié du solitaire est revenu; devant la beauté de la jeune épouse 0802 - Au reste j’exagérais beaucoup alors, devant cette révélation première 0803 - Comme je n’étais pas pressé d’arriver à cette soirée des Guermantes où je n’étais pas certain d’être invité 0804 - Il y avait quelqu’un qui, ce soir-là comme les précédents, pensait beaucoup au duc de Châtellerault 0805 - Bien que, malgré tout—à cause de l’origine maternelle de son cousin—le duc de Guermantes 0806 - Je faisais la queue derrière quelques invités arrivés plus tôt que moi 0807 - La première personne à passer avant moi était le duc de Châtellerault 0808 - L’illustre Huxley (celui dont le neveu occupe actuellement une place prépondérante0809 - Elle m’aperçut comme j’étais à quelques pas d’elle 0810 - En tout cas fallait-il trouver quelqu’un qui me présentât 0811 - M. de Charlus m’eût sans doute pardonné mon manque de reconnaissance 0812 - C’est ainsi que le professeur E... apprit ou rapprit la mort de ma grand’mère 0813 - A cause de la façon dont était morte ma grand’mère, le sujet m’intéressait0814 - Le bonsoir qu’il me rendit n’avait rien de celui qu’aurait eu M. de Charlus 0815 - Mais à défaut des plaisirs sacrifiés à l’ingratitude du quai d’Orsay, M. de Vaugoubert 0816 - M. de Vaugoubert comme M. de Charlus n’aimait pas dire bonjour 0817 - On disait au ministère, sans y mettre ombre de malice, que, dans le ménage, c’était le mari qui portait les jupes 0818 - Pour en revenir à des moeurs fort ignorées de l’ambassadeur dont nous venons d’évoquer la silhouette 0819 - Des traces d’opprobre, d’ennui, d’indignation, ternissaient le visage régulier de Mme de Vaugoubert 0820 - Il fallait pourtant me décider. Je reconnaissais bien sous les arbres des femmes0821 - Celle d’une dame qui vint me dire bonjour en m’appelant par mon nom 0822 - Mme d’Arpajon fut plus lâche encore que Mme de Souvré 0823 - Je n’avais plus recours qu’auprès de M. de Charlus 0824 - Il n’était pas aussi difficile que je le croyais que M. de Charlus accédât 0825 - Alors, du fond de ces jardins où jadis le duc d’Aiguillon faisait élever les animaux rares 0826 - J’aperçus Swann, voulus lui parler, mais à ce moment je vis que le prince de Guermantes 0827 - Un de ces petits accidents, qui ne se produisaient guère qu’au moment où la brise 0828 - C’est gentil de vous voir ici0829 - Je repris la file des visiteurs qui entraient dans l’hôteL 0830 - Tandis que la Princesse causait avec moi 0831 - Dans l’ordinaire de la vie, les yeux de la duchesse de Guermantes 0832 - Pendant que, avant même qu’elle eût quitté le vestibule 0833 - Enfin M. de Vaugoubert parla, autrement que par ses regards 0834 - Je voudrais bien vous voir. D’Annunzio vous a aperçue d’une loge 0835 - Tout en marchant à côté de moi, la duchesse de Guermantes laissait la lumière azurée 0836 - Comment, vous ne connaissez pas ces splendeurs 0837 - En réalité, Mme de Saint–Euverte était venue, ce soir, moins pour le plaisir 0838 - Une telle transmutation, opérée par Mme de Saint–Euverte 0839 - Certes, s’il n’y avait eu là qu’Oriane, Mme de Saint–Euverte 0840 - On vit passer une duchesse fort noire, que sa laideur et sa bêtise 0841 - Et qu’est-ce encore que celle-là? s’écria Mme de Guermantes 0842 - Votre soeur est partout la plus belle; elle est charmante ce soir 0843 - Rassurée sur la crainte d’avoir à causer avec Swann, Mme de Guermantes 0844 - Le pauvre M. de Vaugoubert, devenu cette fois-ci de trop lambin joueur 0845 - Je ne discuterai pas politique avec vous, Froberville, dit M. de Guermantes0846 - A propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l’est 0847 - J’avais grande envie de savoir ce qui s’était exactement passé entre le Prince et Swann 0848 - En effet, on voyait par moments se former et passer comme une étoile filante 0849 - A ce moment, un musicien bavarois à grands cheveux 0850 - Cependant, se tournant d’un seul mouvement et comme d’une seule pièce 0851 - Les efforts que faisait M. de Froberville pour qu’on n’entendît pas son rire0852 - Je profitai de ce que la duchesse changeait de place 0853 - Au moment d’arriver à cette salle, je fus arrêté par la marquise de Citri 0854 - Bientôt, ce qui fut ennuyeux, ce fut tout 0855 - J’eus enfin le plaisir que Swann entrât dans cette pièce 0856 - Et, de plus, combien il était changé depuis cet après-midi même 0857 - Quand l’atavisme, les ressemblances familiales seraient seules en cause0858 - Quand M. de Charlus venait de faire des remontrances indignées à Robert 0859 - Mais es-tu sûr que M. de Charlus ait eu tant de maîtresses? 0860 - A ce moment, Mme de Surgis entra dans le salon de jeu 0861 - Tu vois que je n’exagérais pas, me dit Robert 0862 - De quoi parlions-nous? Ah! de cette grande blonde, la femme de chambre de Mme Putbus 0863 - Comme ces deux jeunes gens ont un air étrange! 0864 - Oh! comme c’est curieux», répondit non sans insolence M. de Charlus 0865 - Swann m’ayant aperçu s’approcha de Saint–Loup et de moi 0866 - Mais je vis que c’était avec Mlle d’Ambressac qu’il allait causer 0867 - Je ne pouvais me décider à quitter Swann 0868 - Malheureusement, à peine étions-nous assis dans une baie sans dégagements 0869 - Croyez-vous que cet impertinent jeune homme 0870 - J’admire toujours les gens qui font des projets, dit-elle 0871 - Je songeai que Swann devait se fatiguer à m’attendre 0872 - Si nous allions faire quelques pas dans le jardin, monsieur 0873 - Voici mot pour mot, me dit-il, quand nous fûmes assis 0874 - Nous fûmes interrompus (Swann ne tenait pas à ce qu’on entendît son récit) par la voix de M. de Charlus 0875 - Quant aux grands seigneurs ses parents, reniés jadis par elle 0876 - Il lui parle de son portrait. Moi, je lui en parlerais aussi bien que Charlus 0877 - Je levai la tête et vis le duc de Guermantes qui venait à nous 0878 - Enfin seuls, me dit-il; je ne sais plus où j’en suis 0879 - Swann trouvait maintenant indistinctement intelligents ceux qui étaient de son opinion 0880 - Swann me quitta sans me serrer la main pour ne pas être obligé de faire des adieux 0881 - Avant de laisser Swann, je lui dis un mot de sa santé 0882 - Il est vrai qu’avant cela j’avais entendu un homme du monde très méchant 0883 - D’ailleurs peu de temps après, elle commença à me parler de M. de Charlus 0884 - Pour revenir en arrière et à cette première soirée chez la princesse de Guermantes 0885 - Des deux côtés, sur les marches les plus hautes, étaient répandus des couples 0886 - J’avais mis mon pardessus, ce que M. de Guermantes, qui craignait les refroidissements 0887 - Pendant que nous descendions l’escalier 0888 - On annonça que la voiture était avancée. Mme de Guermantes prit sa jupe rouge 0889 - Pendant le retour, à cause de l’exiguïté du coupé, les souliers rouges 0890 - Hé bien! me dit la duchesse, en dehors de vos bals 0891 - Je ne tenais pas à la redoute, mais au rendez-vous avec Albertine 0892 - Moi aussi j’étais pressé de quitter M. et Mme de Guermantes 0893 - J’ai dit qu’elle était d’un petit pays qui était tout voisin de celui de sa mère 0894 - Tel était, en dehors de beaucoup d’honnêteté 0895 - Comme, chaque fois que la porte cochère s’ouvrait, la concierge 0896 - Françoise sortie de la chambre 0897 - J’étais torturé par l’incessante reprise du désir toujours plus anxieux 0898 - Mais non, répondis-je, je vous ai déjà dit que je ne serais pas libre 0899 - Le génie linguistique à l’état vivant, l’avenir et le passé du français 0900 - Je fis semblant d’être contraint d’écrire, «À qui écriviez-vous? me dit Albertine 0901 - Je demandai à Albertine si elle voulait boire 0903 - Je ne pouvais l’accuser de sécheresse 0902 - Albertine partie 0904 - Il se produisit à cette époque un phénomène 0905 - Je ne vis plus de quelque temps Albertine 0906 - Certes ces causes d’erreur étaient loin d’être les seules0907 - Odette, malgré ses brillantes amies, n’écouta pas moins la pièce 0908 - Gilberte servait aussi à la situation de sa mère, car un oncle de Swann venait de laisser près de quatre-vingts millions 0909 - Elle ne s’en rendait pas compte 0910 - LES INTERMITTENCES DU COEUR - Ma seconde arrivée à Balbec 0911 - Il m’apprit avec beaucoup de tristesse la mort du bâtonnier de Cherbourg 0912 - Ceux qui m’avaient fait partir pour Balbec 0913 - Aussitôt que la recommandation de Robert leur était parvenue 0914 - Sans doute rien ne rattachait d’une façon essentielle la femme de chambre de Mme Putbus 0915 - Je fus tiré de ma rêverie par la voix du directeur 0916 - Bouleversement de toute ma personne 0917 - Au lieu des plaisirs que j’avais eus depuis quelque temps0918 - Mais jamais je ne pourrais plus effacer cette contraction de sa figure 0919 - Il me remit un petit mot d’Albertine. Elle n’avait pas dû venir à Balbec 0920 - Et pourtant, la veille, à l’arrivée, je m’étais senti repris par le charme indolent 0921 - J’avais ressenti du plaisir même à ce que l’ennuyeux premier président 0922 - Malgré les promesses du directeur 0923 - Sur la carte qu’on me remit, Mme de Cambremer avait griffonné 0924 - Quant à un chagrin aussi profond que celui de ma mère 0925 - Elle eut la mauvaise chance, dans un de ces pèlerinages 0926 - Pendant que maman lisait sur la plage je restais seul dans ma chambre 0927 - Je remontais directement à ma chambre0928 - Certes, je souffris toute la journée en restant devant la photographie de ma grand’mère 0929 - Le lendemain j’allai, à la demande de maman, m’étendre un peu sur le sable 0930 - Quelques jours plus tard la photographie qu’avait faite Saint–Loup 0931 - Puis un jour, je me décidai à faire dire à Albertine que je la recevrais 0932 - Les mystères d’Albertine 0933 - Incapable comme je l’étais encore d’éprouver à nouveau un désir physique, Albertine 0934 - M’écartant de l’éblouissante maison de plaisir0935 - Quand je rentrai, le concierge de l’hôtel me remit une lettre de deuil 0936 - Je crois que je mentirais en disant que commença déjà la douloureuse et perpétuelle méfiance que devait m’inspirer Albert 0937 - Je remontais dans ma chambre, mais je n’y étais pas seul 0938 - Albertine m’avait fait prendre en note les dates où elle devait s’absenter 0939 - J’avais, pour reprendre le fil du récit, inscrit les noms et les adresses des jeunes filles 0940 - Ce ne fut pas ce soir-là encore, d’ailleurs, que commença à prendre consistance ma cruelle méfiance 0941 - Une des jeunes filles que je ne connaissais pas se mit au piano, et Andrée demanda à Albertine de valser 0942 - Le mal que m’avaient fait ses paroles concernant Albertine et Andrée 0943 - Le lendemain, quand Albertine m’écrivit 0944 - J’avais mal compris, dans mon premier séjour à Balbec0945 - Quelques jours après, à Balbec 0946 - A partir du jour où Cottard fut entré avec moi dans le petit casino d’Incarville 0947 - Un jour, devant le Grand-Hôtel où nous étions réunis sur la digue 0948 - Pour revenir à des sujets plus intéressants, reprit la soeur de Legrandin 0949 - Du reste, continua Mme de Cambremer, j’ai horreur des couchers de soleil0950 - Me contentant de ce qui était un commencement de rétractation 0951 - Quel chef-d’oeuvre que Pelléas! s’écria Mme de Cambremer 0952 - Comme à la Bourse, quand un mouvement de hausse se produit 0953 - Mon Dieu, me dit Mme de Cambremer–Legrandin 0954 - Nos parents ne sont pas la principale cause de l’écourtement de notre visite 0955 - Sur un signe de sa belle-fille, Mme de Cambremer 0956 - Elle vous a invité à déjeuner, me dit sévèrement le premier président 0957 - Quand j’eus dit au revoir à Rosemonde et à Gisèle, elles virent avec étonnement Albertine arrêtée 0958 - Mais la douleur anxieuse du lift ne fit que grandir 0959 - On ne peut pourtant pas dire qu’à l’hôtel de Balbec, le lift0960 - Aussitôt seuls et engagés dans le corridor, Albertine me dit 0961 - Comme si Albertine avait dû avoir de la peine à croire ce que je lui disais de mon impossibilité de l’aimer 0962 - Cet aveu fait à Albertine d’un sentiment imaginaire pour Andrée 0963 - J’aurais dû partir ce soir-là sans jamais la revoir 0964 - Tranquillisé par mon explication avec Albertine 0965 - Ces jours-là n’étaient pas très fréquents d’ailleurs. Nous allions goûter comme autrefois «en bande», Albertine, ses amie 0966 - Il y avait encore peu de monde à Balbec, peu de jeunes filles 0967 - Non seulement les jeunes filles étaient peu nombreuses 0968 - Il faut dire que plusieurs étaient ou des jeunes filles0969 - Mais bientôt la saison battit son plein 0970 - Vers cette époque se produisit au Grand-Hôtel de Balbec un scandale 0971 - Depuis ce jour-là, M. Nissim Bernard 0972 - A vrai dire, cette erreur des parents de M. Nissim Bernard 0973 - Il aimait d’ailleurs tout le labyrinthe de couloirs, de cabinets secrets, de salons 0974 - Malgré la difficulté qu’il y avait pour un client à aller dans des chambres 0975 - Anéanti par ce portrait si peu véridique, je me taisais; Céleste voyait là 0976 - Françoise n’aimait pas du tout que celles qu’elle appelait les deux enjôleuses 0977 - La famille de Bloch avait beau n’avoir jamais soupçonné la raison 0978 - Un autre incident fixa davantage encore mes préoccupations du côté de Gomorrhe 0979 - Une fois je vis l’inconnue qu’Albertine avait eu l’air de ne pas reconnaître 0980 - Quant à Albertine, je ne peux pas dire que nulle part, au Casino, sur la plage 0981 - Au reste, ma jalousie causée par les femmes qu’aimait peut-être Albertine 0982 - Les amies d’Albertine étaient parties pour quelque temps 0983 - Le petit chemin de fer n’était pas encore là 0984 - Nous nous hâtâmes pour gagner un wagon vide où je pusse embrasser Albertine 0985 - Il nous laissa à la gare 0986 - Votre attitude n’effaçait rien du tout, dis-je à Albertine quand Saint–Loup 0987 - Le train de Paris est signalé, Monsieur 0988 - Le train de Paris (que le baron ne prit pas) partit 0989 - Le lendemain, le fameux mercredi, dans ce même petit chemin de fer 0990 - Après l’aveu qu’avait fait Mme Verdurin de l’intelligence de la princesse 0991 - Son absence de relations avait permis à la princesse Sherbatoff0992 - A leurs yeux, la princesse, trop supérieure à son milieu d’origine 0993 - Cottard disait beaucoup plus souvent: Je le verrai mercredi chez les Verdurin 0994 - La belle fille à la cigarette - A Saint–Pierre-des-Ifs monta une splendide jeune fille 0995 - On doit être toujours sans nouvelles du violoniste, dit Cottard 0996 - Ah! nous verrons la marquise de Cambremer? dit Cottard 0997 - Oubliant qu’elle tenait à son «coin», Mme Sherbatoff 0998 - Le cocher, bien que tout jeune, était le premier cocher des Verdurin 0999 - De la hauteur où nous étions déjà, la mer n’apparaissait plus, ainsi que de Balbec 1000 - De l’octroi, la voiture s’étant arrêtée pour un instant 1001 - Cottard, docile, avait dit à la Patronne 1002 - Le sculpteur fut très étonné d’apprendre que les Verdurin consentaient à recevoir M. de Charlus 1003 - Le prince d’Agrigente passait pour un «rasta» aux yeux d’un chasseur de cercle 1004 - Un grand éditeur de Paris venu en visite 1005 - J’entends la voiture qui revient 1006 - Ah! oui, les voici, s’écria M. Verdurin avec soulagement 1007 - Bien que d’autres raisons présidassent à cette transformation de M. de Charlus 1008 - Je venais de transmettre à Mme Verdurin le message dont m’avait chargé Morel 1009 - La convenance de vêtements sombres que portait toujours 1010 - Mme Verdurin demanda à l’oreille de son mari 1011 - Peut-être le mieux serait-il d’attendre un peu, de commencer par voir Albertine 1012 - Mon cher — collègue, dit-il à Brichot 1013 - Mme Verdurin vint à moi pour me montrer les fleurs d’Elstir 1014 - Le morceau fini, je me permis de réclamer du Franck 1015 - Saniette, appelé pour faire le mort, déclara qu’il ne savait pas jouer au whist 1016 - Maintenant Mme Cottard dormait tout à fait 1017 - Vous vous moquez de moi, dit en riant elle-même Mme Cottard1018 - Du sermon que m’avait adressé Brichot 1019 - On distinguait à peine la mer par les fenêtres de droite 1020 - Je tombais de sommeil. Je fus monté en ascenseur 1021 - Peut-être chaque soir acceptons-nous le risque de vivre, en dormant 1022 - L’attelage du sommeil, semblable à celui du soleil 1023 - Du moins, dans ces réveils tels que je viens de les décrire 1024 - Certes on peut prétendre qu’il n’y a qu’un temps 1025 - J’ai toujours dit—et expérimenté—que le plus puissant des hypnotiques est le sommeil 1026 - Les moments d’oubli qui suivent, le lendemain, l’ingestion de certains narcotiques 1027 - Le valet de chambre entrait 1028 - J’aurais bien étonné ma mère, qui ne pouvait comprendre l’assiduité de M. de Charlus chez les Verdurin 1029 - D’ailleurs, s’il avait écrit au valet de pied de Mme de Chevregny 1030 - Car depuis quelque temps Aimé aimait à causer 1031 - Moi qui croyais qu’il saurait aisément que le nouveau dîneur était M. de Charlus 1032 - Aimé n’avait pas même lu cette lettre jusqu’au bout 1033 - Tous les jours, je sortais avec Albertine 1034 - Arrivée au bas de la route de la Corniche, l’auto monta1035 - Ce que malheureusement j’ignorais à ce moment-là 1036 - Je n’ai jamais entendu jouer Chopin, dit le baron 1037 - Quand Albertine trouvait plus sage de rester à Saint–Jean de la Haise pour peindre 1038 - Je descendais de voiture à Quetteholme 1039 - Bien entendu, la règle que j’avais imposée à Saint–Loup1040 - Les jours qui suivaient ceux où j’avais reçu 1041 - Ainsi se succédaient quotidiennement ces promenades en automobile 1042 - Pour revenir au mécanicien, il demanda non seulement à Morel1043 - Ce qui me surprit beaucoup quand on partit en promenade 1044 - Je fus naturellement bien étonné d’apprendre que le cocher 1045 - Bientôt même, l’été finissant, quand on descendait du train à Douville 1046 - Certes il est légitime que l’homme qui rédige des rapports 1047 - Au nombre des habitués de Mme Verdurin, et le plus fidèle de tous 1048 - Pour quitter le terrain religieux, disons que le docteur 1049 - Car M. de Charlus était momentanément devenu, pour Mme Verdurin 1050 - Pour ma part, j’étais d’autant plus heureux que M. de Charlus1051 - Un grand musicien, membre de l’Institut, haut dignitaire officiel 1052 - Quand M. de Charlus ne parlait pas de son admiration pour la beauté de Morel 1053 - Parfois, à la station qui suivait Saint–Martin-du-Chêne, des jeunes gens 1054 - A l’air mélancolique qu’avait pris, en parlant de la princesse de Cadignan1055 - Morel me sentant sans méchanceté pour lui, sincèrement attaché à M. de Charlus 1056 - En attendant, et comme s’il eût eu affaire à un homme du monde, M. de Charlus 1057 - Si M. de Charlus, en jetant sur le papier cette lettre, avait paru en proie au démon 1058 - Mais si M. de Charlus s’enchantait à la pensée d’un combat 1059 - Au bout d’un instant on se dispersa et alors M. de Charlus dit à Morel1060 - Cette réconciliation ne mit fin que pour un temps aux tourments de M. de Charlus 1061 - La station suivante du petit train, Maineville, me rappelle justement un incident relatif à Morel et à M. de Charlus 1062 - Le souvenir relatif à Morel se rapporte à un incident 1063 - Cependant le soir où Morel devait être absent était arrivé 1064 - L’histoire, au reste, ne finit pas mieux pour le prince de Guermantes 1065 - A Grattevast, où habitait sa soeur 1066 - Comme j’étais pour Aimé un client préféré1067 - La tristesse de la vie de M. de Crécy 1068 - A Hermenonville montait quelquefois M. de Chevrigny 1069 - Dès après le premier dîner que j’avais fait à la Raspelière 1070 - Malgré cette brouille avec la Patronne, les Cambremer 1071 - Pendant ces retours (comme à l’aller), je disais à Albertine de se vêtir 1072 - Si Bloch, tout en me désolant en ne pouvant comprendre la raison 1073 - Brusque revirement vers Albertine - Je n’attendais qu’une occasion pour la rupture définitive 1074 - Deux ou trois fois, pendant un instant, j’eus l’idée que le monde 1075 - Comme la vue est un sens trompeur, un corps humain, même aimé, comme était celui d’Albertine 1076 - Ces mots, j’avais cessé de les entendre un instant pendant qu’Albertine
V - LA PRISONNIERE
1077 - Vie en commun avec Albertine - Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur
1078 - D’autres fois, je restais couché, rêvant aussi longtemps que je le voulais
1079 - Je sonnais Françoise. J’ouvrais le Figaro
1080 - Françoise n’eut pas de mérite à faire respecter mon sommeil par Albertine
1081 - Cependant, j’entendais les pas de mon amie qui sortait de sa chambre
1082 - Albertine, même dans l’ordre des choses bêtes
1083 - Physiquement, elle avait changé aussi
1084 - Je lui demandais où elle comptait aller
1085 - Ce n’est pas certes, je le savais, que j’aimasse Albertine le moins du monde
1086 - Sans me sentir le moins du monde amoureux d’Albertine
1087 - Dans quelque ville que ce fût, elle n’avait pas besoin de chercher, car le mal
1088 - Je l’interrogeais à brûle-pourpoint : « Ah ! à propos, Albertine
1089 - Quant à la raison de ce désir de ne pas sortir, cela m’eût été désagréable de la dire à Albertine
1090 - Je prenais ma part des plaisirs de la journée commençante
1091 - Si je n’étais pas allé accompagner Albertine
1092 - Françoise venait allumer le feu
1093 - D’Albertine, en revanche, je n’avais plus rien à apprendre
1094 - D’ailleurs, la jalousie est de ces maladies intermittentes
1095 - La décroissance du jour me replongeant par le souvenir
1096 - Mais le plus souvent, à cette heure-là, je savais trouver la duchesse chez elle
1097 - Quand j’avais dit à Albertine, à notre arrivée de Balbec
1098 - De toutes les robes ou robes de chambre que portait Mme de Guermantes
1099 - Toute la sève locale qu’il y a dans les vieilles familles aristocratiques
1100 - Une fois que je demandais à Mme de Guermantes qui était un jeune homme exquis
1101 - Malheureusement, je n’avais pas le temps de prolonger indéfiniment ces visites
1102 - Ce qui est extraordinaire, c’est que de cette soirée
1103 - Chose assez particulière, on n’avait jamais entendu le duc de Guermantes se servir de l’expression assez banale : bel et
1104 - Je sentais que cela allait se gâter et je me remis précipitamment à parler robes
1105 - Comme je tâchais, autant que possible, de quitter la duchesse avant qu’Albertine fût revenue
1106 - Quand un fonctionnaire s’est vu infliger de tels reproches par son chef
1107 - Il est certain que Morel, usant du pouvoir que ses charmes lui donnaient sur la jeune fille
1108 - Mon opinion personnelle est que « payer le thé » venait de Morel
1109 - Il viendra peut-être un jour où les couturières
1110 - Rien ne plaisait mieux que l’idée de ce mariage au baron
1111 - D’ailleurs, la jeune fille était délicieuse
1112 - Parmi les raisons qui rendaient M. de Charlus heureux du mariage des deux jeunes gens
1113 - On se souvient peut-être que Morel avait jadis dit au baron que son désir, c’était de séduire une jeune fille
1114 - Ce n’était pas, d’ailleurs, très souvent qu’il m’arrivait de rencontrer M. de Charlus et Morel
1115 - Je dis adieu à Andrée. Dès mon premier coup Albertine vint m’ouvrir
1116 - Les jours où je ne descendais pas chez Mme de Guermantes
1117 - Bientôt on me prévenait qu’elle venait de rentrer
1118 - Tout en écoutant les pas d’Albertine, avec le plaisir
1119 - Dès que la jalousie est découverte, elle est considérée
1120 - Puis arrivait l’heure de partir, elle me quittait. Albertine revenait
1121 - Certes, une femme élégante, Albertine peu à peu en devenait une
1122 - On sait qu’elle avait parlé semblablement de mon influence sur Andrée
1123 - On vous vante la douceur, la pureté d’une vierge
1124 - Sans doute, dans les premiers jours de Balbec, Albertine
1125 - Entre les deux décors, si différents l’un de l’autre, de Balbec
1126 - Étendue de la tête aux pieds sur mon lit
1127 - J’ai passé de charmants soirs à causer, à jouer avec Albertine
1128 - Je mesurais des yeux Albertine étendue à mes pieds
1129 - Moi qui connaissais plusieurs Albertine en une seule
1130 - On comprend, à la rigueur, que les lettres que vous écrit quelqu’un
1131 - Peut-être faut-il que les êtres soient capables de vous faire beaucoup souffrir
1132 - Mais ce plaisir de la voir dormir, et qui était aussi doux que la sentir vivre
1133 - Pas plus que mon déplacement dans le temps, pas plus que le fait de regarder une jeune fille
1134 - Quelquefois j’éteignais la lumière avant qu’elle entrât
1135 - J’avais beau, avant qu’Albertine fût rentrée, avoir douté d’elle
1136 - C’était le tour d’Albertine de me dire bonsoir en m’embrassant de chaque côté du cou
1137 - Avant qu’Albertine m’eût obéi et m’eût laissé enlever ses souliers
1138 - Instants doux, gais, innocents en apparence
1139 - Je ne m’étonnais plus qu’Albertine fût là
1140 - J’avais promis à Albertine que, si je ne sortais pas avec elle
1141 - La vie a pris en effet soudain, à ses yeux, une valeur plus grande
1142 - C’était par de tels temps qu’au début de mon second séjour à Balbec
1143 - On arrive, sous la forme de soupçons, à absorber journellement, à doses énormes
1144 - Pourtant, quand, le lendemain, Bloch m’eut envoyé la photographie de sa cousine Esther
1145 - Ce soir-là, le projet qu’Albertine avait formé
1146 - Souvent je l’avais vue, à Balbec, attacher sur des jeunes filles
1147 - Pour en revenir aux jeunes passantes, jamais Albertine
1148 - Parfois l’écriture où je déchiffrais les mensonges d’Albertine
1149 - Je me mis à suggérer à Albertine d’autres buts de promenade
1150 - Le plus souvent l’amour n’a pas pour objet un corps
1151 - J’ai dit : Comment n’avais-je pas deviné ?
1152 - Sans doute mon amour pour Albertine
1153 - D’ailleurs, Albertine m’effrayait en me disant que j’avais raison
1154 - Si je n’aimais pas Albertine
1155 - Albertine allait ôter ses affaires
1156 - Mais j’étais obligé d’interrompre un instant et de faire des gestes menaçants
1157 - Quand Albertine revint dans ma chambre, elle avait une robe de satin noir
1158 - La souffrance dans l’amour cesse par instants, mais pour reprendre d’une façon différente
1159 - La jalousie est aussi un démon qui ne peut être exorcisé
1160 - Laisser Albertine aller seule dans un grand magasin
1161 - J’étais maintenant libre de faire, aussi souvent que je voulais, des promenades avec Albertine
1162 - Si vous ne voulez pas venir chez les Verdurin
1163 - D’autre part, l’accouplement des éléments contraires est la loi de la vie
1164 - Je crois que vraiment, ce jour-là, j’allais décider notre séparation et partir pour Venise
1165 - Certes, j’avais quelques remords d’être aussi irritant à l’égard d’Albertine
1166 - Ce n’était plus l’apaisement du baiser de ma mère à Combray, que j’éprouvais auprès d’Albertine
1167 - Chaque minute me rapprochait du bonsoir d’Albertine
1168 - Aussi parfois, certains soirs, j’eus recours à une ruse qui me donnait le baiser d’Albertine
1169 - Je pouvais prendre sa tête, la renverser, la poser contre mes lèvres, entourer mon cou de ses bras
1170 - Le lendemain de cette soirée où Albertine m’avait dit
1171 - Certes, la fantaisie, l’esprit de chaque marchand ou marchande
1172 - Françoise m’apporta le Figaro
1173 - Ainsi échangeâmes-nous des paroles menteuses
1174 - De ce que le monde du rêve n’est pas le monde de la veille
1175 - La résurrection ne vient pas tout de suite
1176 - Puis une tristesse m’envahissait
1177 - En plus du plaisir de savoir le goût qu’Albertine avait pour eux
1178 - Une fois Albertine sortie, je sentis quelle fatigue était pour moi cette présence perpétuelle
1179 - J’étais, en tous cas, bien content qu’Andrée accompagnât Albertine au Trocadéro
1180 - Laissant ces pensées, maintenant qu’Albertine était sortie
1181 - De blanchisseuse, un dimanche, il ne fallait pas penser qu’il en vînt
1183 - Hélas ! une fois auprès de moi, la blonde crémière
1182 - Je me mis à lire la lettre de maman
1184 - Sans doute je n’en étais qu’à la première de ces affirmations pour Léa
1185 - Je m’aperçus que la petite laitière était toujours là
1186 - D’ailleurs, qui sait si elle ne connaissait pas Léa et n’irait pas la voir dans sa loge ?
1187 - Je recommandai à Françoise, quand elle aurait fait sortir Albertine
1188 - J’étais prêt, Françoise n’avait pas encore téléphoné
1189 - Les robes même que je lui achetais, le yacht dont je lui avais parlé, les peignoirs de Fortuny, tout cela ayant dans cett
1190 - La musique, bien différente en cela de la société d’Albertine
1191 - Mais malgré la richesse de ces œuvres où la contemplation de la nature
1192 - Je ne sais pourquoi le cours de mes rêveries
1193 - Ce fut malheureusement un des éclats de cette nervosité méchante
1194 - Peu à peu mon agitation se calma, Albertine allait rentrer
1195 - J’avais à peine le temps d’apercevoir, aussi séparé d’elles derrière la vitre
1196 - Comme on fait à la veille d’une mort prématurée, je dressais le compte des plaisirs
1197 - Si ma vie avec Albertine devait m’empêcher d’aller à Venise
1198 - La vie de ces jolies filles
1199 - Plus loin une autre fillette était agenouillée près de sa bicyclette
1200 - Parfois, dans les heures où elle m’était le plus indifférente
1201 - Je dois ajouter qu’Albertine admirait beaucoup chez moi un grand bronze
1202 - Certes, si elle avait les goûts que je lui avais crus
1203 - Pour lui faire paraître sa chaîne plus légère
1204 - Tout être aimé, même dans une certaine mesure, tout être est pour nous comme Janus
1205 - J’appris que ce jour-là avait eu lieu une mort qui me fit beaucoup de peine, celle de Bergotte
1206 - Il y avait des années que Bergotte ne sortait plus de chez lui
1207 - Dans les mois qui précédèrent sa mort, Bergotte souffrait d’insomnies
1208 - Il consulta les médecins qui, flattés d’être appelés par lui, virent dans ses vertus de grand travailleur
1209 - Il se répétait : Petit pan de mur jaune avec un auvent
1210 - J’appris, ai-je dit, ce jour-là que Bergotte était mort
1211 - Le témoignage des sens est lui aussi une opération de l’esprit
1212 - Pour revenir à Albertine, je n’ai jamais connu de femmes douées plus qu’elle d’heureuse aptitude au mensonge
1213 - Après le dîner, je dis à Albertine que j’avais envie de profiter
1214 - Je dis à Albertine, peu en train, m’avait-elle dit, pour m’accompagner chez les Guermantes
1215 - Bien que la conduite qu’il avait eue avec la nièce de Jupien
1216 - J’avais en moi deux produits de ma journée
1217 - La mort de Swann m’avait à l’époque bouleversé. La mort de Swann
1218 - Pour revenir à des réalités plus générales, c’est de cette mort prédite et pourtant imprévue de Swann
1219 - Les grosses plaisanteries de Brichot
1220 - C’est comme ça, Brichot, que vous vous promenez la nuit avec un beau jeune homme
1221 - Il y a longtemps que vous l’avez vu ? demandai-je à M. de Charlus
1222 - Il est possible que le baron fût sincère quand il parlait de Morel comme d’un bon petit camarade
1223 - M. de Charlus n’avait jamais été, dans la vie, qu’un amateur
1224 - Et qu’est devenu, ajouta-t-il en se tournant vers moi, votre jeune ami hébreu
1225 - Quant aux autres jeunes gens, M. de Charlus trouvait qu’à son goût pour eux l’existence de Morel
1226 - M. de Charlus, qui l’avait connu depuis longtemps par Swann
1227 - Au moment où nous allions sonner à la porte de l’hôtel, nous fûmes rattrapés par Saniette
1228 - M. de Charlus était en train de donner son pardessus avec des recommandations d’habitué
1229 - A ce moment M. Verdurin vint à notre rencontre
1230 - Mme Verdurin était furieuse et décidée à « éclairer » Morel sur le rôle ridicule et odieux que lui faisait jouer M. de Ch
1231 - Pour en revenir à M. de Charlus, Mme Verdurin n’eût pas trop souffert s’il n’avait mis à l’index que la comtesse Molé
1232 - M. de Charlus s’éloigna avec Morel
1233 - Ce qui perdit M. de Charlus ce soir-là fut la mauvaise éducation
1234 - M. de Charlus avait, à Balbec, finement critiqué devant moi Mme de Vaugoubert
1235 - Il faut rendre pourtant cette justice à M. de Charlus
1236 - En voyant se ranger sur la petite estrade non pas seulement Morel et un pianiste
1237 - Je regardai la Patronne, dont l’immobilité farouche
1238 - Mais bien vite, le motif triomphant des cloches ayant été chassé
1239 - Cette patrie perdue, les musiciens ne se la rappellent pas
1240 - Comme dans les illisibles carnets où un chimiste de génie
1241 - Ce qu’elle avait permis, grâce à son labeur, qu’on connût de Vinteuil, c’était à vrai dire toute l’œuvre de Vinteuil
1242 - Au reste, le contraste apparent, cette union profonde entre le génie (le talent aussi et même la vertu) et la gaine de vi
1243 - M. de Charlus recommença, au moment où, la musique finie
1244 - Les autres invitées de M. de Charlus s’en allèrent assez rapidement
1245 - Rien qu’en parlant avec cette faconde, M. de Charlus irritait Mme Verdurin
1246 - Cependant Ski s’était assis au piano
1247 - Je dis à M. de Charlus mon regret que M. Brichot se fût dérangé
1248 - Je retire ce que j’ai dit, dit Charlus d’une voix aiguë et maniérée, vous êtes un puits de science
1249 - Lâche comme je l’étais déjà dans mon enfance à Combray
1250 - Déjà, dans l’esprit rusé de Morel, avait germé une combinaison
1251 - Mais nous avons trop anticipé, car tout ceci ne se passa qu’après la soirée Verdurin
1252 - L’ambassadeur disgracié, le chef de bureau mis brusquement à la retraite
1253 - Tandis que M. de Charlus, assommé sur le coup par les paroles que venait de prononcer Morel et l’attitude de la Patronne
1254 - Pour revenir en arrière, à la soirée Verdurin
1255 - Disparition d’Albertine - Voyant l’heure, et craignant qu’Albertine ne s’ennuyât
1256 - Nous étions arrivés devant la porte
1257 - Nos fiançailles avaient pris une allure de procès et donnaient à Albertine
1258 - Comment, c’était la même Albertine d’aujourd’hui
1259 - Albertine ne m’avait jamais dit qu’elle me soupçonnât d’être jaloux d’elle
1260 - Je dois dire que ce qui m’avait paru le plus grave et m’avait le plus frappé comme symptôme
1261 - Je ne savais que dire, ne voulant pas paraître étonné, et écrasé par tant de mensonges
1262 - Cette fois-ci encore, je n’avais pas le temps de garder un trop long silence
1263 - Cette peur qu’Albertine allât peut-être me dire
1264 - En analysant d’après cela, d’après le système invariable de ripostes
1265 - Mon esclavage, encore perçu par moi
1266 - Je me souvins avec horreur d’un soir
1267 - Mais Léa a été, tout le temps de ce voyage, parfaitement convenable avec moi, me dit Albertine
1268 - Ce soir-là je pensai que, parmi les autres causes
1269 - J’avais les larmes aux yeux
1270 - Ma petite Albertine, répondis-je, vous êtes bien gentille
1271 - J’aurais eu tort d’être heureux de la petite comédie
1272 - Venez dans ma chambre dans cinq minutes pour que je puisse vous voir un peu, mon petit chéri
1273 - Laquelle des deux hypothèses était la vraie ?
1274 - Ce matin-là, pendant qu’Albertine dormait et que j’essayais de deviner ce qui était caché en elle
1275 - Albertine ne me dit pas plus, à partir de cette soirée
1276 - Si le but d’Albertine était de me rendre du calme
1277 - Il faudra que nous nous occupions bientôt de vos robes de Fortuny, dis-je un soir à Albertine
1278 - Alors, pour changer le cours de mes pensées, plutôt que de commencer avec Albertine une partie
1279 - Je m’étais si bien rendu compte qu’il serait absurde d’être jaloux de Mlle Vinteuil et de son amie, puisqu’Albertine
1280 - Sans pousser plus loin cette comparaison, je sentais que les rumeurs
1281 - Les phrases de Vinteuil me firent penser à la petite phrase et je dis à Albertine
1282 - Mais je peux au moins croire que Baudelaire n’est pas sincère. Tandis que Dostoïevski
1283 - Ce n’était pas, du reste, que de la musique de lui que me jouait Albertine
1284 - Et peut-être, pourtant, entièrement fidèle je n’eusse pas souffert d’infidélités
1285 - Quelquefois il faisait un si beau clair de lune, qu’une heure après qu’Albertine était couchée
1286 - L’hiver cependant finissait ; la belle saison revint
1287 - Bientôt les nuits raccourcirent davantage
1288 - Dans la journée, Françoise avait laissé échapper devant moi qu’Albertine
1289 - Quand je vis que d’elle-même elle ne m’embrassait pas
1290 - Ce jour-là et le lendemain nous sortîmes ensemble, puisque Albertine ne voulait plus sortir avec Andrée
1291 - Au fond, nous n’avons faim ni l’un ni l’autre, on aurait pu passer chez les Verdurin, me dit Albertine
1292 - Nous revînmes très tard, dans une nuit où, çà et là, au bord du chemin, un pantalon rouge à côté d’un jupon révélaient de
1293 - Quand ainsi le départ d’Albertine n’aurait plus d’inconvénients
VI - ALBERTINE DISPARUE (LA FUGITIVE)
1294 - Le chagrin et l’oubli - Mademoiselle Albertine est partie! Comme la souffrance va plus loin en psychologie
1295 - Le plus pressé était de lire la lettre d’Albertine
1296 - Tout cela ne signifie rien, me dis-je, c’est même meilleur que je ne pensais
1297 - Ce malheur était le plus grand de toute ma vie
1298 - En me promettant à moi-même qu’Albertine serait ici ce soir
1299 - La souffrance, prolongement d’un choc moral imposé, aspire à changer de forme
1300 - L’esprit dans lequel Albertine était partie
1301 - Quant aux moyens de ramener Albertine
1302 - On se souvient que quand je résolus de vivre avec Albertine et même de l’épouser
1303 - Saint-Loup que je savais à Paris avait été mandé par moi
1304 - Tu es sûr, me dit Robert, que je peux offrir comme cela à cette femme
1305 - Quand il put y avoir un télégramme de Saint-Loup
1306 - Bientôt, le silence de Saint-Loup se prolongeant, une anxiété
1307 - Puisque Manon revenait à Des Grieux
1308 - J’écrivis à Albertine
1309 - Sans doute, de même que j’avais dit autrefois à Albertine : Je ne vous aime pas
1310 - Le résultat de cette lettre me paraissant certain, je regrettai de l’avoir envoyée
1311 - Le temps passe, et peu à peu tout ce qu’on disait par mensonge devient vrai
1312 - J’ai dit que l’oubli commençait à faire son œuvre
1313 - En faisant la chambre d’Albertine, Françoise, curieuse
1314 - Du reste si, du matin au soir, je ne cessais de souffrir du départ d’Albertine
1315 - Pourquoi eussé-je cru qu’Albertine n’aimait pas les femmes ?
1316 - Mon ami, merci de toutes les bonnes choses
1317 - La lettre d’Albertine n’avançait en rien les choses
1318 - Et cependant, comme j’aurais menti maintenant si je lui avais écrit
1319 - Je laissai toute fierté vis-à-vis d’Albertine, je lui envoyai un télégramme
1320 - Pour que la mort d’Albertine
1321 - Alors ma vie fut entièrement changée
1322 - Je demandai l’heure à Françoise
1323 - Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l’été
1324 - Bientôt les bruits de la rue allaient commencer
1325 - Sans doute ces nuits si courtes durent peu
1326 - De sorte que ces quelques années n’imposaient pas seulement au souvenir d’Albertine
1327 - Comment m’avait-elle paru morte
1328 - Si j’avais peine à penser qu’Albertine, si vivante en moi
1329 - Les changements de l’atmosphère
1330 - Tout d’un coup c’était un souvenir que je n’avais pas revu depuis bien longtemps
1331 - Parfois je me heurtais dans les rues obscures du sommeil
1332 - Sans doute, puisque j’avais des doutes sur la vie, sur la mort d’Albertine
1333 - Ce qui remplissait mon cœur maintenant était, au lieu de haineux soupçons
1334 - Cette chambre où nous dînions ne m’avait jamais paru jolie
1335 - Un matin je crus voir la forme oblongue d’une colline
1336 - D’ailleurs notre tort n’est pas de priser l’intelligence, la gentillesse d’une femme
1337 - Tous ces instants si doux que rien ne me rendrait jamais
1338 - Et, à vrai dire, je ne l’avais jamais possédé
1339 - Comme elle accourait vite me voir, à Balbec
1340 - Et pourtant ces douloureuses, ces inéluctables vérités
1341 - Du moins j’étais heureux qu’avant de mourir elle m’eût écrit cette lettre
1342 - Pourquoi ne m’avait-elle pas dit : J’ai ces goûts
1343 - Mes curiosités jalouses de ce qu’avait pu faire Albertine
1344 - Si elle avait pu savoir ce qui allait arriver, elle serait restée
1345 - Je n’avais pas encore reçu de nouvelles d’Aimé
1346 - Albertine avait beau n’exister dans ma mémoire
1347 - Monsieur voudra bien me pardonner
1348 - Pour comprendre à quelle profondeur ces mots entraient en moi
1349 - Enfin je voyais devant moi, dans cette arrivée d’Albertine à la douche
1350 - Sans doute c’est parce que dans cette arrivée silencieuse et délibérée d’Albertine
1351 - Je me voyais perdu dans la vie comme sur une plage illimitée où j’étais seul
1352 - Les instants que j’avais vécus auprès de cette Albertine-là
1353 - Maintenant Albertine, lâchée de nouveau, avait repris son vol
1354 - D’autres fois mon chagrin prenait tant de formes
1355 - Il y a, dans certaines affections, des accidents secondaires que le malade
1356 - Si encore ce retrait en moi des différents souvenirs d’Albertine
1357 - D’ailleurs ces reprises de mon amour pour Albertine morte
1358 - D’ailleurs un mot n’avait même pas besoin, comme Chaumont
1359 - Toute la journée, je continuais à causer avec Albertine
1360 - J’essayais parfois de prendre les journaux
1361 - Sans doute, un fait comme celui des Buttes-Chaumont
1362 - Pour la première fois elle me semblait belle
1363 - Du vivant d’Albertine, je n’eusse pas osé demander à Andrée des confidences
1364 - Les romanciers prétendent souvent, dans une introduction, qu’en voyageant dans un pays
1365 - Associées maintenant au souvenir de mon amour, les particularités physiques
1366 - Je ramenais avec moi les filles qui m’eussent le moins plu, je lissais des bandeaux à la vierge
1367 - Mademoiselle de Forcheville - Ce n’était pas que je n’aimasse encore Albertine
1368 - La première de ces étapes commença au début de l’hiver
1369 - D’ailleurs, à Balbec, quand j’avais désiré connaître Albertine la première fois
1370 - Un peu plus loin je vis un groupe de trois jeunes filles un peu plus âgées, peut-être des jeunes femmes
1371 - Dès lors je ne pouvais plus croire à une homonymie
1372 - Un instant avant que Françoise m’apportât la dépêche
1373 - J’ouvris le Figaro. Quel ennui! Justement le premier article
1374 - Je voyais Bloch, M. de Guermantes, Legrandin, tirer
1375 - Après le déjeuner, quand j’allai chez Mme de Guermantes, ce fut moins pour Mlle d’Éporcheville
1376 - En entrant dans le salon, je vis la jeune fille blonde que j’avais crue
1377 - À toutes les raisons, tirées de la façon Guermantes de comprendre la vie mondaine
1378 - Cependant, quand Swann fut mort, il arriva que la décision de ne pas recevoir sa fille
1379 - Quant à Gilberte, toutes les personnes qui l’aimaient et avaient un peu d’amour-propre pour elle
1380 - Un mois après, la petite Swann, qui ne s’appelait pas encore Forcheville
1381 - Quant à Gilberte, elle fut d’autant plus heureuse de voir tomber la conversation
1382 - Justement je venais de remarquer dans le salon deux dessins d’Elstir
1383 - On apporta des cartes qu’un valet de pied venait de déposer
1384 - Sans doute, Gilberte n’allait pas toujours aussi loin
1385 - Malgré cela, dans son snobisme il y avait de l’intelligente curiosité de Swann
1386 - Elle aimait aussi parler du prince d’Agrigente et de M. de Bréauté
1387 - Quand M. de Guermantes eut terminé la lecture de mon article
1388 - Quant à Mlle de Forcheville
1389 - Et ce n’est pas seulement à l’égard de Swann que Gilberte
1390 - Par une autre réaction (bien que ce fût la distraction – le désir de Mlle d’Éporcheville
1391 - Peut-être alors la fatigue et la tristesse que je ressentais
1392 - Une autre personne chez qui l’œuvre de l’oubli en ce qui concernait Albertine
1393 - Le souvenir d’Albertine était devenu chez moi si fragmentaire
1394 - Comme certains bonheurs, il y a certains malheurs qui viennent trop tard
1395 - Il n’y a pas une idée qui ne porte en elle sa réfutation possible
1396 - Quand Andrée fut partie, l’heure du dîner était arrivée
1397 - Sans être précisément de ceux-là j’allais peut-être, maintenant qu’Albertine était morte
1398 - Séjour à Venise - Ma mère m’avait emmené passer quelques semaines à Venise
1399 - Et pour aller chercher maman qui avait quitté la fenêtre
1400 - Le soleil était encore haut dans le ciel quand j’allais retrouver ma mère
1401 - Alors M. de Villeparisis
1402 - Le prince, pour mettre le marquis à l’aise
1403 - Pourtant M. de Norpois avait à sa dévotion un très ancien journal français
1404 - Parfois, au crépuscule, en rentrant à l’hôtel je sentais que l’Albertine d’autrefois, invisible
1405 - J’aurais été incapable de ressusciter Albertine
1406 - Mais alors je songeai: je tenais à Albertine plus qu’à moi-même
1407 - Le lendemain je partais à la recherche de ma belle place nocturne
1408 - La veille de notre départ, nous voulûmes pousser jusqu’à Padoue où se trouvaient ces Vices et ces Vertus
1409 - Quand j’appris, le jour même où nous allions rentrer à Paris, que Mme Putbus, et par conséquent sa femme de chambre
1410 - Nouvel aspect de Robert de Saint-Loup - Oh! c’est inouï, me dit ma mère
1411 - Le train entrait en gare de Paris
1412 - Ce que je devais apprendre par la suite
1413 - D’autres amies de ma mère, qui avaient vu Saint-Loup
1414 - Les gens du monde qui n’avaient fait aucune attention à Gilberte
1415 - Ces deux mariages dont nous parlions déjà avec ma mère
1416 - La personne qui profita le moins de ces deux unions fut la jeune Mademoiselle d’Oloron
1417 - Je compris qu’une séparation avait failli se produire entre Robert et sa femme
1418 - Ce n’était pas seulement la méchanceté, la rancune de l’ancien pauvre contre le maître
1419 - Je n’aurais d’ailleurs pas à m’arrêter sur ce séjour que je fis du côté de Combray
1420 - Ce qu’il y avait eu de réel sous l’apparence d’alors
VII - LE TEMPS RETROUVE
1421 - Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville
1422 - Une fois que j'avais quitté Gilberte assez tôt
1423 - Françoise qui avait déjà vu tout ce que M. de Charlus avait fait pour Jupien
1424 - Saint-Loup insistait pour que je restasse à Tansonville
1425 - Il est possible que Morel, étant excessivement noir, fut nécessaire à Saint-Loup
1426 - Un autre jour je revins à la charge et demandai encore à Gilberte si Albertine aimait les femmes
1427 - J'étais triste ce dernier soir en remontant dans ma chambre
1428 - Avant-hier tombe ici, pour m'emmener dîner chez lui, Verdurin
1429 - Vous ne pouvez pas comprendre cela, vous autres Occidentaux
1430 - Là-dessus, l'été suivant, ils revenaient, logeant toute une colonie d'artistes
1431 - Je m'arrêtai là, car je partais le lendemain
1432 - Je résolus de laisser provisoirement de côté les objections
1433 - Tout à l'autre extrémité de l'expérience
1434 - Dans l'éveil de l'amour, de la beauté, chez l'artiste
1435 - Ces idées tendant, les unes à diminuer, les autres à accroître mon regret de ne pas avoir de dons pour la littérature
1436 - M. de Charlus pendant la guerre - Un des premiers soirs dès mon nouveau retour à Paris en 1916
1437 - Le Louvre, tous les musées étaient fermés
1438 - M. Bontemps ne voulait pas entendre parler de paix avant que l'Allemagne eût été réduite
1439 - Je dois du reste dire que la connaissance du mari d'Andrée
1440 - D'ailleurs les Verdurin, par le progrès fatal de l'esthétisme qui finit par se manger la queue
1441 - Les choses étaient tellement les mêmes, tout en paraissant différentes
1442 - Tous ces téléphonages de Mme Verdurin
1443 - Avant l'heure où les thés d'après-midi finissaient
1444 - Je songeais que je n'avais revu depuis bien longtemps
1445 - Elle ne dormait plus, ne mangeait plus, se faisait lire les communiqués
1446 - Quand Saint-Loup était entré dans ma chambre
1447 - Je crus comprendre que Robert avait trouvé aux armées des ressources
1448 - Je demandai à Saint-Loup si cette guerre avait confirmé ce que nous disions des guerres passées
1449 - Il faut dire pourtant que si la guerre n'avait pas modifié le caractère de Saint-Loup
1450 - Tout en me rappelant la visite de Saint-Loup j'avais marché
1451 - Morel qui était au bureau de la presse
1452 - Mais si M. de Charlus et Mme Verdurin ne se fréquentaient plus
1453 - Quant au changement qui avait affecté les plaisirs de M. de Charlus
1454 - Mais les coups qu'elles échangeaient étaient réglés par cette boxe
1455 - M. de Charlus allait plus loin que ne pas souhaiter passionnément la victoire de la France
1456 - Mais enfin, je ne peux que supposer ce que j'aurais fait si je n'avais pas été acteur
1457 - La guerre se prolongeait indéfiniment
1458 - C'est du reste une étrange chose ajouta M. de Charlus
1459 - M. de Charlus qui pouvait être si agréable devenait odieux
1460 - Que cette parenthèse sur Mme de Forcheville m'autorise
1461 - Après le raid de l'avant-veille, où le ciel avait été plus mouvementé que la terre
1462 - La nuit était aussi belle qu'en 1914, comme Paris était aussi menacé
1463 - Malheureusement, dès le lendemain, disons-le tout de suite, M. de Charlus
1464 - Mais il faut revenir en arrière. Je descends les boulevards à côté de M. de Charlus
1465 - Il faisait une nuit transparente et sans un souffle
1466 - Quelque chose pourtant me frappa qui n'était pas sa figure
1467 - Le baron en voulait même légèrement à Jupien
1468 - Je descendis et rentrai dans la petite antichambre où Maurice
1469 - Le patron, pour en revenir à la scène de l'hôtel
1470 - La mauvaise impression du baron fut d'ailleurs accrue
1471 - Comme il est simple, jamais on ne dirait un prince
1472 - Il paraît qu’il a un million à manger par jour
1473 - Dans une même salle de la maison de Jupien beaucoup d'hommes
1474 - Dès le début de l'alerte, j'avais quitté la maison de Jupien
1475 - Certains des habitués plus que de retrouver leur liberté morale
1476 - Tout en me rapprochant de ma demeure
1477 - Or, les aberrations sont comme des amours où la tare maladive
1478 - Enfin la berloque sonna comme j'arrivais à la maison
1479 - Mon départ de Paris se trouva retardé par une nouvelle qui par le chagrin
1480 - Robert m'avait souvent dit avec tristesse, bien avant la guerre
1481 - Il avait dû être bien beau en ces dernières heures
1482 - Saint-Loup causa, sinon par sa mort
1483 - Matinée chez la princesse de Guermantes - La nouvelle maison de santé dans laquelle je me retirai
1484 - Ma longue absence de Paris n'avait pas empêché d'anciens amis
1485 - Maman allant justement à un petit thé chez Mme Sazerat
1486 - La duchesse de Létourville, qui n'allait pas à la matinée de la princesse de Guermantes
1487 - M. de Charlus demanda à s'asseoir sur un fauteuil pour se reposer pendant que Jupien
1488 - On m'a raconté qu'à cette époque-là
1489 - Je descendis de nouveau de voiture un peu avant d'arriver chez la princesse de Guermantes
1490 - Quant aux "joies de l'intelligence", pouvais-je ainsi appeler ces froides constatations
1491 - En roulant les tristes pensées que je disais il y a un instant j'étais entré dans la cour de l'hôtel de Guermantes
1492 - Et peut-être, si tout à l'heure je trouvais que Bergotte
1493 - Rien qu'un moment du passé? Beaucoup plus, peut-être
1494 - De sorte que ce que l'être par trois et quatre fois ressuscité en moi venait de goûter
1495 - Le livre intérieur de ces signes inconnus
1496 - Ainsi j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'œuvre d'art
1497 - Oui, en ce sens-là, en ce sens-là seulement
1498 - Bien plus, une chose que nous vîmes à une certaine époque
1499 - L'idée d'un art populaire comme d'un art patriotique
1500 - Une image offerte par la vie, nous apporte en réalité à ce moment-là des sensations multiples
1501 - Or si quand il s'agit du langage inexact de l'amour propre
1502 - Même dans les joies artistiques qu'on recherche
1503 - Comment la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque
1504 - Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière
1505 - Il me fallait donc rendre leurs sens aux moindres signes qui m'entouraient (Guermantes, Albertine, Gilberte, Saint-Loup,
1506 - Quant aux vérités que l'intelligence - même des plus hauts esprits
1507 - Il n'est pas certain que pour créer une œuvre littéraire, l'imagination et la sensibilité
1508 - D'ailleurs, même quand elle ne fournit pas en nous la découvrant, la matière de notre œuvre
1509 - De ma vie passée, je compris encore que les moindres épisodes
1510 - Si je m'étais toujours tant intéressé aux rêves que l'on a pendant le sommeil
1511 - Je m'étais rendu compte que seule la perception grossière et erronée place tout dans l'objet
1512 - L'intelligence n'a point de peine alors à baser sur cette différence une théorie
1513 - Le prince d'Agrigente avait-il fini par épouser Mlle X.?
1514 - La jalousie est un bon recruteur qui, quand il y a un creux dans notre tableau, va nous chercher dans la rue la belle fil
1515 - A ce moment le maître d'hôtel vint me dire que le premier morceau étant terminé
1516 - Si M. d'Argencourt venait faire cet extraordinaire numéro
1517 - En d'autres êtres d'ailleurs, ces changements, ces véritables aliénations
1518 - Par tous ces côtés, une matinée comme celle où je me trouvais
1519 - Une jeune femme que j'avais connue autrefois, maintenant blanche et tassée en petite vieille maléfique
1520 - Presque aussitôt après quelqu'un parla de Bloch
1521 - En entendant la duchesse de Guermantes dire : Comment, si j'ai connu le maréchal?
1522 - Chez certains êtres le remplacement successif
1523 - Une jeune femme me dit: "Voulez-vous que nous allions dîner
1524 - Or, à tous ces idées, la cruelle découverte que je venais de faire relativement au Temps
1525 - Si certaines femmes avouaient leur vieillesse en se fardant
1526 - Chez d'autres invités dont le visage était intact, l'âge se marquait autrement
1527 - Et pourtant en complet contraste avec ceux-ci
1528 - A un visage, linéairement le même, il suffisait pour qu'il semblât autre
1529 - Il y avait des hommes que je savais parents d'autres
1530 - Les femmes tâchaient à rester en contact
1531 - Tous ces gens avaient mis tant de temps à revêtir leur déguisement
1532 - Chose curieuse, le phénomène de la vieillesse
1533 - Sans doute certaines femmes étaient encore très reconnaissables
1534 - Une grosse dame me dit un bonjour
1535 - D'ailleurs même chez les hommes qui n'avaient subi qu'un léger changement
1536 - On part de l'idée que les gens sont restés les mêmes et on les trouve vieux
1537 - L'aspect de Mme de Forcheville était si miraculeux
1538 - Bloch m'ayant demandé de le présenter au maître de maison
1539 - Certes, même ce changement extérieur dans les figures
1540 - Les personnes qui n'auraient pas dû, selon l'ancien code social
1541 - Dès que j'eus fini de parler au Prince de Guermantes, Bloch
1542 - L'amie de Bloch et de la duchesse de Guermantes
1543 - Des changements produits dans la société
1544 - La bonté, simple maturation qui a fini par sucrer des natures plus primitivement acides
1545 - Plus d'une des personnes que cette matinée réunissait
1546 - Et combien de fois ces personnes étaient revenues devant moi
1547 - Ce n'était pas que l'aspect de ces personnes
1548 - Une chose me frappa plus encore chez tous ces êtres
1549 - Sans doute la vie, en mettant à plusieurs reprises ces personnes sur mon chemin
1550 - Que devient la marquise d'Arpajon? demanda Mme de Cambremer
1551 - Mais si elle n'est pas morte
1552 - Une dame sortit, car elle avait d'autres matinées
1553 - Je m'étais assis à côté de Gilberte de Saint-Loup
1554 - Dans toute cette conversation, Gilberte m'avait parlé de Robert
1555 - Ainsi peut-être la vue d'Andrée rappelait à Gilberte le roman de jeunesse
1556 - Mais comment venez-vous dans des matinées si nombreuses?
1557 - La duchesse hésitait encore par peur d'une scène de M. de Guermantes
1558 - Il faut ajouter qu'une vive antipathie qu'avait depuis peu pour Gilberte la versatile duchesse
1559 - Or, pendant ce temps, avait lieu à l'autre bout de Paris un spectacle bien différent
1560 - La conversation que nous tenions Gilberte et moi fut interrompue par la voix de Rachel
1561 - C'était bien beau, dit-il à Rachel
1562 - Mais un des amis de Bloch étant arrivé en retard
1563 - Je me rendais compte que le temps qui passe n'amène pas forcément le progrès dans les arts
1564 - Il ne faut pas s'étonner que l'ancienne maîtresse de Saint-Loup débinât la Berma
1565 - On peut dire ce qu'on veut, c'est admirable, cela a de la ligne, du caractère
1566 - Je dis à Mme de Guermantes que j'avais rencontré M. de Charlus
1567 - Le passé s'était tellement transformé dans l'esprit de la duchesse
1568 - Si les jugements que la duchesse porta ensuite sur Rachel
1569 - A ce moment se produisit un incident inattendu. Un valet de pied vint dire à Rachel que la fille de la Berma
1570 - La vie de la duchesse ne laissait pas d'ailleurs d'être très malheureuse
1571 - Le vieux duc ne sortait plus, car il passait ses journées et ses soirées chez Odette
1572 - Ainsi, dans le faubourg St-Germain, ces positions en apparence imprenables du duc et de la duchesse de Guermantes
1573 - M. de Guermantes ne gardait ses foudres que pour la duchesse sur les libres fréquentations
1574 - Est-ce que vous ne croyez pas, dis-je à la duchesse
1575 - L'étonnement que me causèrent les paroles de Gilberte et le plaisir
1576 - Nous ne pourrions pas raconter nos rapports avec un être
1577 - Je vis Gilberte s'avancer. Moi, pour qui le mariage de Saint-Loup
1578 - Enfin cette idée de temps, avait un dernier prix pour moi, elle était un aiguillon
1579 - A force de coller les uns aux autres ces papiers que Françoise appelait mes paperoles
1580 - Une condition de mon œuvre telle que je l'avais conçue tout à l'heure dans la bibliothèque
1581 - Je n'avais plus mon indifférence des retours de Rivebelle
1582 - Si l'idée de la mort dans ce temps-là m'avait, ainsi, assombri l'amour
1583 - L'accident cérébral n'était même pas nécessaire. Des symptômes
1584 - Cette idée de la mort s'installa définitivement en moi comme fait un amour
1585 - Moi, c'était autre chose que les adieux d'un mourant à sa femme, que j'avais à écrire
1586 - En tous cas, si j'avais encore la force d'accomplir mon oeuvre
1587 - Je me disais aussi: Non seulement est-il encore temps
1588 - La date à laquelle j'entendais le bruit de la sonnette du jardin de Combray